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qui sont chargés de conduire les âmes apportent donc toute leur attention, lorsqu'ils traitent en chaire des mystères de la foi ou lorsqu'ils exhortent les fidèles à la piété, à n'admettre dans leur langage rien qui ne respire la simplicité et la gravité. »
VII. «La vie d'un prêtre est en réalité une vie hérissée de difficultés, mais il a pour sa sauvegarde d'innombrables moyens de salut à sa disposition et il a en mains tous les leviers pour s'élever à la perfection. Et d'abord, notre Mère la Sainte Église, toujours prévoyante, en imposant au clergé l'office quotidien de la divine louange, ménage par là même à ses ministres et leur garantit pour chaque jour un temps de repos et de paix au milieu des labeurs que le zèle des âmes leur impose. Sept fois par jour, elle leur ordonne d'oublier la terre, et de monter en cœur et en esprit jusqu'au trône du Roi des Saints, et de prendre place dans les chœurs de la cour céleste. — En outre, s'il est vrai qu'il suffirait d'une seule communion du Corps et du Sang de JÉSUS pour faire d'un homme un saint, que peut-il manquer, pour devenir saints, à ceux qui sont et les compagnons, et les prêtres, et les amis de jÉSUS-CHRIST,à ceux dont l'âme est retrempée chaque jour par l'oblation de la sainte Messe et par la communion de son Corps et de son Sang adorables? — . Tout dans la vie d'un prêtre contribue à sa sanctification: la méditation quotidienne des choses divines, le service intime de la sainte Eucharistie, les études sacrées qu'il n'interrompt qu'à regret, les mille travaux que réclame son ministère de charité, travaux qui, tout en épuisant ses forces physiques, donnent une nouvelle vigueur à son âme; le signe enfin de la royauté et de la
perfection qui a été placé sur sa tète comme une couronne royale lorsqu'il a reçu la tonsure qui l'a mis au nombre des clercs du Seigneur.
VIII. «*Et de plus à nous, prêtres Anglais, dans notre lutte pour établir le règne de la vérité, Notre- Seigneur, qui prend en pitié notre faiblesse, nous a accordé des moyens tout spéciaux d'acquérir la perfection sacerdotale. Au sacerdoce dont nos missionnaires sont investis est adjoint chez tous la charge des âmes et avec elle tous les don? spirituels qui sont attachés aux fonctions pastorales. En outre, ils sont tout spécialement les pasteurs des pauvres, ces amis de JÉ- SUS « qui n'ont rien ici-bas pour nous payer en retour» ; ils sont pauvres eux-mêmes, nourris d'aumônes comme les pauvres et ne demandant rien de plus. Ajoutez à cela l'abnégation quotidienne et incessante qu'ils doivent faire de leur volonté en portant le fardeau des autres, en consolant les malades, en assistant les mourants et le jour et la nuit. Enfin, notons, pour terminer, la grâce et le privilège signalé du serment que prononcent les Missionnaires et par lequel, au seuil de l'apostolat qui leur est confié, ils s'engagent non seulement à reproduire en eux l'image vivante de JÉSUS crucifié, mais s'offrent volontairement eux-mêmes au Père éternel en un sacrifice vivant, quotidien et d'agréable odeur. »
Le quatrième concile provincial nous avertit que nous sommes liés à notre troupeau multiplia et conscientiœ et cordis ligamine — par de multiples liens de conscience et de cœur.
« Et d'abord, » dit-il, << un prêtre-missionnaire ne reçoit les oblations des fidèles que par la seule raison
qu'il est missionnaire » ; il est donc obligé en justice de se tenir à leur service. «Les missionnaires-prêtres sont obligés de travailler sans relâche au salut de l'âme de tous ceux qui sont soumis à leur juridiction. Qu'ils se rapellent l'heure solennelle où ils furent investis de l'ineffable honneur du Sacerdoce et où, agenouillés aux pieds de l'évêque, ils promirent obéissance et respect au chef du Diocèse. Lors donc que l'évêque, à la disposition absolue duquel ils se sont mis, dans toute la liberté de leur volonté, pour exercer le ministère pastoral dans une partie du troupeau dont l'évêque a la charge, lorsque l'évêque les choisit et les envoie, il est manifeste que le précepte de l'obéissance leur impose la plus sévère obligation de travailler comme il convient à la grande œuvre du salut des âmes.
« En outre, par suite d'une faveur que le saint Siège Apostolique nous a accordée, il y a trois siècles, il a été décidé que les prêtres-missionnaires d'Angleterre, dépouillés par des mains sacrilèges de tous moyens de subsistance, pourraient être admis dans les ordres sacrés au titre de missionnaires et prendraient en même temps, sous la foi du serment, un vrai engagement apostolique in bonum universalis Ecclesiœ (ce qu'Alexandre VII, dans le Bref cum juratnenti vinculumàte 20 juillet 1660, développe avec toutes les conclusions requises) — de sorte qu'ils peuvent s'engager eux-mêmes pour toujours, et aussi étroitement qu'ils le veulent, à rechercher et à sauver le troupeau dispersé de la nation anglaise. Dans la cruelle persécution qui sévit dans ce pays durant tant d'années, ce fut ce serment sacré qui donna au clergé anglais et affermit en lui cette constance et cette patience admirables qui
enfantèrent les martyrs qui sont la couronne et la gloire de l'Église d'Angleterre. C'est pourquoi le Saint-Siège, en accordant aujourd'hui encore aux évêques anglais la faculté d'admettre les sujets à l'ordination sous le titre indiqué plus haut, exhorte nos missionnaires à ne pas oublier de renouveler leur serment chaque année au jour anniversaire de leur premier serment (leur accordant pour cela une indulgence plénière), et à méditer sérieusement sur la bonté ineffable dont Dieu leur a donné la preuve éclatante en faisant d'eux des ministres du Verbe, chargés d'annoncer au monde les merveilles de sa puissance et de sa vertu divines; à réfléchir à cette couronne impérissable qui les attend dans les cieux, s'ils accomplissent leur devoir en toute sainteté, et au jugement sévère qui les attend au contraire, si, ce qu'à Dieu ne plaise, il arrive qu'une seule âme périsse par leur négligence ou leur insouciance. )/
«Enfin, de toutes ces obligations prises ensemble — c'est-à-dire des devoirs qui leur sont dictés par l'équité naturelle, la charité sacerdotale, la promesse solennelle d'obéissance et la sainteté du serment — surgit, entre les prêtres et l'évèque, l'obligation réciproque de s'acquitter ensemble avec fidélité de leurs charges respectives, unis entre eux par de communs efforts et par une mutuelle coopération (*). »
IX. « C'est pourquoi, si, ce dont Dieu nous préserve, il arrive jamais que quelqu'un ne réponde pas aux grâces surabondantes de son état, qu'il sache que ce qui est léger dans les autres doit être jugé grave dans un