SCÈNE VIII
Les Mêmes, dans le cabaret, ADRIENNE, SOPHIE, dans le jardin, Un Cocher, paraissant sur la ronte.
ADRIENNE, de mauraise humeur.
Voilà deux heures que je t’attends.
Elle entre dans le jardin.
SOPHIE, au seuil de la porte. — Elle est chargée de paquets.
Tiens! vous êtes bonne, vous... Si vous croyez que c’est facile de dénicher des voitures par un temps pareil, (a part.) Et puis, il fallait bien faire mes adieux à Ravigot!
ADRIENNE, à Sophie.
Tu as fait toutes mes commissions.
SOPHIE
Pardine! Hein, quelle idée j'ai eue de vous faire resonger à ce cher monsieur dp Mauristein... vous ne lui avez pas plus tôt éccrit qne vous alliez filer le rejoindre avec sa fille, pafl Dix mille francs qui vous arrivent .. (Changeant de ton.) J’ai eu trois mille sept cents au Mont-de-Piété avec les intérêts... Vin^t— deux francs de voiture... soixante-quinze de parfumerie... Une valise de vingt cinquante...
ADRIENNE
C’est boni c’est bon, nous réglerons ça plus tard... dépêchons-nous de fuir celle maison; allons achever nos préparatifs, j’ai hâte d’être en chemin de fer... Viens, viens.
Elle tort virement avec Sophie.