Le sacrifice gladiatorial;
L'histoire ancienne du Mexique est si peu connue en Europe, — malirré Vestimable ouvrage écrit par M. Tabbé Brasseiu* de Bourbourg {Des Platims civiUséet du Mexique), — que j*ai eu le désir, avant de rompre tottt à fait avec mes vieux pinceaux, fidèles compagnons .de voyage, d*eD vulgariser la connaissance par la représentation d'un trait tellement glorieux sous le rapport de la vertu, du courage, de la [)uissance morale et de la force physique, que les histoires légendaires du siège de Troie et de la valeur d'Àchilie ne peuvent se comparer avec Tincroyable énergie du hé* ros de mon tableau.
J*ai consacré dix-buit années à Texploration des localités de ranciennc civilisation du Centre- Amérique, recherchant avec une ardeur infatigable les documents et les monuments que le temps ni même Tincurie des hommes de l'époque de la conquête n'ont pu atteindre, et, an milieu de ces gigantesques débris, j*ai découvert
. une multitude de sujets dont tes habiles dramaturges de notre époque pourraient tirer de grandes inspira-
tiens.
Dans mon admiration pour ces grandes révélations des temps passés, j*ai jeté sur le papier une quantité d'esquisses qui sont nutlbeureusement restées à Tétai d*ébauches, d'autres occupations plus importantes
m' ayant empêché de leur accorder mes caresses d*ar^ title, c'est-à-dire les soins du fini; ce qui prouve une fois de plus, — pardonnez-moi cette parenthèse, jeunes lecteurs, — que même la carrière bien employée d'un centenaire est insuffisante à remplir ici-bas la mis» sion dont Thomme est redevable à la société.
tSependant, ayant soldé ma dette h mon premier siècle, j*aî voulu, mollement appuyé sur mes troit ehiffires, entreprendre, pour la première fois de ma vie, un tableau d'histoire. Ai-je réussi?... C'est ce que d'autres que moi doivent juger ; mais ce que je puis affirmer, c'est qu'il n'est pas dans mon tableau, localité comprise» un monument, une décoration, un costume ou un us^^e dont je ne puisse donner la preuve par des documents à Vappui (1).
L'anthropologie des races de l'Amérique du Centre est curieuse et intéressante sous bien des rapports. Ce n'est pas dans les villes ni les villages voisins qu'il faut chercher ou étudier l'Indien, car plus il en est éloigné, plus il oiTre de prise à Tobservation et se rapproche de reutochlhonîe.
ff
(I) Tous MB deomneati originanz étant mtéa ma propriété, j'en interdis la nprodoetioii par les théâtres sans mon oonseniament.
C'est parmi les Laeandons de las Ckiapas et les Iztacx
du Yucatan que j'ai pu démêler quelques individus de race, car ces tribus sont composées de trois ou quatre peuples dififérents dout le croisement a produit des variétés très-embarrastantes à définir. 11 y a, en effét^ dee individus bruns ou violaoés, d'antres, bronate antique» bronse fiofentin» et d'autres presque blancs. Ces derniers sont de race palanquéenne et ne sont pas trèsnombreux, sept ou huit pour cent.
La vraie race blanche est tellement rare, que je n'ai rencontré que trois blancs sur une tribu voisine des ruines que J'ai habitées trois ans. Ces trois sujets, dont deux étaient femmes, appartenaient k Tantique nation cbole ou palanquéenne, et la raison pour laqudle ils étaient restés blaaca est qu'ils étaient descendants des rois et ne se mariaient qu'entre eux, tandis que les plébéiens, qui ont perdu toute souvenance de leur antique splendeur, s'allient indistinctement à toutes les races qui composent leur tribu. De là, les nuances variées qui se trouvent chei ces sujets dont Torigine cependant se reconnaît par Vangle i^cial plus ou moins oblitéré par le mélange ; plus ils sont inclinés vers le blanc, plus le nez est aquilin elle front fuyant.
Ou a cru longtemps que cette déviation provenait d*une pression frontale et occipitale produite par des tablettes; c*est une erreur» elle est naturelle^ mais seulement exagérée dans les sculptures des reliefs en pierre ou en stuc. La nation choie, depuis son origine jusqu'à sa destruction par la race brune d'Ocotzinco, était tellement vénérée par la haute civilisation, que les nations voisines, pour leur ressembler, inventèrent les tablettes, et cette coutume s'étendit, avec le
temps-, jusque sur les Flathead's de I Amérique du Nord.
Je dois donner ici la preuve que mon hypothèse a sa raison d'être. i*avais à mon senrlce, aux ruines, nn In* dieu chol eonverti, ainsi que sa femme et sa fille. Ces trois serviteurs m'avaient coûté 400 francs (dont Je
possède encore la quittance comme preuve évidente de l'esclavage dans les républiques du Mexique). L indien était cuivré, tandis que sa femme était presque blanche et son profil exactement palanquéen , ainsi que eém de sa fiUe, qui cependant était pins bnrne que la mère*
J*ai donc pu étudier à mon aise ces sujets et connaître
par eux les mœurs des Lacandons que je fréquentai plus tard, et il est résulté de mon enquête que la mère n'avait jamais été soumise à la pression des tablettes, et encore moins sa fille, qui était née au village. Dans ia planches anthropologiques de mon ouvrage prêt à mettre sous presse, Intitulé : Encyclopédie ^wdtéologic (tmérkaine, etc., pour lequel Sa Majesté Napoléon III m'a fait l'honneur de souscrire à douze exenïplaires, j'y ai introduit leurs portraits, faits par moi d'après nature, & côté de tous ceux que j'ai jugé être les plus purs autochthones.
La taille de rindien ne dépasse guère 1 mèt. 45 c; cependant j'ai vu, dans une tmiWe lacandone^ sept frères, musiciens nomades, dont l'aîné avait 1 mèt. 90. Tous étaient beaux comme le gladiateur antique.
La musculation de la race libre est en général trèsprononcée, et chez les plus petits individus, elle semble exagérée; aussi sont-ils d'une force prodigieuse. Les mains et les pieds sont d'une petitesse remarquable; les
c1iev«ux, abondAnts, gros et plats, n'ont pas de plantatfon uniforme sur le front, car j*ai tu beaucoup de
fronts très-élevés.
Les Indiens des localités chaudes ou froides, toutefois hors de la portée des villes, sont non-seulement ambidextres, mais se serven) des pieds comme des mains et laneent one pierre aTee la précision du tir. €euxqui se rapproebent le plus de la souche indigène ' ont sur la lèvre supérieure cinq ou six poils longs et raides qui leur servent de moustaches.
Quant à mon appréciation sur leur intelligence, je ne ne saurais cwnbattre avec trop d'indignation l'opinion 4es Espagnols, qui prétendirent que llndien était une brote , inc^nble de deyenir « même rùaonnable» « réservant ce dernier titre pour evx*mémesl... Oh! vanité!... Cette cruelle calomnie est absolument sans foudement, et le démenti le plus formel lui est opposé par de nombreux exemples. Pour ma part, j'ai, à Mexico, fait un élève indien qui, au bout de dix-huit mois, dessinait très-correctement et avait appris en même temps l'anglais et le fiançais.
En plus de cet exemple, déjà suffisant pour réhabiliter les aptitudes de cette race, je dois ajouter que j'ai intimeuient connu, également à Mexico, un Indien pur-saug, à moustaches» nommé Patiùo, lequel était peintre, sculpteur égalant Bozio ou Cartellier, excellent mathématicien et polyglotte. Quand les voyageurs rencontreront, dans les églises de la capitale ou de Puébla, des Christs admirables et des Vierges auxquelles il ne manque que la parole, ils pourront, sans hésiter, les attribuer à l'Indien Patiiio. Et pourtant ce grand artiste, je dirai presque ce savant, n'a été em-
ptoyé pur Btteiio des nonibreux gonvernemeats qui se 86nt Buccédé à Mexico !
Pour dernière preuve, enfin, Juarez est Indien, je Tai connu jeune à la Minerla. Son. instruction seule Ta conduit à la présidence.
Le berceau de la civilisation américaine, venu probablemeol da Pérou, qui tenait la sienne de ilndo- Ghlne, 8*eet répandu de siècle en siècle el est enfin venu se fixer dans les 17* de latUtfde nord. Palanqué et Gopan sont les peprésentants les plus anciens de l'art architectonique et de la sculpture poussée à ses deruières limites relatives et presque égale, à Palauqué surtout, k l'art du siècle d'Auguste, considérant que cette Athènes américaine fut détruite dix-neuf cents ans avant Tère vulgaire et que déjà Tart était en progrès quand les Indiens fondèrent cette ville. On se perd en conjectures en rétrogradant dans les siècles qui se sont écoulés, surtout en envisageant le point où nous trouvons Tart à son début de fondation.
La même marche^ non moins ancienne, avait lieu au Mexique en même temps. Xotxicalco, Papantla, Mitla, Téotihuacan et Ghulula attestent une antiquité prodigieuse. Les Toltèques primitifs sont généralement dé-, signés comme les constructeurs de ces merveilleux monuments. Théotihuacan, d'après les auteurs anciens, existait avant la venue des Tchèques, et était considéré comme d*une antiquité qui dépassait toute mémoire;
Les reliefs du Palanqué ont été coloriés avec un procédé qui avait fa cire pour base, et e^est à la con • servation d'une partie de ces couleurs, que l'action des pluies périodiques n'a pu détruire, que j'ai découvert que les Palanquéens étaient de race blanche et eu
guerre avec la race brune des ruines d'Ocotzinco, la quelle détruisit la dynastie de douze rois palanquéeos au moment où elle était arrivée à l'apogée de Tart.
En 1519, qu«od les Espagnols firent la conquête du Hexiiiae pour y substituer Tinquisition aux sacrifices humains, ils trouvèrent les monuments tels que je les décris.
Le luxe effréné de cette époque avait mis l'empire en pleine décadence, et toutes les nations voisines étaient en révolte ou en guerre contre Toppresseur, et la république de Tlaxcala, son ennemie achaméCt profitant de rarrivée des Espagnols, auxquels elle s^allia, devint Tauxiliaire le plus puissant, sans lequel Fernand Cortez ireùt jamais pu prendre Mexico, dont il détruisit l'immense population pour assouvir sa soif des richesses dont ce. soi est encore aujourd'liui pro-> ductif.
La diversité des styles d'architecture répandus depuis le U* degré nord jusqu'au 30* degré sud, offre à l'observateur consciencieux autant de nations étantes,
et, ce que je prétends prouver par i élude des monuments, M. l'abbé Brasseur de Bourbourg le prouve dans ses quatre lettres sur le Mexique. C'est donc avec une étude approfondie et ultérieure que la science trouvera sans doute & mettre en ordre tout ce qui a surgi jusqu'à présent des travaux impartiaux de M. Tabbé Brasseur et du vicomte Onfroy, ainsi que des miens (si j'ose en parler), et se convaincra, comme je le suis déjà, que l'Amérique a transporté sa civilisation en Égypte.
Tout ce que je viens de dire était, je crois, nécessaire pour bien faire comprendre Taction de mon tableau et identifier le public sur ses différentes parties.
rentre donc dans mon sujet et vais tâcher de raconter le trait d'histoire qui m'en a fourni les éléments.
De toutes les victimes llalcastèques qui ont été sacrifiées du temps de Moatézuma, la plus mémorable et héroïque de cette fière république, est, sans contredit, le général Tlahuioda, vaillant à Texcès, doué d'une force à nulle autre pareille et d*un amour de la patrie eansé^al.
Le sabre maquahtiitl, dont il se servait était si lourd, qu'un homme de force ordinaire pouvait à peine le ^ulever du sol. Partout oh Tlahuioola était aperçu, ses ennemis liiyaient terrifiés.
Dans un combat dirigé par les Huigotanguss contre une garnison otomite, ce général fit des prodiges de valeur; mais, poursuivant les fuyards dans une gorge sans issue, il fut fait prisonnier, mis dans une cage, et ainsi envoyé en présence de Monlézuma. Ce monarque,, qui, malgré son despotisme, savait apprécier la valeur, loin de vouloir profiter de la défaite de ce héros, lui fit un accueil honorable et lui ofiSrit, avec la liberté, le droit de retourner dans sa patrie. Le fier républicain répondii qu'il serait honteux et déshonoré à ses propres ^eux de reparaître {uirmi les siens, et demanda comme une faveur d'être sacrifié avec ses compagnons d'infortune, ce à quoi Montézuma s'opposa résolâment, dans Fespoir de se l'attacher.
Tlahuicola resta ainsi trois ans, avec sa femme favorite et sa fille, à la cour de l'empereur. Dans cet intervalle, une guerre fut déclarée à l'empire par la nation michuacane. Montézuma, trouvant enfin l'occasion de montrer son estime pour son prisonnier volontaire, chargea le général de cette guerre. Celui-ci en accepta
avec joie la direclion et le eommaodeneiit, ear^ en oomlMittaiit les ennemis de Mexico, il combattait aussi
ceux, de sa patrie; et quoiqu'il ne [)ùt parvenir à se rendre maîirc des retranchements des Michuacanes, il leur fit un tel nombre de prisonniers et leur prit taat d'or et d'argent, qae son expéditioii équivalait à une brillante victoire.
Dès la rentrée à Mexico, Montôzuma, plus que satiifiait de ce brillant fait d'armes, offrit à Tlabnieola le titre de tlacatécall généralissime de toutes les armées de son empire. De nouveau Tobstiné républicain refusa, disant que, « même au prix des honneurs, il ne voubût pas être traître à sa patrie, > et insista pour être sacrifié; mais cette fois, « selon son rang et sur la pierre gladiatoriale. »
Montézuma, voyant qu'il ne parviendrait jamais à vaincre la ferme résolution du héros, finit par donner son consentement. Pendant sept jours consécutifs, les fêtes et les danses guerrières ne cessèrent, et le huitième!*., nahoicola monta bravement sur la fatale pierre à laquelle on rattacha par le pied gauche. Cette lugubre solennité avait lieu devant Temperenr, sur son trône, entouré de la noblesse, du peuple et de la musique, tandis que, dans les cassolettes, brûlait le C(^al en honneur fies dieux et des combattants.
Le héros mit vingt adversaires hors de combat et en tna huit avant de recevoir lui-même le coup fatal qui lui fendit la tète (1); il fut transporté de suite aur le
(î) Je me suis permis une licence en mettant un casquo d'or sur la tôle du général pour le distinguer de son antagoniste. J*ai possédé ce casque; il était do facture mexicaine et se retrouve souvent dans récriture iiguralivo.
sommet de la pyramide, o(i le grand sacrificateur Itri arracha le cœur pour Tofirir au dieu de la guerre liuiizilopochtli.
Ainsi finit cet Âchiile américain» rhonneur non légendaire de son {Miys.
Ce récit laconique, digne .d*ane plume plus habile que la mienne, suffit pour faire comprendrez composition de mon tableau ; mais il me reste à doiiuer quelques détails sur le lieu du sacritice.
La scène se passe sur l'immense place de Mexico* od aujourd'hui la cathédrale occupe remplacement sur lequel 8*élevait la pyi amide des sacrifices. Cette pyramide, dont les fondations et les deux premiers corps
appartiennent aux premières aiuiées du règne de Tizoc (1478), fat achevée par son bueccsseur AhuiUotl, huitième roi, en 1487. L'inauguration de ce gigantesque édifice, que Von peut surnommer le Temple de la Mort, coûta la vie à plus de 60,000 prisonniers de guerre. Cette, incroyable et multiple hécatombe nous prouve que les armées de ce temps-là surpassaient les nôtres en nombre, et que la population d'alors était innombrable ; les auteurs espagnols le confirment euxmêmes.
Ce téocalli était entouré d'une vaste muraille de vingtcinq pieds de hauteur, dont le pourtour extérieur était orné de serpents entrelacés; ellcavait 13,148 pieds de
tour (limite actuelle de la place nommée Impedradillo), orientée aux quatre points cardinaux ; chaque façade était percée au centre par une porte monumentale de style pur chinois ; au-dessus de cette porte se trouvait
une espèce de pavillon flanqué de deux Liiuinios dragons reposant les pattes de devant sur un dé dans lequel était incrusté le calendrier astoc, dont on a pu voir on moulage en pl&tre dans le temple potlkhe de Xotxicalco à TExposition universelle de 1867.
A la gauche de la pyramide, entre la fbmée du copal et la tête d'une idole, on aperçoit les deux pyramides du soleil et de la lune, dominant Tioicliuacan (1). A la droite du téocalU s'aperçoivent également les deux montagnes riztalcihuatl {la vieiUe femme bUmche) et le Popocatlpetl {montagne qui fume), La première, dont le cratère a longtemps fourni le soufre propre à la fabrication de la poudre, a fait irruption l'année passée, après bien des siècles de repos, et a causé la mort de plusieurs travailleurs ; la seconde, conique, fume journellement, mais sa fumée n'est pas perceptible de la capitale.
A gaucbe et à droite de la porte chinoise sont deux petits téocallis sur lesquels sont les pierres affectées
aux sacrifices ordiaairt s ; celui de gauche est couvert de spectateurs plébéiens; celui de droite, quoique semblable à l'autre, sert d'orchestre à vingt-sept musiciens pojlant comme insigne des plumes roses sur la téte.
A la droite du tableau,' sur le premier plan, est le palanquin en chaise à porteur dans lequel Hontézuma se luisait transporter; cette chaise était dorée; deux dragons sur les côtés remplaçaient nos bras de fauteuils ; elle él-iit couverte par trois espèces de chapeaux blancs, surmontés de l'aigle k deux têtes, dont le do-
(f ) Situé à quatorze lieues de Mexico et pariaitcment visible du milieu da la tour dfi la cathédrale.
cttmenl original se trouve à Saint-Cioud» dans ia col- Iflttkm otamique de M. Arosa.
Ikaa ttoUêfli, piedi niu, au nombre de quatre, en étaient les porteurs, suivis de plusieurs autres pour les relayer. Un guide, l'éventail en main, était précédé des deux porte-étendards qu'on voit de chaque côté du premier eicalier du trône (1). La marche était fermée .par les gardei impériaux» les ooelotl» vôtus de peau de tigre, et, peur casques* la tâte du même animal, sculptée én bois et surmontée d'un panache.
De chaque côté des marches du trône, derrière les porte-étendards, sont, sculptées et peintes, les effigies de Tizoe et Ahuitzoll, auxquels Monté&uma a succédé. Tout ce côté est occupé par la noblesse- Sur la plate-fonne du premier oorpa du trône^ à la droite de Temperenr, est assis Guitlahuatsin, rhérîtier ' inunédiat ; il est entouré d*une foule de courtisans, ce qui nous démontre qu en tous temps il y a eu des flatteurs.
ûuatthtimotzÎB» le second héritier, n'a autour de lui que ^ personnes,.., mais ce sont des amis !
à la partie supérieure est assis le monarque sur sa chaise impériale (Tlatocaicpalli); derrière cette chaise,
et suspendu à la draperie du fond, est le fameux soïeU
d'or, que, plus lard, Fernand Cortez envoya àCliarlcsV. Les trois dais superposés étaient les signes de l'empire.
(1) Les tapis que nous mettons aujourd'hui sur los marches de nos escaliers ne sont pas nouveaux, car le peuple barbare (selon les Espagnols du temps) les avait inventés avant nous, et quand Montôzuma descendait de son palanquin, de longs tapis se déroulaient devant lui pour que ses picute ne touchassent pas la terre.
Au eM gattohe de la chaise impériale se voit une figure* grostesque^ espèce de fou, et, à propos de cette figure, fl n'est pas sans utilité de dire que Montézuma, nonseulement avait une ménagerie contenant tous les aoi-^ laatpLi poissons y reptiles *et oideaiut du paja. mais encore racveiliiit loua loa hommes et ftmmea eontrefeit»» afin delea aottstraireà la misère» et dans le nonèree» avait de fkvoris. Quatre femmes sont autour de lui, agi^ tant de longs éventailâ pour empêcher les mouches de l'assaillir.
Entre le trône et 1 estrade de la musique, ou ^;)erçoil une partie dn jardin botanique, qui etiste encore.
Le premier plan, à gauche, pour ainsi dire de deux étages, représente le côté du peuple ; une barrit dra* pée est gardée par des soldats de différentes armes, dont le premier est un soldat de la mort, désigné par son casque en bois sculpté et un vrai crâne qui lui garde les parties naturelles. A côté du troisième soldat sont la femme, la mère et la fille du générai Tlahuioola,. ainsi qu'une esckve derrière laquelle, dans le lointaînr se trouve le prêtre revêtu de la peau d'une victime, tenant dans sa main droite le fémur d'un de ses ancêtres, ehargé d'hiéroglyphes, et dans la gauche, le cœur fraîchement arraché à la dernière victime.
La première figure monumentale du deuxième étage est ridole de Teseatlipoea ; plus loin, à travers la fu^ mée du eopal, on voit la statue de Netzahualeoyotsîn, le savant et bon roi, qui, par ses hauts ikits, recouvrit ses États en prenant d'assaut sa ville de Azcaputzalco, aidé des troupes mexicaines dont il avait su s'attirer Tamitié.
Le siqet du centre s'eiplique par lui-même ; la base
le —
de ia pierre faule csi jonchée des morts et des mourants que des Indiens enlèvent; les trois champions qui floot là, debout, atteadenl leur tour pour combattre.
Ce tableau y que }e considèfe comme resquîese treînte d'une page quatre ibis plus grande, est jusqu'à présent l'iinique qui retrace les coutumes des Mexicains avant la conquête espagnole. Son pendant, si Dieu le permet» paraîtra en U70, dans ma cent quatrième année.
F.-Fr. MAX, comte DE WALDECK
MKtt. — uukuiiui tmov r vaulm, moi b« iitou. SISU
PARIS. — IMPRIMEKIE RENOV ET MADLDE, nOE DE RIVOLI.