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DIVISION DU TEMPS (« AGOGIQUE ») ET DIVISION DE L'ESPACE

L'action de l'agogique dans la musique est d'apporter des variations dans la durée du temps et de nuancer les sons dans tous les degrés de vitesse ou de lenteur, soit d'une façon métrique (division mathématique de chaque son en fractions ayant la moitié, le tiers, le quart, le huitième, etc., de sa durée, etc.), soit d'une façon pathétique (points d'orgue, rubato, accelerando, rallentando, etc.).

De tous les organes d'expression agogique, les doigts de l'instrumentiste sont les plus qualifiés pour interpréter les notes rapides, plus qualifiés que le poignet, conducteur de l'archet, et que les pieds de l'organiste agissant sur les pédales. Quant à l'organe le plus apte à exécuter des sons très lents, c'est l'appareil respiratoire permettant û l'émission des sons vocaux ou de ceux qu'émettent les instruments à vent. L'instrull ment musical par excellence, le corps humain tout entier, est capable plus que tout autre d'interpréter les sons dans tous leurs degrés de durée, lesfmembres légers se mouvant dans la rapidité et les membres lourds dans la lenteur. Il atteindra des degrés î de lenteur inusités en musique grâce à un souple enchaînement de gestes, d'attitudes et de déplacements, — et de plus pourra, grâce à des mouvements dissociés de ses ^ divers membres, interpréter n'importe quelle polyrythmie.

j L'unité pour la division du temps est la même dans le mouvement corporel [[que celle usitée dans la musique. En ce qui concerne la division de l'espace, nous

emploierons un principe général dont l'application sera laissée à l'initiative et à la fantaisie du maître.

Nous avons vu que la plastique animée part du mouvement et non de l'attitude. Notre alphabet sera par conséquent composé de signes représentant non pas l'attitude elle-même, mais le passage d'une attitude à une autre. Le corps étant placé dans la | station debout peut être considéré comme l'axe, en ce qui touche les mouvements ' du torse et de la tête, d'une sphère imaginaire que nous divisons en neuf rayons. Chacun de ces rayons (c'est-à-dire la distance existant entre le centre et n'importe quel point de la circonférence) peut être subdivisé en un nombre X de crans. La sphère elle-même peut être divisée en huit segments horizontaux (plans).

Chacune de ces divisions est considérée comme un point de repère, comme l'aboutissement d'une direction de mouvement, mais effectivement c'est le parcours entre | le point de départ et n'importe lequel des points de repère que chacun des points indiqués doit représenter. Cependant, nous aurons aussi l'occasion d'utiliser les neuf degrés d'orientation comme lignes de mouvements et c'est ainsi que l'avant-bras pourra former la ligne 8 tandis que le bras formera la ligne 3, etc., et que nous pourrons orienter différemment le torse, la tête et les bras dans chacun des huit plans horizontaux. Si nous ajoutons que nous avons en outre huit façons d'exercer les articulations des bras, l'on comprendra que le nombre des combinaisons soit incalculable.

Quant à l'espace à parcourir avec les jambes, il se divisera aussi en huit plans, et l'espace parcouru par la cuisse se levant jusqu'à l'horizontale en neuf rayons.

Une fois le corps mis en marche, nous adoptons cinq pas de longueurs différentes, et nous créons ainsi un grand nombre de combinaisons de mouvements et attitudes nouvelles, car chaque pas fait en avant ou en arrière ou de côté modifie la position du corps vis-à-vis d'un geste de bras fixé dans un point de l'espace. Pour nous faire nettement comprendre, supposons que le bras étant étendu de côté horizontalement, l'index soit fixé sur un point de la paroi. Le fait de faire un pas en arrière détermiîie une attitude en avant du bras, un agenouillement détermine une ligne oblique, etc. Or, le point fixe d'espace n'est pas nécessairement solide, et dans tous nos exercices s d'orientation dans l'espace, le corps évolue autour d'un point invisible et imaginé.

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