‹ Le Saguenay et le bassin du Lac Saint-Jean [microforme]Chapitre 3 sur 101 · PRES LE EI · texte numérisé non relu

PRES LE EI

a Dee qe me Queen

sc rendait jusqu’à deux cents milles au nord-onest du lac Saint-Jean, plus loin qu'aucun arpenteur moderne ne l’a fait encore, et dressait de toute cette région la carte la plus fidèle ot la plus détaillée que nous possédions encore aujourd’hui. De cette carte il n'existe, croyons-nous: qu’un seul exemplaire dans tout le pays ; nous la devons à M. P. L. Morin, qui en a fait une-copie, ainsi que du rapport qui l’accompagne, au bureau des Archives de lu marine française, Cette copie est conservée au département des Terres Publiques, sous la protection vigilante de M. Genest, l'auteur de la carte de la Nouvalle-France, Nous avons trouvé en elle, non seulernent uu guide sûr, mais encore, ce qui ne rnanque pas de prix, l'orthographe authentique et officielle des noms sauvages, noms qui ont été défigurés dans tous les écrits modernes de la manière là plus arbitraire et la plus capricieuse. Sur cette carte de Normandin on peut voir, à 189 milles au nord-ouest du lac, l'indication de l'établissement d’un M. Peltier qui se dresse inopinément au milieu de la solitude, et dont l’apparition fait naître toute espèce de suppositions fantastiques. Qu’était-ce que ce M. Peltier qui vivait ainsi seul dans ce lointain presque inaccessible, et quels desseins étranges y pouvait-il nourrir ? Etait-ce un coureur des boïs, un philosophe ou un ermite? Aucune tradition ne nous éclaire à ce sujet : contentons-nous d'admirer l’audace et le courage d’un homme qui pouvait vivre absolument seul dans un pareil exil, entouré de tous les dangers et capabie de les briver également tous.

Ce Saint.

mêmes nom g' ‘ Fern une Co!

Roi,” abrégé, ordonn:

23 mai

Norma ‘ nomm rivières Saguens Chicout les limit du tout contenai nance et

Quant par Norn voici que

“Nous “ Traite de Laurent, dé vis-à-vis 1 Pointe ou

————————————— 2 — ————— me de 26 0 6 ee

Ce qu'on appelle la région du Saguenay cet du Lac Saint-Jean n'avait pas autrefois le même nom ni les mêmes limites qu'aujourd'hui. On la désignait sous le nom général de “ Domaine du Roi,” faisant partie des ‘ Fermes Reéunies de France,

LE

et elle était concédée à une compagnie appelée la ‘“ Comnagnie des Postes du Roi” Le ‘ Domaine ”, pour nous servir d’un terme abrégé, fut arpenté en 1732, et ses limites fixées par une ordonnance de l’intendant Hocquart, portant la date du 23 mai 1733. L’arpentage fut fait par Joseph Laurent Normandin, dont il a été question ci-dessus, lequel fut ‘“ nommé cet désigné à l'effet de parcourir toutes les rivières et les lacs qui se déchargent dans la rivière Saguenay, en tirant vers l’ouest, depuis le poste de Chicoutimi jusqu’à la hauteur des terres, y marquer les limites par des fleurs-de-lys plaquées sur les arbres, et du tout dresser procès-verbal exact en forme de journal, contenant toutes observations portées en les dites ordon: nance et instruction.”

Quant à l’ordonnance qui, à la suite de l’arpentage fait

par Normandin, fixa les limites du territoire saguenayen;

voici quelle en était la teneur :

“Nous avons borné l'étendue du Domaine du roi, appelé la “ Traite de Tadoussac ”’, savoir par l1 côte nord du fleuve Saint- Laurent, depuis le bas de la seigneurie des Eboulements, qui est vis-à-vis la pointe nord-est de lIle-aux-Coudres, jusqu'à la Pointe ou Cap des Cormorans, faisant environ qnatrc-vingt-quinze

lieues de front avec l’Isle-aux-Œufs et autres isles, islets et battures y adjacentes ; du côté de l’ouest, par une ligne supposée tirée est et ouest, à commencer depuis le bas de la seigneurie des Eboulements jusqu’à la hauteur des terres où est le portage du lac Patitachekao, per la latitude de quarante-sent degrés, quinze minutes, auquel pe ge le dit sieur Normandin a plaqué quatre fleurs-de:lys sur quatre sapins épinettes, duquel lac Patitachekao la rivière de Métabetchouan prend sa source et se décharge dans le lac Saint-Jean, d’où elletombe :'1nsle Saguenay ; plus à l’ouest, par les lacs Spamoskoutin, Sagaigan et Kaouackounabiskat, à la hauteur des terres, par la latitude de quarante-serpt degrés, vingtsept minutes, où le dit sieur Normandin a aussi plaqué quatre fleurs-de-lys sur quatre sapins épinettes ; Le dit lac Kaouackounabiskat formant d’antres lacs et la rivière Ouiatchouan qui se décharge par le dit lac Saint-Jean dans le Saguenay, lesquels deux lacs feront la bornedes pays de chasse des profondeurs de Batiscan ; et courant encore à l’ouest, du côté des Trois-Rivières, dans la profondeur, par la hauteur des terres à deux lieues environ Gu petit Patitaouaganiche, par les quarante-huit degrés, dix-huit minuies de latitude, où le dit sieur Normandin a pareillement plaqué quatre fleurs-de-lys sur quatre sapins épinettes, lequel lac passe par le lac Askatiche, d'où il tombe daius la rivière de Nekoubau, où se rendent aussi les eaux du lac Nekoubau, tous lesquels lacs et rivières se rendent par le lac Saint-Jean dans le Saguenay, et feront la borne de séparation des terres du domaine avec le pays de chasse des Trois-Rivières et de la Rivière-du- Lièvre ; les dites bornes ci-dessus désignées suivant le journal du dit sieur Normandin, et la carte que nous avons fait dresser sur icelui, dont la minute reste et restera déposée en notre secrétariat, dans l'étendue desquelles borncs se trouvent renfermés les postes de Tadoussac, Malbaie, Bondésir, Papinachois, Islets de Jérémie et Pointe-des-Betsiamites, Checoutimy, Lac Saint-Jean, Nekoubau, Chomontchouane, Mistassins, et derrière les Mistassins jusqu’à la

Baie d’ conséq par le

laquell Kichet:

déchar

Rés: le lecte et en 66 Dom suivant infériet Cormor d’envir Eboule partent en gui Maurice à l'ex:

Cormor aussi loi Hudson qui fort d’indiqu

Ce ve 72,000 n plus hau

Baie d'Hudson, et au bas de la rivière le Domaine sera borné, en conséquence de notre dite ordonnance du douze du présent mois, par le Cap des Cormorans jusqu’à la hauteur des terres, dans laquelle étendue seront compris la rivière Moisic, le lac des Kichetigaux, le lac des Naskapis, et autree rivières et lacs qui s'y déchargent, etc. etc.’'

(Signé) Hocqauarr.

Résumons en quelques mots cette o:donnarice afin que le lecteur puisse en saisir rapidement les lignes principales et en avoir une idée d’ensemble ; disons donc que le ‘ Domaine du Roi” était renfermé dans les limites suivantes : sur la rive nord du fleuve, entre l'extrémité inférieure de la scigneurie des Eboulements jusqu’au cap Cormoran, plus bas que la rivière Moiïsic, bordure de côtes d'environ trois cents milles de longueur ; à l’ouest des Eboulements, par la ligne de la hauteur des terres, d’où partent les rivières qui se jettent dans le lac Saint-Jean, en suivant la ligne de division des eaux du Saint- Maurice, du lac Saint-Jean et de la rivière Batiscan ; à l’ex:émité est, enfin, uno ligne partant du cap Cormoran et embrassant toute la région située en arrière aussi loin que la ligne de division des eaux de la mer de Hudson, jusqu’à ce que cette ligne vînt rejoindre celle qui formait la frontière de l’ouest que nous vonons d'indiquer.

Ce vaste espace, qui ne comprenait pas moins de 72,000 milles en superficie, était affermé à la compagnie plus haut mentionnée, avec le privilége exclusif de com-

à mt

; 12 | LE SAGUENAY merce, de chasse et de pêche. C’était '\ du reste le mode le b: | universellement pratiqué à cette époque. Peu de temps “- “éênE | après la fondation des premiers établissements de la relat colonie, le gouvernement de France tirait le plus de parti cinq Il possible de ses vastes possessions de l’ Amérique du Nord la tr: i en lis affermant ou en les donnant À bail par larges | pays ' portions, sous la réserve d’un certain paiement annuel chase pour le privilége de la traite ou de la pêche ; et cela était seule vrai surtout pour le territoire du Saguenay, qui était arper réputé contenir les meiïlleurs endroits de chasse et de empll il pêche de toute l'Amérique Septentriouale. Le roi le | quatr : il donnait à ferme tout entier et faisait renouveler chaque Jean. ll bail au bout de vingt et un ans. Le premier de ces baux s’élev conférant le droit exclusif de commerce avec les Indiens | les jés et adjugé, après enchère publique, à un sieur Demaux, | rables remonte à l’année 1658. Mais les limites en dedans repris desquelles devait s'exercer ce privilége furent longtemps une source de difficultés, jusqu'à ce qu’enfin l'ordonnance D is de l’intendant Hocquart y eût mis un terme à la suite de domai | l'arpentage fuit en 1782. | nu | . J suiven JIT Islets —. Jean qi Après la cession du Canada à l'Angleterre le territoire ot les: AU du Saguenay continua à être affermé. Les fermicrs du | Domaine étaient intéressés à exclure les étrangers autant 1—L que possible et à tenir secrètes les ressources du pays, Pa st autant pour maintenir leur monopole que pour empêcher fourrure iln’ens

toute compétition chaque fois qu’il s’agissait de renouveler

ann ées

© © æ ww

le baïl. C’est pour cette raison qu’on fut si longtemps sans rien connaître, ou du moins fort peu ‘de chose, relativerr.ent au Saguenay. À l’exception de quatre ou cinq postes où la Compagnie de la Baie d'Hudson faisait la traite des pelleteries avec les sauvages, tout le reste du pays était le domaine de familles montagnaises dont la chasse ct la pêche enrichissaient la Compagnie. La seule terre en culture était un petit jardin et quelques arpents que l’on permettait quelquefois à de vieux employés de cultiver à leur profit- On comptait trois ou quatre colons de cette sorte établis autour du lac Saint- Jean. Cependant, au poste de Métabeichouane, qui s'élevait au débouché de la rivière de ce nom dans le lac, les jésuites avaient fait des défrichements assez considérables ; mais depuis qu'ils s’étaient retirés, la forêt avait repris son domaine et les champs de blé avaient disparu. !

Dans les limites ci-dessus indiquées de l’immense domaine affermé à la ‘ Compagnie des Postes du Roi ” se trouvaient les établissements de traite dont les noms suivent : Tadoussac, Malbaie, Bondésir, l’apinachois, Islets de Jérémie, Betsiamis, Chicoutimi, Lac Saint- Jean ou Métabetchouane, Nekoubau, Chomontchouane et les Mistassins. Plus tard y furent ajoutés les postes

1—Le poste de Métabetchonane n'existe plus. La Compagnie de la Baie d'Hudson n’est plus, du reste, que l’ombre de ce qu’elle était avant qu'elle eût perdu son monopole du commerce des fourrures. Les Indiens, également, ont presque tous disparu, et il n’en subsiste plus guère que 200 à 300, établis depuis quelques années aur la réserve de la Pointe-Bleue.

: Canada on retrouve la mention du Saguenay et la trace

lf de Naskapis, de Moisic et des Sept-Isles, dans le bas vérital ll Saint-Laurent. Vers 1880, le fermier des ‘ lostes du » entrep il | Roi ” était un M. McDonal, à qui son bail ne coûtait que nous e | ll douze cents louis par an. Il employeit quatre cent compo LL cinquante hommes Cans les postes et les pêcheries, et D En 16( À cinq cents Indiens à la poursuite des animaux à fourrures. de la : je | degré ll Les postes de Tadoussac, Bondésir, Islets de Jérémie, je d ( LU À À R : : e l Betsiamis, Papinachois et Mistassins étaient échelonnés Champ | sur la rive nord du Saint-Laurent, en partant de la rivière ee ne ji Saguenay et en descendant le fleuve, sur une longueur de la

? | d'environ trente lieues, tandis que ceux de Chomont- en s : ii chouane et de Nekoubau étaient à une grande distance 0 il | environ 1j x. au nord-ouest du lac Saint-Jean.

|! 17 et sont | | petits ce ll Nous avons dit plus haut que nos pères, qui vivaient et sont | ‘ sous la domination française, connaissaient mieux le Chacun l Saguenay qu’il ne fut connu dans la suite, durant la 1 longue période écoulée entre l'inauguration du régime ; Le B l anglais et l’année 1837, laquelle vit s'effectuer, pour ainsi Eu 3 ile | dire, la prise de possession du territoire saguenayen par traite de ji les premiers colons qui y aicnt tenté un établissement. Bergero | quelquef.

| "En effet, aussi loin qu’on remonte dans l'histoire du pour le t

des expéditions de nature diverse qui y furent faites. 1-LA ]} qui varini

mandementi de Roberval, partait, dès 1548, pour faire une cinquante.

| La première de toutes, préparée à Québec sous le com- au-dessous | | |

véritable exploration de ce pays ; mais le résultat de cette entreprise est resté un des secrets dutemps. Tout ce que nous en savons, c’est la perte de l’un des bâtiments qui composaient l’expédition, avec huit hommes du bord. En 1603, M. de Monts, ayant obtenu le privilége exclusif de la traite, depuis Terrencuve jusqu’au cinquantième degré de latitude nord, éguipa quatre vaisseaux dont l’un devait faire la traite à Tadoussac. IL les confia à Champlain, qui s'arrêta à ce dernier endroit et y trouva “ nombre de sauvages qui y étaient venus pour la traite de la pelleterie, plusieurs desquels vinrent à notre vaisseau avec leurs canots qui sont de huit à neuf pas de long et environ un pas et demi nuant par les deux bouts. Ils sont fort sujets à tourner si on ne les sai bien gouverner, et sont faits d’écorce de bouleau renforcée par dedans de petits cercles de.cèdre blanc, bien proprement arrangés, et sont si légers qu'un homme en ‘porte aisément: un. Chacun peut porter la pesanteur d’une pipe.” 1

Les Basques fréquentaient le port de Tadoussac dès 1608 ; ils y venaient à la poursuite de la baleine. ‘“ La traite des pelleterics &’y faisait sur un grand pied,” dit Bergeron, dans son Traité de Navigation ; ‘“ on a vu quelquefois jusqu’à vingt navires au port de Tadoussac pour le trafic.” Oce poste avait été choixi parce qu'il était

1—La pipe était une ancienne mesure de capacité française qui variait suivant les provinces ; mais jamais elle ne descendait

au-dessous da cent gallons, et en contenuit souvent plus de cent cinquante.

le port où s’arrêtaient les vaisseaux qui venaient de la . mer. “Il semblait donc destiné à un avenir florissant,”” dit la Relation de 1644.

Quelques années plus tard, en 1682, le Père Le Jeune y arrivait À son tour. Enfin, en 1636, le Père De Quen venait y commencer la série des missirns régulières qui se continuèrent sous la direction des jésuites jusqu’en 1782, après avoir exercé l’apostolat de viugt-trois religieux de cet ordre, dont le dernier fut le Père La Brosse, et ne se terminèrent qu’en 1863, après avoir été desservies successivement par quinze prêtres missionnaires.

Ces missions, qui s’étendaient au loin dans l'intérieur et sur le littoral du Saint-Laurent, furent fertiles en découvertes et mirent la colonie en relations constantes d'amitié avec les tribus qui parcouraicnt ces vastes espaces. Mais laissons là pour l’heure ces temps rectlés et arrivons aux temps modernes, à l’époque où le Saguenay, sortant d’une nuit prolongée, allait voir naître pour lui une ère de civilisation et le chasseur indien faire petit à pe it place d’abord au bûcheron, puis au colon devenu enfin le seul maître d’un domaine qui, pendant deux siècles et demi, avait été livré exclusivemeut au monopole eë au

. . ’ privilége.

Un peu après 1820,. M. Pascal Taché, qui avait fait la traite pendant vingt-deux ans, à la fin du siècle dernier,

- me ©. ….— ce. -- ee e-- Por - se: —, COMENT Eee =

SE ==£- ee. == 2, Fe =

+ ...—- me he - .

“TOLIAVI-LNIVS MT UNS HAÔdNL V'T A ALAHO

dans t niquer tions q révélat Pays qr traits Je en Àt que les du Sag Mistass très fort comprei disait-il, les rives lac Sain fondeur yadef croît da trembles à Chicou ño parni nains.” à la:

blée Lée eut lieu Crainent « s'était pe

voe d’un à

Que 0 @y — phe- de ntogggn gemmes à

Page 1