Ausserordentlich beharrlich [Phys. Erdkunde, II, p
Tout cela n'en est pas moins une simple hypothèse. Voyons si elle s'accorde avec ce qu'on sait de la direction des vents au désert.
Il n'y a pas, bien entendu, au Sahara de stations météorologiques régulières. Ou plutôt il n'y ena qu'une, Ghardaïa, par 32° 35' de latitude, et encore elle ne fonctionne que depuis 1888. Mais divers voyageurs nous ont laissé des listes d'observations très complètes, qui sans avoir de valeur absolue — le lieu de l'observation variant sans cesse — n'en fournissent pas moins des indications précieuses. Suivant l'exemple de M. llann, qui a utilisé les notes prises par M. Rohlfs entre Tripoli et Koufra *, et celui de M. Jordan, qui à employé de même celles de la mission du désert libyque ', nous avons tiré des différents journaux de voyage des moyennes pour la direction de vents. Des renseignements plus précieux encore, car ils comprennent une période de plusieurs mois, ont été fournis par des voyageurs qui ont séjourné à Mourzouk et àGhadàmès. On possède enfin, pour contrôler ces résultats, les chiffres de plusieurs stations situées à l'entour du désert : Le Caire, Alexandrie, Tripoli, Gabès, Biskra, Laghouat, le Cap Juby, Saint-Louis du Sénégal, Kouka et Khartoum.
Pour plus de clarté, nous avons groupé les résultats par régions : 1** le désert libyque; 2® le Sahara tripolitain et le Fezzàn ; 3® le Sahara algérien ; 4° le Sahara méridional ; o® le Sahara occidental, dont on sait fort peu de chose. De plus, nous avons distingué, comme on fait d'ordinaire, la période d'été de la période d'hiver.
PÉRIODE d'hiver (oCTOBRE-MARS)
1** Désert libyque. Deux séries d'observations : Cailliaud (1819-20) et la mission Rohlfs (1873-74) ont opéré en hiver
i. RetulUiteder tneUorologischen Beobachtungen ^Rohlfs,K'M/j'a, p.o53et suiv.; . 2. Phytitclie Géographie derWnjschen Wûste^ p. 147.
dans la région des oasis égyptiennes. La mission Rohlfs a rapporté un registre complet de notes prises trois fois par jour sur le parcours compris entre le Nil, Farafrah, Dakhel, Siouah et les grandes dunes à Touest de Dakhel *. Du 2i décembre 1873, jour où l'expédition quitta la vallée du Nil, au 31 mars 1874, jour de son arrivée à Esneh, les observations se résument de la façon suivante :
FRÉQUENCE DES VENTS AU DÉSERT LIBYQUE (dÉC. 1873-MARS 1874)
PROPORTION POUR iOO* N NE E SE S SW W NW Calmes
19 3 2 6 2 3 12 22 3l Résultat : Calmes dominants. Vents variables : aucun ne réunit le quart des observations. Vents* de nord-ouest les plus fréquents.
Si on retranche les observations du mois de mars, période de transition, le type de l'hiver ressort encore davantage :
MEME PERIODE, MOINS LE MOLS DE MARS N NE E SE s SW W NVV Calmes
Frédéric Cailliaud, le grand voyageur qui a étudié à nouveau les cinq oasis égyptiennes au début de ce siècle, a été aussi un des observateurs les plus consciencieux de son temps. Il ne lui a pas suffi de prendre des mesures astronomiques et barométriques dont l'exactitude a été admirée plus tard; il a noté, — chose absolument rare à cette époque, — deux fois par jour la température et la direction du vent. Ses observations peuvent donc servir à contrôler les résultats précédents.