‹ Le royaume de SerbieChapitre 37 sur 38 · EXPORTATIONS · texte numérisé non relu

EXPORTATIONS

52 millions d'exportations pour l'année i89i, les produits agricoles figurent pour 25 millions, les animaux pour 20, et les bois, cuirs et peaux pour 4 millions environ.

En outre, la population s'accroissant chaque année dans une proportion considérable, comme nous Tavons dit plus haut, les ressources du budget s'étendront forcément avec le temps.

Qu'on ne l'oublie pas, trois causes militent en faveur de la situation économique et financière de la Serbie :

Augmentation rapide de la population, balance à son profit du commerce extérieur, enfin progression dans les recettes de chemins de fer.

Si nous nous sommes étendu sur ces questions toutes matérielles, c'est que nous avons tenu à répondre à des attaques réitérées et récentes dirigées contre le crédit de la Serbie par la presse d*une nation systématiquement hostile à la France et à la Russie, ainsi qu'aux pays qui, comme la Serbie, sont unis par des liens étroits à l'une de ces puissances.

En exposant, impartialement et rien que par des chiffres, comme nous venons de la faire, la véritable situation dû Royaume, nous croyons avoir suffisamment réfuté ces insinuations malveillantes et sans fondement aucun, et nous espérons qu'elles ne trouveront plus aucun écho en France.

En résumé, nous affirmons qu'on peut avoir confiance dans Paveriir économique de la Serbie, de même que dans son avenir politique.

Car nos lecteurs ont vu combien cette nation a été puissante au Moyen-Age et combien elle est digne d'intérêt ; ils ne croiront pas que la reconstitution de la Grande-Serbie d'Etienne Némania soit une utopie ; pour nous et pour beaucoup de bons esprits, elle n'en est point une. Ce ne serait, en somme, que le groupement naturel, sous un même sceptre, de plusieurs millions de Chrétiens d'origine serbe, parlant la même langue, ayant la même foi religieuse, possédant des intérêts communs, qui, disséminés autour des frontières serbes, gémissent encore sous le joug ottoman.

La Serbie, que des écrivains distingués ont nommé, il y a vingt ans, le Piémont oriental, est appelée à jouer dans la Péninsule balkanique un rôle analogue à celui que ce pays a joué en Italie ; et si, dans un jour prochain, un grand État doit s'élever sur les débris de la puissance ottomane, en Europe, cette place appartient de droit au Royaume de Serbie.

L'intérêt que les Français portent aux Serbes ne s'est jamais démenti, la politique russe leur a toujours témoigné de la sollicitude et les a grandement aidés dans l'œuvre d'émancipation nationale ; plus que jamais, elle les soutiendra à l'heure actuelle.

Terminons par un vœu sincère pour le bonlieur de la Serbie. Le souverain actuellement régnant a déjk donné des gages de son caractère énergique et résolu, la Francelui accordera toujours sa vive sympathie.

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