EXPOSITION HE S. M. LE BOI DE SI.IS
avec la plus grande solennité. Dès le matin, un grand nombre de barques royales, richement décorées et précédées de deux corps de musique siamoise, ont été envoyées au consulat de France pour y chercher le personnel de la mission de l'Empereur. A midi, l'examen des instruments du traité avait lieu dans un local voisin du palais. Le Roi avait chargé son premier ministre de présider à celte cérémonie, à laquelle assistaient les personnages les plus considérables du pays, appelés, en leur qualité de membres du Conseil royal, à apposer leur signature sur les ratifications siamoises, déjà revêtues du sceau particulier du souverain. Les formalités accomplies, une salve de vingt et un coups de canon a été tirée par les Siamois, et Tassislance s'est séparée aux cris de « Vive TEmpereur 1 vive le Roi de Siam ! »
« Le Roi a reçu ensuite M. du Chesne de Bellecourt et le personnel de la mission. L'audience a été entourée d'un pompeux cérémonial. Sur une longue haie, on voyait apparaître des soldats de toutes armes et de nombreux éléphants armés en guerre. De nombreux détachements de troupes vêtues a Teuropécnne marchaient en tète du cortège. Dans la salle d'audience, tous les membres de la famille royale, ainsi qu'une foule de hauts dignitaires et de mandarins, étaient prosternés au pied du trône. L'Envoyé de l'Empereur a adressé au Hoi le discours suivant :
« Sire^je suis heureux (F avoir été appelé par le gouvernea ment de S. M. V Empereur det FrafiçaiSy mon augmte Souve- « rain, à P honneur de tenir à Bangkok procéder à rechange « d'actes internationaux importants et destinés^ par leur nature^
c< à cimenter davantage encore les liens d'amitié qui unissent si <c heureusement la France et le royaume de Siam. Je suis chargé « spécialement^ en cette circonslance^ Rassurer Votre Majesté et (c son gouvernement des sentiments de bon vouloir qui animent le « gouvernement de l'Empereur^ et dont Sa Majesté Impériale « sera toujours disposée à donner des témoignages à Votre Majesté ^ et à son gouvernement. Cest avec une bien vive satisfaction, « qu*en rendant compte de ma mission au gouvernement Impéa rial, je pourrai lui faire part de Vaccueil si gracieux et si a courtois que Votre Majesté a bien voulu me faire, ainsi que des « sentiments de. justice et de bienvàllance dont les sujets de « l'Empereur résidant ou voyageant dans vos Etats sont toujours ft Pobjet. Je prie Votre Majesté d'agréer l'hommage respectueux (' que je forme pour son bonheur, pour celui de sa famille et pour « la prospérité de son royaume. »
« Le Roi a répondu à ce discours en déclarant que ses intentions bien arrêtées étaient de tout faire pour être agréable au gouvernement Impérial, et pour entretenir avec la France les meilleurs rapports d'amitié. Sa Majesté est ensuite descendue de son trône et a causé quelques minutes avec M. du Ghesne de Bellecourt. Après l'audience, a eu lieu dans une salle voisine un repas magnifique, à la suite duquel le Roi a fait revenir dans son appartement l'Envoyé français, et, faisant servir des vins et des liqueurs, le Souverain a porté un toast chaleureux à l'Empereur, à l'Impératrice, au Prince Impérial et à Ta France. Après ce toast, la mission a été reconduite au consulat avec le même cérémonial, pendant que la musique siamoise jouait l'air de la reine Hortense.
EXI'I.SITION I)F. S. S.
Le lendemain, M. du Ghesne de Bellecourt a remis au Roi les présents de l'Empereur, et le Souverain de Siam a reçu avec une vive satisfaction deux beaux bustes en bronze de Leurs Majestés Impériales. lia donné à l'Envoyé de TEmpei^eur la plaque en or de l'Éléphant blanc et des bijoux.
Le premier des ambassadeurs, nommé Phya-Sura-Wongs Way-Waddhn, chargé de négocier le traité à Paris, est neveu du Roi de Siam, et fils du Kalahom (premier ministre) ; il était déjà venu en France, en qualité de second ambassadeur lors de la première ambassade de 1S61. Il s'est fait accompagner de sa femme, la princesse Oudm, la première Siamoise qui ait visité la France ; il a laissé en Europe deux fils, Tun à Paris, l'autre en Angleterre, pour y faire leur éducation.
La présence de ces envoyés, accompagnés d'officiers siamois, et de M. l'abbé Larnaudie comme interprète, a coïncidé avec celle des souverains qui, tour à tour, sont venus à Paris visiter l'Empereur des Français et admirer les magnificences de la capitale. Les ambassadeurs siamois, reçus en audience par Sa Majesté Impériale, le 42 mai 1867, ont pu juger par euxmêmes du rang qu'occupe notre patrie dans l'estime de l'Europe, et se pénétrer de cette vérité que son influence civilisatrice, son industrie et ses arts lui ont conquis désormais une place exceptionnelle parmi les nations.
Le Jury international, appelé à distribuer les récompenses aux exposants, a justement apprécié les produits envoyés par le Roi de Siam au palais du Champ de Mars. Il lui a décerné une médaille d'or pour ses tabacs, ses cotons, ses graines, ses engins et instruments de pêche et autres produits ;
il lui a, en outre, accordé trois mentiom honorablei pour ses armes, ses vêtements, ses éventails et ses nids d'hirondelles.
Ces récompenses, si flatteuses pour le Souverain de Siam et son gouvernement, ont été proclamées dans la Séance 'mpériale de la distribution solennelle qui a eu lieu, le 1'*^ juillet 1867, au palais des Champs-Elysées.
De plus, une médaille d'honneur a été décernée à Sa Majesté pour ses modèles de barques royales, ayant ainsi l'honneur de figurer à côté de S. M. l'Impératrice qui a obtenu la même récompense pour ses Gondole et Caik. Cette nouvelle distinction a été remise par S.-M. l'Empereur dans la séance solennelle qui a eu lieu au palais des Tuileries, le dimanche 5 janvier 1868.
EXPOSITION [IC S. il. LE ItOI DE SIVU