‹ Le Saint-Graal; ou, Le Joseph d'Arimathie; première branche des romans de la Table ronde (volume 2)Chapitre 6 sur 57 · AVBC LES N"' DE RENVOI AUX PAGES DU ROMAN · texte numérisé non relu

AVBC LES N"' DE RENVOI AUX PAGES DU ROMAN

L'auteur, après avoir salué son lecteur, déclare qu'il ne fera pas connaître son nom pour trois motifs (page 4); mais il dira comment l'histoire du saint Graal lui fut commandée et baillée, et à quelle époque. Sept cent dix-sept ans après la Passion de Jésus-Christ, l'auteur, qui reposait dans une chaumière, au milieu du pays le plus sauvage de la blanche Bretagne (6), la nuit du jeudi au vendredi saint, s'entendit appeler par son nom, et vit devant lui un homme d'une beauté surprenante qui lui promit de dissiper tous les doutes qu'il avait conçus touchant le dogme de la sainte Trinité, et lui remit un livre précieux entre tous, qui devait lui procurer toutes les joies et tous les avantages désirables (11); à peine avait- il fini de parler qu'une voix éclatante retentit et qu'une vive clarté illumina les alentours.

L'auteur tomba à terre comme pâmé, et n'était le livre qu'il tenait à la main, il se serait cru sous Tempire d'un songe. Dès qu'il fut revenu à lui, il ouvrit le livre qui l'intéressa au plus haut point ; il le lut longuement ; il y voyait la vie de ses ancêtres, leurs belles actions ; enfin il arriva à un titre qui portait : Ici commence le livre du saint Graal (13). Il abordait le chapitre intitulé : Ici commencent les Mer-

veilleSy lorsqu'un rayon de feu ardent darda du ciel et Téblouit au point qu'il tomba à terre tout pâmé (14). Lorsqu'il revint à lui, il faisait une nuit obscure qui se dissipa petit à petit, puis une odeur balsamique se répandit partout et Ton entendit un chant merveilleux accompagné d'instruments variés (15). « Tout cela semblait être si près de moi que je croyais, dit-il, pouvoir toucher les êtres de qui ces chants émanaient; puis c'était un bruit qui ressemblait à des sonnettes. »

« Sept fois le même chant et le même bruit retentirent ; à la huitième fois (16), ils cessèrent comme si tout était tombé en abîme. »

« Je me mis alors à réfléchir à ces merveilles, lorsqu'une voix d'en haut me dit : « Lève-toi et va rendre à Dieu ce que tu lui dois (17). » Après m'être levé, je serrai en lieu sûr le précieux petit livre, puis je dis mes heures et je commençai le service si doux et si émouvant de la mort de Notre-Seigneur. J'en étais au moment où le prêtre fait trois parties de l'hostie (18], et je me disposais à recevoir mon Sauveur, quand un ange descendit vers moi et me dit : « Il t'est défendu de « recevoir ces trois parties avant que je t*aie démon- « tré pourquoi tu les as faites d'une seule hostie. >»

« Après quoi, il m'enleva, non en corps, mais en esprit, et me porta au plus merveilleux endroit qu'on ait jamais vu.

« Si je disais que je fus ravi au troisième ciel, là où saint Paul fut porté par le Saint-Esprit (19), peut-être dirais-je vrai ; mais on me taxerait de mensonge.

« Après avoir longtemps regardé les merveilles qui paraissaient à mes yeux, je fus porté par Fange à uu

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