‹ Le SaharaChapitre 173 sur 346 · Panet, Revu$ colon,, 1850, H · texte numérisé non relu

Panet, Revu$ colon,, 1850, H

3. P. ex. au Touàt, à Aoudjila. (Rohlfs, Reise dureh MarokkOf p. 164, Von Trip., II, 57.)

i. Nachtigal, I, 7i, 90. — A mat, Le Mzab, p. 95. etc.

5. Denham, trad., I, lil. — Rohlis, Reise durch Nord-Afrika, art. cité, p. S4.

6. On trouve même Tàne sauvage dans l'Ahaggar (Flatters, J. de route, p. 58).

sont très rares dans les oasis », et Ton peut voyager des semaines entières sans en apercevoir un seul. L'alouette ne dépasse guère les dunes de la lisière > ; seules, quelques bètes de proie écument l'intérieur du désert, et des bandes d'oiseaux pèlerins, oies ou canards sauvages, viennent s'abattre de loin en loin sur les sebkhas solitaires et se reposer de leur long vol •. La faune muette des reptiles est celle qui est le mieux représentée au désert.

La nature particulière du climat a donc exclu du Sahara la plupart des êtres qui vivent dans les régions voisines.

Ceux qui restent ont dû adapter leur organisme à ce milieu spécial. Recrutés parmi les espèces les plus diverses, ils ont pris un air de famille dans cette commune accommodation au désert : ils ont modifié dans le même sens, sous Fexcitation du climat, les organes servant à la conservation de l'espèce. Ils forment ainsi une flore et une faune étranges d'aspect, étranges d'allures, et qui méritent d'être mises à part sous ce nom de désertiques qu'on leur a donné.

ADAPTATION DE l'oRGANISME VÉGÉTAL AU DÉSERT

Au Sahara, la vie des plantes se règle non sur la succès sion du froid et de la chaleur, mais sur l'inégale et toujours précaire distribution de l'eau. Aussi ne connaissent-elles que deux saisons : courte période de végétation lorsque le sol est humide» longue période de repos pendant la sécheresse. Toute leur existence se résume dans l'alternance irrégulière de ces deux périodes, toute leur organisation tend à ce double but : utiliser l'une, résister à Pautre.

Certaines plantes déjouent la sécheresse par la rapidité

i. On ne voit au Tou&t que le moineau et Thirondelle (Rohlfs, Relie durch Marokko, p. 464).

2. On la trouve au Djérid et dans les dunes dlgnidi (Doûmet-Âdanson, otnr. cité, p. 61. — Lenz, Timh., Il, p. 58).

S. Rohlfs, Kufra, p. 268, etc.

de leur croissance : ce sont les éphémères. Bien des voyageurs ont vu, au désert, après une pluie, des espaces nus la veille se couvrir déjeunes plantes verdissantes. Elles sont tendres et fragiles, n'ont presque pas de racines, aucune défense contre le soleil ; mais en quelques semaines, elles auront grandi, fleuri, porté des fruits. Lorsqu'au bout de ces quelques semaines, les dernières traces de la pluie tombée se seront évanouies dans le sol, les éphémères mourront, et le désert reprendra sa teinte jaunâtre et terreuse: mais elles auront terminé le cycle de leur existence, elles laisseront leurs graines, qui germeront à leur tour.

Les plan tes persistantes sont armées contre la sécheresse. Leur grand ennemi est la transpiration, cette évaporation des tissus végétaux que l'air sec et chaud, le soleil ardent du désert rendent excessive, et qui devient mortelle si la plante ne trouve plus assez d'eau pour y faire face. C'est ici que se révèle la plasticité de l'organisme végétal. L'évaporation est réduite au minimum pendant la sécheresse, par une série de modifications de forme et de structure.

Une des plus fréquentes est la réduction de la surface. Les feuilles tombent dès le début de la sécheresse, ou bien elles restent très petites, ou elles sont remplacées en tout ou en partie par une armure d'épines impénétrables à l'air. Les touffes épineuses à petites feuilles ou sans feuilles tiennent la première place dans la végétation des déserts *. Uagol ou akoul{AlhagiMaurorumD. C.)s buisson aux feuilles microscopiques et aux formidables épines droites comme des lances , lesidr ou jujubier sauvage', dont les toufles rondes, héris-

i. Die meitten Pflanzen starren von Dornen (E. von Bary, art. cité, 1878, p. 35i). M. Lothelier a démontré expérimentalement Tinfluence de Tair sec sur le dévelop|)ement des piquants. (Bullet. Soc, Botan,, 1890, t. XXXVH, p. 177-8.)

2. Signalé un peu partout de la Perse à Ghadàmés et au Tibesti (Duveyrier, p. 103. — Quer dureh Afr,, I. 7i. — Nacht., I, 241, etc.).

3. Zizyphui lotu$ L. se trouve également en Tunisie et au Sahara occid. (V. Baraban, ouv. cité, p. 31. — Bissuel, p. 60. — Barth, I, 100, etc.').

sées de dards, se rencontrent du Bortiou à la Palestine, le domràn (Traganum nadalum), le gueldf {Atrtplex halimus) cl quelques autres broussailles épineuses font pour ainsi dire partie intégrante des paysages sahariens. Parmi les arbres, le retem, ce grand genêt épineux qu'on rencontre partout au

Agol ou Akoul.

Sahara jusqu'au Niger', ressemble ù un gigantesque balai par sa touiïe de branches minces et nues. Le lamarix ethel [Tamarix articulala Vahl), — l'arbre le plus vigoureux du Sahara*, — ne possède enguisode feuilles que des pointes minuscules aux interstices de ses branches. Le talka, le

Page 1