ACTE PREMIER
donne de convoquer pour entendre la lecture de ses volontés dernières, tous les gens de la ferme, maîtres, employés ou serviteurs, (se retournant.) Qu’on prévienne mademoiselle Angèle de Mériane. (Toinette sort.) Dès qu’elle sera arrivée , nous procéderons à...
Ou s’empresse autour du notaire.
LANTERN01S, offrant une chaise.
Prenez la peine de...
BONAMI, avançant un fautiuil.
Dans ce fauteuil, vous serez mieux.
CALICHARD, s’asseyant à la table du milieu, face au public.
Ce n’est pas de refus. (Très-gaiement). Figurez-vous qu’en venant ici, ma jument Bellolte, qui s’était endormie, a failli me jeter dans la mare à Poinçot...
SOURISSET, riant.
Délicieux !
CALICHARD.
Je suis heureusement tombé à côté, mais le coup a été rude.
Il rit franchement.
TOINETTE, rentrant.
Voilà marozelle...
Angèle parait. Elle s’assied h gauche.
CALICHARD, grave tout h coup.
Mesdames et messieurs... c est avec une émotion profonde que je m’asseois au milieu de vous, dans cette même salle ou si souvent jadis, face à face avec le tant regretté Bérillot... (impatience des héritiers qui l’interrompent par leurs murmures.) Je COmmonce : (il lit). « Valrose, le cinq août... etcœtera... et cce- »tera!... Trente années d’une dure expérience m’ayant » prouvé surabondamment qu’à de rares exceptions près, le » bonheur, ici-bas. sourit toujours aux hypocrites, Sux impu- » dents, aux égoïstes, aux coquins et aux lâches (Étonnement.
» On se regarde. Continuant ) et devant, pour cette raison, être » parfaitement rassuré sur l’avenir de mes chers neveux et » cousins... »
TOUS, bondissant.
Hein...
LANTERNOIS, s’élançant.
Vous avez mal lu...
PRINCARROT.
Sacrebleu! il est impossible...
CALICUARD, souriant.
C’est écrit !
Il montre le passage.
SOURISSET, grimpé sur la chaise du notaire et regardant par-dessus
sa tête.
C’est écrit!... Positivement, c'est écrit
CALICUARD, reprenant gravement sa lecture.
« Considérant par conlre, qu'il y a ici-bas une personne qui » par sa douceur, sa chai ité et enfin toutes les vertus dont elle » a éto malheureusement douée, est fatalement destinée au » chagrin et voulant la mettre à môme de lutter contre le sort » qui l’attend, je soussigné, Pierre-Jean Bériilot, fermier à » Valrose, institue légataire universelle de tous mes biens » meubles et immeubles que j’aurai et délaisserai au jour de » mon décès, mademoiselle Angèle de Mériane (Mouvement. # agitation. Le notaire continue), pour qu’elle en dispose en pleine » propriété et jouissance. (Tout le monde se lève furieux. Le notaire » continuant dans le tumulte). A la seule charge par elle d’assurer » le sort de tous ceux qui m’ont fidèlement servi.
On n’a pas écouté ccs derniers mots, le tumulte est arrivé k son comble.
LANTERNOIS et BONAMI.
Déshérités?