SCENE XVII
.Les Précédens, excepté les Égyptiens et Aménophis.
ABRAHAM
Vous le voyez, amis, les plus grands périls nous menacent. . . Avant de nous préparer au combat, invoquons le Dieu des armées; c'est lui qui nous tira du sein de l'esclavage et de l'idolâtrie , c'est lui seul qui peut assurer la victoire à nos armes. A G A H , bas il Isma'él.
Mon fils, songez à ce que vous m'ayez promis.
1 S M A E L , bas fi sa mère.
Je serai Gdèle au sang des Pharaons-, je vengerai l'outrage de nia mère.
( La trompette sonne , ensuite un chant relt'gieiis: se fait entendre ^ on apporte sur le sommet de la montagne un autel couvert de Jleurs y Abraham remet a Rnbnès C étendard sacré : rejidi'le serviteur le fait parvenir de main en main jusquau pied de t autel , €jue les enfant entourent , en tenant dniv; leurs mains les vases sacrés. Sur le second plan du monticule , en descendant , sont le$ jeunes Jllle y elles élèvent dans les airs des brauclies d arbustes fleuris. Sur le dernier plan . en bas , sont placés les guerriers armés de leurs Jlèches et de leurs lances. ")
(^ Le patriarche est en avant d'un coté avec Sara et Isaac ,.Agar vient se ranger de l'autre avec Ismael. En arrière d'elle ^ on voit Balahac , il lia fait des signes tC intelligence. Rubnès revient derrière Abraham , les examine avec attention , et suit tous leurs mouvemens. )
( Le patriarche donne le signal. Le vasei , les branches , les fleuri et les armes s abaissent devant le simple autel paré par la seule nature. )
(Tous les fidèles adorateurs de Dieu sont à genoux. Agar, seule y reste debout avec son fils.)
{^Abraham remarque leur contenance insultante avec un étonnement mêlé de courroux.')
ABRAHAM
Que Yois-je? Ismaël refuse de fléchir le genou dfvanl son Dieu !
ISMAEL
Il n'est pas le mien ... je ne connais que celui de ma mère. ( Tout le monde se lève avec effroi.')
ABRAHAM
Quel blasphème! Agar, vous avez perdu votre fils, (à Isma'él. ) et toi, malheureux, tu viens de prononcer ion arrêt, fuis des lieux qne lu souilles par ta présence impie!. . . C'est toi qui attiras sur notre tète les malheurs dont rious sommes accablés. . . .le vois l'autel. . . je vois la victime qu'un Dieu juste désignait à la vengeance paternelle. . . ton sang odieux ne coulera pas sous ma main.. Non, non, de plus grands supplices te .«ont ri'servé». ..• ton père et ta patrie te rejetient , va sacrifier aux id oies , ftirger les fers dont tu voudrais nous charger, mendier à la cour du Pharaon , une pourpre sacrilège. .. M.nissougr.«»-y tien, enfant indigne! au milieu de? fêtes et des plaisirs (-roFanes, le remords viendra s'attacher à ton coeur et le déchirer sans cesse, . . Oui, g-îniblable à Caïn dont tu suis l'horribie exemple, tu n'auras plus désormais un instant, un Seul instant de repos. . . Dieu le réprouve , ta patrie t'exile , et ton père te donne sa malédiction. (^Abraham poursuit son fils, et les bras tendus, le maudit. Ismaël cherche un refuge dans le tein de sa mère f tous deux sont repoussés par les guerriers qui croisent le ff.r acvant eux et Ui
( 20 ) chassent du côté du désert. Ils f^ni^issenf le monticule de salle ,
'et jxv* leur fîèrc contenance ^ ils semblent braver le ciel' et Abraham. I.iaac a genoux , demande le pardon de sonfrèt'e. Sara tombe évanouie sur l'élévation en face de la teMU. Ihus tes Hébreux rangés sur ta montagne, détournent les ybux du
jSls maudit, avec la plus grande horreur. Balahac , seul, Jette un regard sur la mère du jeune rebelle , et semble promettre au coupable son a'^sitonce. Le patriarche épuisé par te/fôrt fjti'tl vient de faire, tombe sur l'estrade dans sa tente : Jsaac est h ses piech; le vieux Rubnès regarde son maître avâc la plus profonde pitié.)
T JBLE A U G à NÉ RÀL.
Fin dupremici' acte.