‹ Le sage de l'IndostanChapitre 10 sur 14 · SANDERSON · texte numérisé non relu

SANDERSON

Que ne peuvent le temps, Les efforts assidus et les travaux constants ? Que ne surmonte pas une étude profonde ! Peut-être qu'Archimcde eût ébranlé le monde, Si le trépas fatal, jaloux de ses succès, N'eût borné son audace ainsi que ses projets! Les chefs-d'œuvre brillants dont s'honora la Grèce Furent l'amusement de ma tendre jeunesse. Mais bientôt, moins épris de leurs charmes trompeurs, je quittai le Parnasse et ses vaines erreurs ; Préférant aux accents d'Alcée et d'Euripide La plume de Newton et le compas d'Euclide. De la vérité seule adorant les appas,

Je mis toute ma rrloire à marcher sur ses pas.

J'étais prive du jour, mais au fond de mon âme

La sagesse parvint et fit briller sa flamme.

Une étude pénible assurâmes succès;

Je fis en peu de temps de rapides progrès.

Dans leurs profonds calculs je suivis Pythagore,

Diophante, Archimèdc, et je fis plus encore :

Ce que ne croira pas l'incrédule avenir,

Si pourtant jusqu'à lui mon nom peut parvenir,

Dans une chaire auguste à l'Angleterre entière,

L'aveugle Sanderson expliqua la lumière.

Démontra des couleurs les rapports infinis

Et du savant Newton commenta les écrits.

A la persévérance il n'est rien qui résiste :

Quels que soient ses projets, quand le sage y persiste

Il n'est rien ici-bas dont il ne vienne à bout :

La constance et la foi sontmaîtresscs de tout.

LE VIEILLARD

C'en est fait, mon esprit n^ forme plus de doute ; Nos maux ne sont affreux qu'autant qu'on les redouta. . Vos discours éloquents viennent de me prouver Que le malheur n'est rien pour qui sait le braver, liclisaire lui dut le repos de sa vie, Sanderson la science et .Milton le génie. Ilclas ! puisse mon lils ne lui devoir pas moins !

LE SAGE

Attendez sans ennui les effets de mes soins.

(Unirait de symphonie sefait entendre , la flamme Je l'alcool biille sur l'autel d'une clarté plus pure ; Homère parait.)

Page 1