Le Sacré Coeur de Jésus [microforme]
Allez, préchez partout la dévotion au sacré cœur ; elle doit être le salut du monde.
Paroles de notre vénéré Pontife, Pie IX, Pape.
Cette parole du Saint Père a été portée jusqu'aux extrémités de la terre. Nous l’avons entendue dans notre religieux Canada, et les Evêques de cette Province Ecclésiastique, animés du même esprit que Pie IX, ont ordonné une consécration publique et solennelle de toutes les paroisses et de toutes les communautés, au Sacré-Cœur de Jésus, ce vivant symbole de son immense charité pour les hommes. Il reste maintenant à tirer les conséquences pratiques de cette belle dévotion, pour toutes les circonstances de la vie, tant pour la vie privée, que pour la vie publique qui n’est qu'une extension de la vie privée.
Le Cœur de Jésus nous est proposé pour modèle. C'est sur lui que nous devons former le nôtre. Le cœur de l’enfant, celui de la mère de famille, du père de famille, du prêtre, du citoyen, de l’homme public, tous doivent se modeler sur le cœur de Jésus.
En lisant l'Evangile, nous voyons que J.C. a renfermé tous les hommes dans son cœur. Chaque page respire la charité, la mansuétude, la miséricorde. Il n’a eu des malédictions que pour les Pharisiens hypocrites, c-à-d. pour les ennemis de la vérité, pour ceux qui affectionnent les ténèbres et le mensonge, parce que ceux-là sont plus particu-
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lièrement les enfants du démon qui est appelé le père du mensonge,
Les disciples doivent imiter le maitre, Les disciples de Jésus doivent comme lui aimer tous les hommes, vivre en paix avec tout le monde, autant que cela se pent, dit St. Paul; et cela se peut toujours, excepté avec les ennemis de la vérité, avec ceux qui, plus par calcul que par passion, haïssent et trahissent la vérité pour les misérables intérêts de ce monde, Pas de paix possible avec ces hommes. Nt. Jean, f’apôtre de la charité nous défend même de les saluer! ]l n'en est pas moins vrai que Dieu veut le salut de tous les hommes, et que les plus grands pécheurs n'ont qu'à le vouloir pour obtenir miséricorde. A ceux surtout qui sont dans l'erreur mais qui ne demandent qu'à en sortir, à ceux qui, trompés par de fausses apparences, servent le mal en croyant servir le bien, le cœur de Jésus est ouvert. Ceux-là trouveront toujours dans le cœur de Jésus des torrents de lumière pour les éclairer, avec une incommensurabie charité pour les aimer, les changer, les transformer en véritables enfants de Dien. Il ont droit aussi de trouver dans le cœur de leurs frères, amour, charité, pitié, et secours.
La raison qui a porté le Saint Père à recommander la dévotion au Sacré-Cœnr est évidente, Da haut des sept collines d'où son regard embrasse le monde, il a vu que là ause de tous nos maux est dans le refroidissement de la charité, Le mal est plus encore dans les cœirs que dans les intelhgences, L'égoisme est partout. Chacun s'aime soi-même et aime les siens, sa famille, le petit cerele de ses anis, mais hors de là, le cœur n'a plus d'expansion; hors de là, tout n'est que froideur, dureté, ind ftrence, Or, le Saint Pere, pour remédier au mal, nous montre le cœur de Jésus ; il nous le désigne, et de la voix, et du geste, et du reourd, ce cœur vaste comme le monde, cette fournaise d'amour, ce cœur qui a tant ahné les hommes, ce Jésus qui est mort pour tous, “ Pro omnibus mortuus est”, et qui serait mort pour chacun de nous en particulier, si nous eussions été seuls au monde, de sorte que chacun peut dire avee M. Paul: Il m'a aimé et s'est livré à la mort pour
LOL Ep, St Jean, can. Lov. 19
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moi. “Tradidit semetipsum pro me.” Le Pape voudrait nous voir tous ressembler à St. Paul, ce grand apôtre, ce grand cœur, qui écrivait aux Corinthiens: “Ma bouche s'ouvre, Ô Corinthiens, et mon cœur se dilate vers vous. Je vous porte tous dans mon cœur et vous n’y êtes point à l'étroit”. Os nostrum patet ad vos, O Corinthïi, cor nostrum dilatatum est!
C’est là une des fins de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, un des points de vue sous lequel on la peut considérer: l’amour de tous les hommes se confondant dans l'amour du cœur de Jésus. Oui, mes frères, au-dessus de l'amour de ses proches, de ses alliés, de ses amis, amour restreint et borné, il y a cet amour admirable qui doit exister entre tous les hommes, quels qu'ils soient, et quelle que soit la diversité de leur race, de leur langue, et de leur position.
Dieu veut que tous les hommes indistinctement, tout en respectant les lois du sang, se dégagent des préjugés qui les séparent, qu'entre tous cessent ces haïines, ces jalousies, ces rivalités, ces antipathies, source de tant de maux et d'injustices, pour faire place au règne de la charité et de la concorde.
Cela ne détruit certes pas les liens sacrés qui doivent unir les membres d'une même famille. Non. Les parents sont obligés d'aimer leurs enfants. Les enfants sont obligés d'aimer, de respecter, et de secourir leurs parents. C’est la loi de Dieu, et l'Eglise, en son nom, nous apprend que rien ne peut dispenser un enfant de remplir ce premier des devoirs,
Mais comment alors, dira-t-on peut-être, expliquer ce texte clair et formel de l'Evangile : *“ Celui qui ne hait pas son père et sa mère, ses frères et ses sœurs, ne peut être mon disciple”? Ces paroles de l'Evangile sont facilement comprises lorsque les cœurs se coufondent dans le cœur de Jésus, symbole d'une charité universelle. Elles nous font comprendre que l'Evangile veut donner plus d’essor aux sentiments fraternels qui doivent exister entre tons les hommes, qu'il veut faire passer avant tout le