LES PLUIES EN DEHORS DES MONTAGNES
De temps à autre, à des moments que nul ne peut prévoir, quelques pluies tombent aussi dans les plaines sahariennes. Dans le sud du désert, ce sont les dernières condensations de la mousson. Les vents du sud, qui soufflent à cette époque, apportent dans le Sahara un air très chargé d'humidité. L'hygromètredeSaussure, qui marqued'ordinairc 'iO^àiO"^ au Borkou, se tient alors au-dessus de 50° et monte souvent à 80*' ; « on se croirait, dit Nachtigal, dans un bain do
1. Loew, Lnt. WheeUr's ExpedUioUy Mitlh., 1874, p. 407; i875, p. 433; 1876, p. 3Hi el suiv. — Déport upon U. S. Geogr. Surveys in charge 01" First Lnt. Wheeler, Vï, Bolany, Washington, 1878, p. 22, etc.
2. Forêts du Nouveau-Mexique : 4 millions d'acres sur 77 de surface totale; Forêts de FArizona : 4 millions d'acres sur 73 de surface totale ^f6id., p. 33). 3. Pinart, Voyage en Sonora. (Bull. S. G., 1880, II, 194 et suiv.)
vapeur . Toute celte humidité reste généralement invisible, vaporisée par la chaleur intense ; mais que cette masse d'air dilatée vienne à s'élever et se trouve en contact avec l'air froid des régions supérieures *, des nuages se forment, un orage éclate, et les vapeurs pourront par exception se condenser sur la plaine. C'est à une averse de ce genre que M. Rohlfs, égaré par son guide, a du de ne pas mourir do soif dans le nord du Kanem '. Pareilles pluies d'orage ont élé observées en juin par Barth à Agadem et à Bilma, par le U** Lenz à Arâouan, au nord de Timbouctou *. Elles vont tomber quelquefois plus loin encore, jusque dans le Fezzân méridional % et M. Rohlfs a aperçu pendant son séjour à Koufra, les éclairs d'un orage tropical à l'horizon du Sud^
Dans le Sahara septentrional jusqu'au parallèle de Mourzouk, il n'y a pas de pluies d'été; les rares averses tombent entre octobre et avril et semblent dues aux mêmes causes que les pluies de la Méditerranée. On sait que les six mois froids de l'année sont dans la Méditerranée l'époque des tempêtes. On y observe alors de nombreux minima barométriques accompagnés de cyclones qui laissent tomber des pluies. La trajectoire ordinaire de ces dépressions ne fait qu'effleurer l'Afrique; parfois, cependant, elles traversent le continent, et ce sont elles qui paraissent être la cause de la plupart des pluies d'hiver au Sahara septentrional. La grande averse qui est tombée les 2 et 3 février 1874 dans le désert libyque a été précédée d'une violente tempête avec saute de vent du sud-ouest au nord-ouest. Un cyclone, dont le centre était plus au nord, avait donc passé d'ouest
i. Nachligal, ouv. cit.. H, p. 135.
2. Die Wolken werdon durch den in der Hôhe herrschenden O.stwind geslaut {Ibid., II, p. 458).