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CHAPITRE XII

l'homme. LES RACES DU SAHARA

Ancienneté de Phomme saharien. — Absence de renseignements sur les races qui habitaient le désert dans l'antiquité. — Les Berbères, leur répartition actuelle.

Théorie de l'existence d'une race noire aborigène au Sahara. — Arguments invoqués : constructions antiques et sculptures rupcstres. — La tradition des Ber&ouna et les traces de domination nègre au Fezzàn. — Les textes anciens : les Éthiopiens Daratites. Sens du mot éthiopien. — Le type garamantiqiie et le teint foncé de certaines populations sahariennes.

Le teint n'est pas le signe indélébile qui distingue les races. — Importation des nègres au Sahara. — Grands mouvements de peuples et morcellement des races dans le désert. — Impossibilité de reconnedtre une race dans la population des oasis situées sur les grandes routes du désert.

Les Tôda, race non encore déterminée.

Le Sahara, le plus grand de tous les déserts, n'est pas le plus maltraité de ces disgraciés de la nature. Il a sa population, son histoire. Des hommes se sont établis dans ses maigres pâturages, dans les montagnes qui rompent la monotonie de sa surface, dans les dépressions remplies de palmes vertes : ils s'y sont associés, battus, entretués, et même un peu civilisés. De quelle race sont-ils? Quels peuples se sont fixés sur ce sol ingrat?

Un fait est certain : le Sahara est habité de temps immémorial. Des silex taillés de main d'homme, haches, pointes de flèches et de lances, mêlés de fragments de poteries grossières, s'y trouvent par milliers dans les endroits les plus divers. Parmi ces pierres, beaucoup sont profondé-

ment usées par le sable, ce qui les suppose âgées d'un grand nombre de siècles *; bien avant le commencement de toute hisloire, il y a donc eu des peuples sahariens. Mais qu'étaient ces peuples primitifs? Peut-on reconnaître leurs descendants dans Tune ou Tautre des peuplades actuelles?

C'a été l'ambition de bien des explorateurs, de retrouver les autochthonesdu Grand Désert. Pourtant, jamais recherche ne fut plus aventureuse. Les points de repère dans l'antiquité, les textes ethnographiques, nous manquent. Hérodote, d'ordinaire si prodigue de détails, déclare que les Libyens et les Éthiopiens sont autochthones ', mais nous ne savons pas au juste ce qu'il entend par Libyens. Le même historien, et tous les anciens à sa suite, énumèrent force noms de peuples qui habitent le désert, mais leur langage, leur teint, . leur taille, leurs cheveux, tous ces signes physiques auxquels on distingue les races, ont été dans l'antiquité choses de mince importance, qui ont passé à peu près inaperçues. Diodore distingue bien des Phéniciens de la côte les masses rurales des Libyens et les nomades^ ^ mais il ne dit pas ce que sont ces nomades. Salluste sépare en deux races distinctes les Libyens et les Gétules * , mais quand on cherche en quoi ces deux races diffèrent, on ne trouve rien. Strabon du reste fond les Gétules dans l'ensemble des Libyens *. Partout, même disette de renseignements, même absence de précision dans les peintures. Nous ne savons pas de quelle couleur étaient les Garamantes, comment étaient faits le Gétule et ÏJithiops de Tépoque romaine, le Maurusim et le barbare des historiens du Bas-Empire. Même les classi- Ccations de peuples plus connus. Numides et Maures par exemple, sont « territoriales plutôt qu'ethnographi-

1. Weisgerber, Note sur quelques monuments archéologiques, etc., p. 422 et suiv.

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