ROUTE DE BISKRA A GARDAIA
ROUTE DE B1SKRA A GARDAIA.
DIRECTION GÉNÉRALE DE l’eST AU SUD-OUEST.
lieues.
1er jour, en passant par Oumach, à un puits situé sur la
rive sud de l’Oued Djedi .
2e . . . au puits de El K'sar, sur l’Oued [tel (ruines romaines) . .
3e ... à l’Oued Zeboudj .
4e . . . au pied d’un mamelon appelé Aza ou A’mer, sur
l’Oued Berer'em .
oe . . . auprès du marais GueraretOkherzman, sur l’Oued
Zeguerir .
6e . . . au marais Gueraret Fat'ma .
7e ... en traversant le marais Et T'îr, au marais de
Stata .
8e ... à Ban Loeh' . .
9e ... à Gardaïa
Total
ROUTE
DE TOUGOURT A OUARGLA
DIRECTION SlID-OUEST.
De Tou go u rt à Ouargla on marche constamment dans une plaine de sables où Ton ne trouve de végétation qu’autour des villes et des villages.
lieues.
1er jour de Tougourt à Blidet A’mer , en passant par le
k'sar de Sidi Bou Djenan et la ville de Temacin. 14
BOU-DJENAN.
A une lieue sud de Tougourt, dont il dépend, est un village de soixante à quatre-vingts maisons mal construites, au centre desquelles est une mosquée que rien ne distingue. Les jardins qui F entourent sont plantés de dattiers et arrosés par une source ; ce village n’est remarquable que par le tombeau d’un marabout célèbre, tombeau qui a le droit d’asile, et dans lequel les malfaiteurs, comme dans nos églises au moyen âge, trouvent un refuge inviolable , en attendant que leurs parents ou leurs amis les aient réconciliés, à prix d’argent ou autrement, avec la partie intéressée. Les flots
DE TOUGOURT A OUARGLA
de sables, incessamment roules parles vents du sud, s'amoncellent autour de Bou Djenan et menacent de l’engloutir, comme presque tous les k'sour du désert qui ne sont pas protégés par une muraille d’enceinte.
TEMACIN.
Temacin est une petite ville de quatre ou cinq cents maisons, située à sept ou huit lieues sud-ouest de Tougourt , entourée d'une muraille crénelée et d’un fossé que les pluies de l’hiver remplissent d’eau, mais que les chaleurs de l’été dessèchent.
Temacin a six mosquées, dont deux avec de hauts minarets; elle renferme aussi des tfolba, des écoles, etc. Son marabout' le plus vénéré se nomme El H'adj A’ii ; il habite, auprès de la mosquée nommée Djema' A’ïn el Bellouta, une très-belle maison ornée de marbre et de carreaux de faïence tirés de Tunis.
Beaucoup moins puissante que Tougourt, Temacin vit cependant indépendante et s’est faite la rivale de sa voisine. Comme Tougourt, elle est entourée de jardins plantés de dattiers nombreux et arrosés de sources abondantes, d’où ses habitants, comme ceux de l'Oued Rîr’, ont pris le nom de Rouar'a. Jalouse de voiries tribus nomades affluer, pendant l'hiver, dans la circonscription de Tougourt , Temacin cherche, par tous les moyens possibles, en baissant, par exemple, le
TEMACIN.
prix des dattes , à les attirer chez elle; de là querelle et guerre presque constante , et si les Rouar'a du sud sont, par le nombre, inférieurs aux Rouar'a du nord, ils ont pour eux d’être plus guerriers et plus adroits au métier des armes. Deux tribus arabes, toujours campées sous les murs de Temacin , les Sa’ïd Ouled A’mer et les Ouled Seialé, sont d’ailleurs ses alliées et la soutiennent activement. Elle a pour elle encore plusieurs villages de la circonscription de Souf; tels sont :
El Oued.
Guemar.
El Beh'ima.
Debila.
Cependant , comme Tougourt est le grand centre où viennent aboutir toutes les relations commerciales de cette partie du Sahara , l’entrepôt général de toutes les marchandises dont les habitants de Temacin eux-mêmes ont besoin et dont ils ne peuvent s’approvisionner que là , si Tougourt leur ferme les marchés, ils se trouvent forcés, bon gré mal gré , à demander un accommodement. Quelques milliers de boudjous et deux chevaux de soumission en font ordinairement les frais ; à ce prix les gens de Temacin rentrent en grâce, jusqu’à ce qu’un nouveau sujet de querelle vienne leur donner occasion de rompre le traité. En temps de paix Temacin paie annuellement mille boudjous pour avoir le droit de vendre et d’acheter sur les marchés de sa suzeraine ; çet impôt s’appelle léak' el soulv (droit du marché).
DE TOUGOURT A OUARGLA
Les habitants de Temacin sont tous de sang mêlé , à l'exception de deux familles qui probablement ne s'allient qu'entre elles.
Temacin, comme Tougourt, accueille les juifs voyageurs qui y viennent, à certaines époques, exercer leur industrie d' orfèvres, cardeurs de laine, courtiers, etc.; mais ils n'y sont jamais qu'en passage; la saison des fièvres les effraie et les chasse périodiquement. Deux familles juives y sont pourtant sédentaires.
L’industrie de la ville se borne à l’exercice des métiers de première nécessité, ceux de menuisiers, forgerons, tailleurs, armuriers, etc. La langue qu'on y parle s'appelle le rifia et semble avoir beaucoup de rapport avec le mzabïa , car les Mzabites et les Rouar'a se comprennent , ou à peu près.
Des pierres immenses , dont beaucoup sont taillées avec art , se retrouvent dans les constructions de Temacin ou gisent dans les sables. Sont-ce là des ruines romaines? 11 est remarquable qu'on ne trouve point de carrière aux environs; par conséquent, romaines ou non , ces pierres ont été apportées.
Les cimetières sont en dehors de la ville ; et, comme à Tougourt, les tombes des riches y sont distinguées parle soin particulier avec lequel elles sont faites, et par un œuf d'autruche qui leur sert d'ornement.
Pour dernier point de comparaison avec Tougourt , Temacin obéit maintenant à une femme qui s'appelle Lella Chouicha, et qui prend le titre de chouïkha (la