SCÈNE IV
BÉZUCHON, LIZERON.
BÉZUCHON, le cigare aux lèvres, regardant la grille dn jardin. C’est ici!... Combien de fois, jadis, me suis-je arrêté devant ce jardinet, le cœur ému et le front rayonnant! (Souriant.) J’avais ma clef dans ce temps-là! (n sonne à la grille.) Aujourd’hui, je sonne I...
LIZERON, accourant.
Tiens, c’est monsieur Bézuchon !...
Il ouvre la grille.
BÉZUCHON, entrant dans le jardin.
Bonjour, Jocko; ta maîtresse est-elle visible?
LIZERON.
Elle vient de sortir, monsieur. Elle fait une petite promenade au bord de l’eau, avec sa société.
BÉZUCHON.
Sera-t-elle bientôt de retour ?
LIZERON.
Je l’ignore, monsieur.
BÉZUCHON.
C’est bon, j’attendrai, (il s’as>ied et continue de fumer. Aprèi un temps, et, avec une certaine hésitation.) Ht monsieur Jacques Bernard ?
LIZERON.
Oh! lui, il n’est jamais ici avant cinq heures.
BÉZUCHON.
Pourquoi?...
LIZERON.
Parce qu’il a une place dans une maison de banque!... Il est comptable, caissier, je no sais quoi...
Il n’habite donc pas ici?
LIZERON.*
Madame lui a fait entendre que ce n’était pas convenable... et, depuis trois mois, il a un petit logement à Paris, du côté du Luxembourg. J’y suis allé l’autre jour, c’est pas luxueux du tout.
BÉZUCHON.
On ne roule donc pas sur l'or ici?
LIZERON.
C’est-à-dire qu’on est dans une gène perpétuelle ! On doit à tous les fournisseurs, à preuve que je n’ose plus me promener dans les rues.
BÉZUCHON.
Et as-tu de bons gages au moins?
LIZERON, naïvement.
Superbes I Et je dois dire que chaque fois que l’on ne me les aie pas, on m’augmente.
BÉZUCHON.
Et t’augmente-t-on souvent?
LIZERON.
Tous les mois, monsieur, régulièrement!
BÉZUCHON, riant.
Tu l’as voulu, la position avant tout !