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Il n’y a guère plus d’une quarantaine d'années que furent faites les premières tentatives de navigation régulière sur le Saint-Maurice. A cette époque les canots et les barges chargés de fourrures avaient déjà cessé de descendre jusqu'à Trois-Rivières, et le comineree de bois, grâce aux travaux que venait de faire exécuter le gouvernement pour faciliter Île flottage des billots et autres
objets analogues, se substituait rapidement à celui des
pelleteries et imprimait un essor inconnu dans toute la
région.
Jusqu'en 1850, cctte région immense, comme du reste la presque totalité du nord du Saint-Laurent, à l'exception des campagnes qui le bordent jusqu’à une faible profondeur,
n'était guère connue que des chasseurs et des animaux à
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voyageu pendant deux ans entre les Piles et la Tuque,
Ce bateau avait la forme d'un chaland de cent pieds de long surenviron quinze de large ; il était à fond plat et ne tirait que 18 à 20 pouces d’eau ; il était mû par une roue à aubes fixée à l'arrière de l’embarcation sur toute sa largeur. C'était précisément la forme qui convenait à la profondeur de ja riviere, aux eaux basses, alors que le courant forme en ecrtains endroits des battures mouvantes qui, tantôt dans un lieu et tantôt dans un autre, élèvent des obstacles inattendus. Quand il arrivait au chaland de toucher un de ces obstacles invisibles au pilote, on pouvait en un tour de main le tirer de ce mauvais pas et chercher un autre passage. En outre, dans les rapides et les remous, le fond large et plat du bateau lui permettait d'éviter les contre-coups de courant, auxquels il donnait peu de prise ; c'était enfin le véritable type de bateau tel qu’il convient à la navigation sur le Saint-Maurice ; aussi accomplit-il pendant près de trois ans un service régulier, très facile et surtout très profitable à l’industrie Éne et aux divers postes qui se trouvaient sur sa route. Il ne prenait guère plus de douze heures pour remonter le
courant des Piles à La Tuque, et six heures lui suffisaient
pour le descendre, suivant la hauteur et la violence des
eaux.
Sous le souflle nouveau répandu par l'esprit d'entreprise la physionomie du Saint-Maurice commençait à s'animer ; des améliorations se produisaient partout et les postes ct groupes échelonnés sur la rive prenaient de plus en plus d'extension, lorsque, malheureusement, la mort de M, Phillips, l'âme de la compagnie, donna subitement un coup funeste aux opérations qu'il avait si bien commencées, et l'abandon du service de bateaux sur la rivière en fut la conséquence, Force fut alors de revenir à l'usage des eanots d’écorce et des chalands conduitsh Ia perche, deux hommes se tenant À l'avant, quand on remonte la rivitre, ou de barges à fond plat, étroit, quand on la descend, en
se servant de l’aviron.
En 1879, le gouvernement provincial tenta un nouvel essai pour établir la navigation à vapeur entre les Piles et la Tuque, et prolonger amsien été la voie commerciule ouverte par la construction du chemin de fer des Piles cette ligne de bateaux à vapeur ayant toujours été considérée comme partie intégrante de la ligne du ehemin de
fer, et la tête de ce chemin devant être à La Tuque,
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Mais, faute de renseignements complets sur la profondeur du chenal et les obstacles qu'y fait surgir inopinément l’action des sables mouvants entraînés par le courant, cette tentative ne fut pas heureuse. Le bateau à vapeur La Gulissonnière, construit À grands frais, ayant la forme et l’apparcil d’un puissant remorqueur, avec hélice et fort tirant d’eau, put avee difficulté s'échapper de son mouillage et alla s’échouer à une petite distance de Ia. Plus tard, on le dépouilla de ses machines ; on coupa ses câbles et on l’abandonna à la rivière qui lemporta, en tourbillonnant, dans la chute des Piles où il fut réduit à sa plus
simple expression.
À partir de ce jour aucune tentative nouvelle ne fut fuite, pendant une douzaine d'années, pour établir un service de bateaux à vapeur surle Saint-Maurice, jusqu'à ce que M. John Ritchie, un citoyen des Piles qui a payé vingt fois de sa bourse et de sa personne pour favoriser toutes les entreprises utiles, eût eu l’idée d'inaugurer, il v a deux ans, une nouvelle ligne de batelets, des Piles
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à la Tuque, ces batelets ayant encore plus pour objet de servir les colons et les progrès de la colonisation que l'industrie forestière proprement dite, quoiqu'ils remplissent parfaitement ces deux fins, qu'ils soient d’un avantage jucaleulable pour Et p pulation des deux rives et un instrument désormais indispensable de ses progres et de
ses communications avec le reste du monde.
EXELOITATION FORESTIERE
Ïl faut remonter jusqu'à 1825 pour tronver trace des premiers règlements introduits pour Ja division en sections du territoire du Saint-Maurice et pour la coupe du bois, d’après un système régulier, Mais comme il ny avait eu jusque là que des arpentages approximatifs, conduits indépendamment de li science, et que le pays n'était que très imparfaitement connu, ces divisions mn
RER purent être établies avec précision ni avec méthode.
Néanmoins, c'est sous l'empire de ce régime que le
. \ » + commerce de bois commença à prendre un véritable essor. M. George Baptist, le fondateur des compagnies devenues célèbres de Geo. Baptist & fils, et d’Alexander Baptist,
construisit, à l’endroit appelé % Les Grès,” la première
scier.e importante qui ait été élevée sur le Saint-Maurice.
Le rapide des Grès n’est qu’à une quinzaine de milles de Trois-Rivières, et, cependant, toute la contrée environnante était encore alors absolument sauvage. M. Baptist dut se frayer une route, en abattant les arbres de la forîût, jusqu'à l’endroit où il érigea son établissement, autour duquel ne tarda pas à se former un village considérable. Depuis, la scierie est tombée en ruines, mais la colonisation n’a pas cessé d'avancer toujours, ct, aujourd’hui, elle à dépassé de bien des milles cette ancienne limite, de même que le commerce de bois, qui est devenu une immense exploitation, du jour où le gouvernement a fait faire les
travaux nécessaires pour effectuer le flottage des pièces.
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C’est en 1852 que ces travaux ont été commencés, Le gouvernement entreprit alors tue exploration complète du territoire ; il fit exécuter une division méthodique des concessions forestières, ot des règlements précis Son la coupe du bois furent établis, L'année suivante, on commença vigoureusement les améliori ons qu'exigeait la descente des pièces ju l'embouchure de la bre: Environ 200,009 dollars fuient dépens à la construction de glissoires, d’estacides et autres ouvrages protecteurs aux chutes des Grès, de Shawenegane, de Grand'Mère de La Tuque..., Chaque année successive vit ces ae liorations se continuer ets’étendre jusqu'aux afuents du Saint-Maurice et à son embouchure, et lPélan imprimé fut tel qu'un bon nombre de scieries étaient nette aux environs de Trois-Rivières dès l’année 1852; une COR DOBTIE américaine, entre autres, érigeait, près de la ville même, un immense établissement, et, en moins de dix années, le capital consacré à l’industrie oi dépassait un million de dollars, En 1867, la maison Baptist élevait une autre scierie sur une des îles À on
bouchure du Saint-Maurice et devenait bientôt le plus
grand propriétaire de concessions de tout ce territoire. !
RE
1—La ire exploration qui eut leu pour reconnaître scientifiqu Hd HÉDIOUS : : . RER ment les régions du St-Maurice et de l'Outaouais est celle d'I “ en 1880, EU
| Cette exploration était divisée en deux partis : l'un, le parti St-Maurice,devait partirde Trois-Rivières et remonter ne jusqu'au poste de Wemontachingue, au 4$e dégré, de à ss a à l’ouest jusqu'au lac des Kables, sur Ina Lièvre, Due de ns ; ù sconuire