El, celles des Ariitida
prennent une position plus ou moins voisine de la verticale; ou bien les branches se rapprochent comme pour se protéger les unes les autres : de là cet aspect de touffes rondes que tant de végétaux présentent au désert. Mais c'est surtout dans la structure interne que l'accommodation au désert se révèle.
Presque toutes les plantes sahariennes sont remarquables par la rapidité de la transformation ligneuse. Ce n est que pendant la période humide qu'on trouve chez elles du bois tendre. Alors les vieux troncs se hérissent de pousses, les feuilles se gonflent et deviennent d'un vert intense, il se fait dans la plante un travail d'assimilation énergique. Mais dès que Feau se fait rare dans le sol, la croissance s'arrête, la plante se transforme. Au bout de quelques semaines, les feuilles sont tombées ou devenues grises et ternes, les nouvelles pousses d'acacias, de tamarix, de retem sont enveloppées d'une couche de bois sec et dur. Une branche de talha, vieille d'un an à peine, possède déjà une massive cuirasse d'écorce. Les granriinées même sont d'ordinaire des chaumes robustes, moins herbes que broussailles, et défendus par la rigidité de leur tige presque dénuée de sève. Le drine {Arisiida pwigens) * est le type de ces herbes du désert, les plus grossières du monde, que la sécheresse réduit souvent à l'état de copeaux blanchâtres, et qui sont néanmoins capables de reverdir.
C'est dans les feuilles surtout, — ce point faible des plantes désertiques, — que sont accumulés les appareils de défense. Les unes sont raides, dures, luisantes, recouvertes d'un vernis mauvais conducteur de la chaleur. C'est le cas de ïachour (Calotropis procera), plante des savanes soudanaises, qui étale jusqu'à la Tripolitaine et aux oasis égyptiennes ses grandes feuilles parcheminées et bleuâtres **
1. « Plante qui couvre le plus d'espace dans le Sahara au nord du pays tou- Areg » (Duveyrier, p. 20i). — Signalée à Farafrah (DreiMonate, p. 71), dans l'Adrar Ahenet (Bissuel, p. 64), etc.
± Barth, I, 280. — Duv.. p. 480. — Ascherson, Drei Monale, p, 5138.
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Chez d'autres, Tépiderme plus mince est couvert de poils. La nombreuse famille des armoises a des feuilles ainsi revêtues d'un feutre de fils enchevêtrés qui les protège contre le soleil. Quelquefois les cellules épidermiques sécrètent en même temps une huile volatile, qui imprègne leç poils et enveloppe la plante d'une vapeur mauvaise conductrice de la chaleur *. En été, il suffit de s'approcher d'une touffe de chih {Artemisia herba alba), cette herbe qui croît presque seule sur les plateaux du Mzab, pour sentir l'odeur aromatique qui s'en dégage. Ou bien encore les cellules épidermiques se remplissent de mucilage, aussi rebelle à l'évaporation qu'une couche de gélatine. Tout l'épiderme de V Acacia tortilis est défendu de la sorte '.
Les stomates, ces organes respiratoires de la plante, sont particulièrement protégés. Tantôt ils ne se trouvent placés que sur le revers des feuilles ' ; tantôt les cellules stomatiques sont abritées dans de petites cavités de l'épiderme, — c'est le cas du hâd, — ou dans des rainures garnies de poils {retem^ aristida) *. Enfin, s'il faut en croire un naturaliste qui est allé étudier ces fonctions dans le désert arabique, certaines plantes recourent, comme suprême ressource, à l'occlusion complète des stomates pendant la sécheresse. M. Volkens a vu chez des Ephedra les cavités des stomates remplies d'un bouchon de résine qui empêchait l'accès de l'air, a L'assimilation est alors réduite au minimum, toute croissance est interrompue, mais l'évaporation par les stomates est supprimée pour ainsi dire \ »
La sève même devient plus rebelle à l'évaporation, en se chargeant des sels de soude et de magnésie si communs
4. Volkens, Die Flora der àgypiisch-arabischen Wûile, Berlin, 1887, 4», p. 46.