‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 87 sur 482 · BOSON CIIAMBRIKR ET MAITRE DES HUISSIERS · texte numérisé non relu

BOSON CIIAMBRIKR ET MAITRE DES HUISSIERS

de diriger le service des huissiers du Palais, d'introduire auprès du souverain les personnes qui désirent l'approcher', et auquel sont parfois confiées de hautes missions politiques ^ A cette nomination de Boson comme chambrier se rattache très vraisemblablement l'éloignement d'un puissant personnage, qui, avant lui, avait rempli ces charges, le comte Engelran, dont la disgrâce est formellement attribuée par Hincmar à l'intluence de Richilde^ Cet Engelran paraît avoir été comte en Flandre, ou tout au moins dans le voisinage du [tar/us Fla)idria'\ et c'est à lui que prétendirent plus tard se rattacher les suzerains de ce pays^". Il avait joué un certain rôle dans les événements des années précédentes, et surtout dans les négociations de Charles le Chauve avec Louis le Germanique'' et avec le roi breton Salomon\ En 868 il portait les

1. TiiÉODULF, Carmen ad Carolum rcrjem (Ilist. de Fr., t. Y, p. 418). Il est parfois désigné par le simple titre d'O.stiariiis.

2. Gérung, maître des huissiers de Louis le Pieux, gouverna au nom du jeune Lotliaire le royaume (Fltalie, de concert avec Walla. Nous avons déjà parlé de l'ostiaire Richard et de son rôle sous Louis le Pieux.

o. Ann. Berlin., a. 875, p. 127 : « Engilramno, ((uondamEaroli régis « camerario et domestico, suasione Richiidis ab honoribus dejecto et a « sua familiaritate abjecto ».

4. Capilulare Silvacense, c. 9 (Boretius-Krause, t. Il, p. 275). En 858, il figure le second sur une liste de grands laïques ayant prêté à Charles le Chauve un serment de fidélité (Boretus-Kkause, t. Il, p. 297).

5. Art de vèrif. les dates, éd. in-fol , t. III, p. 1. — Les Ann. Dlandùiienses, a. 856, Mon. Germ., SS., t. V, p. 23, le font abbé de Saint- Pierre au Mont-l'landin de Gand (sub Ingelramno comité vel abbate) et, bien que ce texte soit assez postérieur, il peut fournir sur ce point des renseignements dignes de foi. S'il faut admettre avec leur chronologie les données de ces mêmes Annales, Engelran aurait conservé cette abbaye même après sa disgrâce, car les Ann. Blandinienses lui donnent enclore le titre d'abbé en 875 {ibid., p. 24).

6. En février 863, il est l'un des garants choisis par Louis le Germanique parmi les sujets de Charles le Chauve, pour assurer l'exécution du traité de paix conclu entre les deux frères {Anit. Fuld., a. 863, p. 62; DuEMMLER, Ostfr. Beich., t. H, p. 193). Au commencement de mars 870, il prend pari à l'accord d'Aix-la-Chapelle entre les deux souverains et c'est lui qui ])i'ète au nom de Charles le Chauve le sernuMit (|ue ce dernier se contentera de la portion de l'héritage de Lotliaire qui lui sera attribuée par la convention à intervenir {Mon. Gcnn., LL., t. I, p. 516; DuEMMLER, op. cit., t. Il, p. 294).

7. En 868, c'est lui (jui e.st chargé de porter les présents de Charles à Salomon (/Uni. Bert., a. 868, p. 97). — Ajoutons qu'il parait être mort avant 883, s'il faut l'identilier avec l'Engelran dont la veuve Friderade avait à cette date épousé un seigneur du nom de Mernier (Réoinon, Chroiiitiuc, a. 883. p. 121). Sui' ilngelran, voy. aussi Léon A'andkrkindeue,

I872| DOSON EN AQUITAINi: C5

titres de maître des huissiers, do cliambrier et de conseiller secret'. Or nous savons que d'une part il était encore comte et jouissait d'une certaine autorité en 870-871 -, tandis que, d'autre part, il avait été dépouillé de ses fonctions et de ses honneurs antérieurement à l'année 875 '. Il n'est donc pas invraisemblable de supposer que c'est en 872 (jue sa charge lui fut retirée pour être donnée au nouveau favori, Boson, alors comte de Vienne, en même temps que le gouvernement du royaume d'Aquitaine*. A côté de lîoson, Charles envoyait dans ce royaume le comte d'Auvergne, iJernard II Plantevelue, fils de Bernard et de Liutgarde% et le marquis de Septimanie, Bernard, fils de 151ichilde^ c'est-à-dire deux des plus importants seigneurs du midi. Il importait en effet d'établir dans ces remuantes provinces une autorité plus stable que celle des officiers palatins qui, en 867, y avaient accompagné le jeune Louis'. Les trois comtes, d'ailleurs, commencèrent par avoir quelque succès, et à la fin de l'année 872, Bernard, fils de Blichilde **, battait et tuait le rebelle fils de Doda, Bernard le Veau '', (jui se maintenait de force dans le comté

Le copHulaire de Servais, 1897, br. in 8". p. 10-17. (Kxtr. des Bull, de ta Coin. roy. d'IIisl. de Belf/ù/ue. 5" .série, t. ^'ll). Cet érudit se refuse, avec raison, à voir dans Engeh'an le père de lîaudouin de Flandre qui serait bien fils d'Odacre. Il lui attribue comme missus les comtés de Courtrai, (iand et 'l'ournai, mais non la Flandre propre (Bruges).

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