NATURE ET FRUITS DE LA DÉVOTION AU SACRÉ CŒUR DE JÉSUS
TOTRE-SEIGNEUR a révélé à la B. Marguerite-Marie que la dévotion à son divin
Cœur était «le dernier effort de son amour
pour les hommes». Il était réservé à notre époque de comprendre Parfaitement cette profonde parole qui est un cri d'amour, mais qui contient aussi une menace. Malheur aux hommes, s'ils restent encore insensibles à l'amour de Dieu. Aussi Mgr Pie pouvait-il écrire dès 1857: «Le culte du Sacré Cœur de Jésus, c'est la quintessence même du christianisme, c'est l'abrégé et le sommaire substantiel de toute la religion. » Si l'Eucharistie est la plus touchante manifestation extérieure de l'amour de Jésus-Christ, c'est de son divin Cœur qu'elle a jailli, c'est lui qui est à la fois le siège et le centre de cet amour, le sujet des adorations des hommes. L'objet de cetie dévotion se compose donc d'un élément matériel et sensible, qui est le Cœur de Jésus, et d’un élément spirituel, qui est l'amour de Jésus- Christ pour son Père et Pour les hommes. Le Cœur de Jésus, quoique rendu impassible par sa résurrection glorieuse, a gardé sa sensibilité hu-
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maine. Donc il aime, il jouit, il déteste , Actuellement, son âme
culte du Sacré Cœur est surtout un culte condition, le motif, le même de son établissement et de sa diffu Notre-Seigneur veut être aimé afin que les jures faites à son amour par l’hérésie, les 1 Phèmes, l'oubli et l'abandon des hommes, sacrilèges, les irrévérences et la tiédeur « l'Eucharistie est l'objet, soient quelque sorte par les hommages, les prières, pénitences des dévots à son divin Cœur. E
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NATURE ET FRUITS DE LA DÉVOTION AU 5. c. 33
Aussi à quelles largesses n'ont pas droit de prétendre ceux qui ont recours à ce divin Cœur? L'évangéliste du Sacré Cœur, la B. Marguerite- Marie en a fait connaître elle-même l'énumération contenue dans la formule usuelle sui rente:
«1° Je donnerai aux âmes dévoué + à mon Cœur toutes les grâces nécessaires dans ‘eur état; 2° Je mettrai la paix dans leurs familles: 3° Je les Consolerai dans toutes leurs peines; 4° Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à la mort; 5° Je répandrai d'abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises: 6° Les pécheurs trou-
y veront dans mon Cœur la source et l'Océan
infini de la miséricorde; 7° Les âmes tièdes deviendront ferventes: 8° Les âmes ferventes s'élè- Veront rapidement à une grande perfection; 9° Je bénirai même les maisons où l'image du Sacré- Cœur sera exposée et honorée; 10° Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis; 11° Les Personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon
» il n'en sera jamais effacé; 12° L'amour
grâce de la pratique du bien et de la persévérance finale en cette vie, gloire et récompense éternelle dans l’autre. |
ANORAIE occupe sur le Saint-Laurent
L étendue d'environ trois lieues sur deux profondeur. Le relief présente une suite bandes longitudinales parallèles au fleuve zone agricole d'une largeur moyenne de qui à vingt arpents et composée de marne, d’ar, et de terre noire: la Pinière, sorte de terre sablonneuse couronnée de forêts de conifères de bouleaux, de maigres pâturages et de quelq champs de seigle; en contre-bas, la «savan dépression lacustre au sol spongieux recouv de bois de sapin et d'épinette, et au fond de quelle coulent en sens contraire, après av Presque mêlé leurs sources, les petites rivià
Saint-Joseph et Saint-Jean. Celle-ci présente Curieux phénomène de remonter l’espace de trs lieues en amont du fleuve où elle se jette à L valtrie après avoir contourné la pinière. Le s Va en s'élevant graduellement à la Petite-Piniè et Surtout à Saint-Henri qui contient quelqu bonnes fermes et de riches «sucreries». Au de de Saint-Henri, autre dépression occupée par | forêt à laquelle font suite des marécages dang: reux riches seulement en bluets et en atoca
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A l'est de la paroisse, à Dautray, la topographie est sensiblement la même, mais la pente générale est plutôt dirigée vers le fleuve. La rivière Saint- Joseph draine les eux du Petit-Bois, région agricole très fertile, et, à son embouchure, aux limites de !: paroisse, actionne les roues du vieux moulin seigneurial. De nombreux ruisseaux naissent au pied de la pinière et, coulant au fond de tranchées parfois très larges, divisent toute la zone avoisinant le fleuve en longs rectangles à l'extrémité inférieure desquels s'élèvent les maisons et leurs dépendances tout près du «chemin du roi». Au centre de la paroisse, gros village de 780 âmes (1909), avec son pensionnat, son école modèle de garçons, son moulin à scie et à farine, ses épiceries, ses «boucheries», sa forge, etc. L'industrie — chaussures et vernis — n’a guère réussi à s’acclimater. La plus grande partie du village trouve dans la navigation une honnête subsistance sinon toujours l’aisance. La paroisse a joui autrefois d'une grande prospérité; aujourd’hui elle est plutôt stationnaire, étant trop exclusivement composée des deux seules classes de cultivateurs et de navigateurs. Elle fut l’une des plus lentes à se peupler, quoiqu'elle comprenne deux des plus anciennes seigneuries de la Nouvelle-France, Dautray et La Noraye.
En effet, la concession de Dautray à Jean Bourdon, ingénieur royal, date du 1er décembre 1637, deux ans après la mort de Champlain.
D'une étendue de deux lieues de profondeur sur une demmi-lieue le long du fleuve, elle fut doublée à peine dix ans plus tard. Est-ce une preuve que le seigneur Concessionnaire l’habitait ? Peutêtre, si l'on considère les avantages de ce fertile endroit protégé Par la garnison du fort Richelieu et situé dans le voisinage de l’île Saint-Ignace qui était alors un grand marché de pelleteries Il est probable que Jean Bourdon céda ses droits au sieur Dautray, Puisqu'en 1672, le nom de ce dernier est cité dans l'acte de concession du fief
Le Page de 1685 en fait ‘aussi mention, En 1688, M. de la Noraye, du. régiment de Cari- &nan, les sieurs Lessart et autrés obtiennent le territoire situé entre Dautray et Lavaltrie, et
Comprenant deux lieues de front sur deux lieues
L'année suivante, les Iroqucis, maîtres des deux rives du Saint-Laurent entre Montréal et les Trois-Rivières mMassacraient tout sur leur
Passage. A Dautray ous les colons périrent ainsi que le seigneur. Cette belle campagne resta longtemps déserte, M. de Catalogne qui a recueilli les traditions du grand massacre, dit en 1709: &A Berthier, il Y a peu d'habitants: à La Noraye et à Antaya encore moins: à Dautré,
M. de la Noraye se désintéressa sans doute d'une propriété si exposée aux incursions des Iroquois, et cela, d'autant plus volontiers qu’il avait obtenu un autre fief sur la rivière Sainte- Anne. Quoi qu'il en soit, les deux seigneuries de La Noraye et de Dautray passent en 1724 aux mains du sieur J.-B. Neveu, colonel des miliciens de Montréal, lequel s’empresse d'exploiter son vaste domaine qu'il vint habiter. En 1738, on signale un fourneau à goudron à Dautray.
bâtiments, maisons et granges, encourage même par des avances considérables l'établissement
presque l'étendue du domaine primitif. Sept ans auparavant (1732), Messire J--Aug. Mercier, le
Premier curé en titre de Lanoraie, ouvrait le Premier registre de la paroisse, ! x
Citons quelques-unes des familles primitives : Bourdon, Bonin, ergeron, Codère, Dalcourt,
terrain, Messire Dunière fit édifier bien en vue sur la côte, la deuxième église de Lanoraie (1744). Elle était construite en pierres de taille et mesurait Qiatre-vingts pieds Par Quarante. Pour consolider l’œuvre religieuse déjà commencée, M.
J.-A. Mercier, 1732; Les Chevalier, 1734: J.-B. Gosselin, 1736; J.-Amt. Gaillard, 1736; R. P. Resche, récollet, 1737; G. Dunière, 1742; B. Papin, 1747: J.-Frs D'Youville, desservant, 1749; B. Papin (2e fois), 1750: J.-A. Gaillard (2e fois), 1759: B. Papin (3e fois), 1771: Lemaire de Saint-Germain, 1774; J.-
Deguire, 1804: J--B. Paquin, 1813; C.-H. Besserer, 1816: C. Bézeau, 1820; P.-Z, Gagnon, 1828: J.-J. Raizenne, 1833; A. Brais, 1838; Vinet de Touligny, 1839; I..-M. Quintal, 1840: J.-M. Balthazard, 1850; O. Giroux, 1852, C.-A. Loranger, 1859 J--N. Lussier, janv. 1884: F. Corbeil, oct. 1884; L..A De. quoy, 1887: F.-T. Kavanagh, 1894; F, Mondor, 1897; L.-D. Lafortune, 1904; J.-E. Beaudoin, 1905 ; G.-A. Picotte, 1909.
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Neveu fit don à la fabrique d’une terre de trois arpents sur quarante (1752). Trois ans plus tard, la paroisse recevait pour la première fois la visite de l'évêque de Québec qu'elle ne devait revoir que treize ans après.
C'est que la cession du Canada à l'Angleterre, en 1763, rendait singulièrement difficile l’administration religieuse du pays. Le clergé n'augmentait pas en proportion de la population catholique à desservir; la noblesse canadienne dis-
&neurie passa à François Neveu qui en 1771, la vendit au seigneur de Berthier, James Cuthbert.
Au point de vue religieux !, Lanoraie subit le
3 On conserve dans les arck”es de la paroisse, une petite histoire religieuse de Lanoraie. M. Alfred Lippé, curé de Saint-Médard, en est l'auteur. Nous y avons fait de nombreux emprunts. Les archives de l'évêché de Joliette con-
maire de Montréal et fondateur de la Patrie, a publié: Le Vieux Montréal, 1884: Mélanges, 1888: Jeanne la Fileuse, 1888; Lettres de Voyage, 1889; Six mois dans les Montagnes Rocheuses, 1890; La Chasse-Galerie, 1895, etc.; l'abbé Alfred Lippé: Le tour du Mexique, 1907; Ls-Jos. Doucet a écrit des poésies: La chanson du Passant, 1908; La jonchée nouvelle,
ciables. L'église ! eut sa Première cloche (1773), son clocher, une sacristie en pierre (vingt-deux pieds par vingt-quatre), deux grands tableaux représentant, l'un, la Nativité de la sainte Vierge, et l'autre, celle de saint Jean Baptiste. François Ducharme, marguiller sortant, fut le premier à remplir pendant un an la charge de constable à la porte de l'église (vers 1800).
Les visites épiscopales étaient rares : on n'en
résident. Elle peut avec Dautray et indépendamment de Lavaltrie Pourvoir à la subsistance d’un pasteur, puisque les deux concessions réunies
donnent en dîmes, année commune, au moins 269 minots de blé, 260 d'avoine et 60 de pois. Nous reproduisons en note ce précieux document.’
T1 La liste suiv nte des propriétaires fonciers de Lanoraie a été dressée et s.gnée le 22 février 1801. Les trois chiffres consécutifs indiquent le nombre des minots de dîme 1° en blé, 2° en avoine, 3° en pois.
Grand'côte de Lanoraïie: Michel Hétier, 2-2 -i-2; Pierre Caisse, 3-3-1; Paul Coutu, 3-3-1-2; Frs Hétu, fils, 1 1-2-1— 1-2; Jos.Lajoie , 5-5-1;: Jos. Boucher, 2 1-2-.-1; J.-B. Hervieux, fils, 3-3-1; J. Hervieux, 3-3-1; J.-B. Mondor, 3-4-1: Le Lapointe, 3-3-1: Jos. Mersan, 3-5-1: Frs Hervieux, fils, 21-2-2-1; Étienne Caisse, 2-3-1: Pre Caisse, 3-3-0; An. toine Caisse, 1 1-2-2-0; Alexandre Dumont, 2-2-1: Frs Hé. tu, 1-2-1-2; Pierre Dalcourt, 3 1-2-3-1 1-2; Alexis Desrosiers, 4-4-1 1-2: Nicolas Demers, 4-3-2: Pierre Bonin, 6-5- 1; Limoges, 3-3-2; Jos. Cusson, 1-2-1: Jos. Hylaire, 1-1-1; Félix Bélanger, 3-1-1 1-2; J.-B. Hervieux, 6-6-4; Frs Faust, 1-2-0; Basile Perrault, 3-3-1-2; Alexis Perrault, 3-3-1: Frs Collin, 4-4-1: Le Bonaventure, 3-2-1: Bernard Vêve, 4-3-1-2; George Wagner, 2-2-1; Antoine Caisse, 2-2-1-2: Augustin Charpentier, 4-2-1-2; Pierre Laprade, 1 1-2-11-2- 1; J.-B. Marion, 6-6-1-2: Ignace Bonin, 6-6-1; Les Desjardins, 6-6-1; Pierre Champagne, 4-2-1-2: Pierre Laroche, 6-6-1-2; Pierre Rondeau, 3-3-1-2; Michel Rondeau, 3-2- 1-2; Jos. Desresiers, 4-6-1-2;
Grand'côte de Dautray: J.-B. Bordelais, 8-6-1: Frs Bonin, 4-3-1; Pierre Bonin, 3-2-1; Frs Lafontaine, 8-8-3; Louis Beaugrand, 3-3-0; Veuve Beaugrand, 3-3-1: Alexis Cham- Pagne, 6-4-1; Pierre Champagne, 2 1-2-2 1-2-1; Pierre Goder, 3-3-1-2; Michel Robillard, 4-5-1-2; Gabriel Routhier, 4-2-1; Ls Robillard, 3-4-2; Jos. Joly, 6-6-1 1-2; Jos. Champagne, 2-3-1; Jos. Brau, 1 1-2-2-0; Jos. Houle, 2-30: Alexandre Doiron, 2 1-2-3-0; J.-B. Tarte, 3 1-2-4-1; Alexandre Doiron, fils, 2-2-1: Pierre Robillard, 2 1-2-1-1-2: Jos. Galien, 1 1-2-2-0: Nicolas Bonin, 2-1-1-2; Pierre Robillard, fils, 3-40; Frs Charon, 1 1-2-2-1-2, :
jl (|
en 7 "eMarquers la prédominance du blé. sur
les autres céréales. L.
Toutes les terres de la grand'côte sont con-
cédées; le Petit-Bois de Dautray est défriché
du sol; ils résolurent de l'exploiter. Vers 1825,
2-1; Frs Bonin, 2-2-Q; Pierre Bonin, 2-1 1-2-0; Jos. Man. deville, 2-20; J.-B. Guiton, 3-2-1; Frs
Daniel Jourdain, 1-2-1—; Jos. Ducharme, 1-2-0-U; Pascal Jourdain, 1-2-1-20; Frs Beaupré,
EE