‹ Le Saint-Graal; ou, Le Joseph d'Arimathie; première branche des romans de la Table ronde, publié d'après des textes et des documents inéditsChapitre 16 sur 23 · MIS EN LANGAGE MODERNE · texte numérisé non relu

MIS EN LANGAGE MODERNE

D'APRÈS LE MANUSCRIT CANGfr DE LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE.

Le Petit Saint Graal, connu aussi sous la rubrique [de Roman de Joseph d'Arimathîe, est comme le [préambule ou la préface du roman de Merlin. Néanloins il forme un ensemble homogène et indépenfdant de ce dernier, c'est-à-dire qu'il peut, sans en isoufïrir, être détaché des aventures de Merlin; tandis que celles-ci n'ont pas de raison d'être si elles ne sont ^précédées du Joseph^ tout comme le Perceval ne peut exister qu'à la condition d'avoir été annoncé et préparé par ce dernier roman.

Le Saint Graal^ tel que l'avait conçu Robert de Borron et tel que nous le donnons plus bas, est une œuvre essentiellement religieuse, qu'on devait s'étonner de voir éclore du génie d'un homme de guerre. On pouvait , à bon droit, suspecter un chevalier français d'être resté étranger à l'ordre de faits qui

domine dans le ro.nan; mais, depuis que nous savons que nous devons considérer Robert de Borron plutôt comme un trouvère pieux que comme un chevalier aventureux, plutôt comme un ami des ascètes que comme un homme du monde, — puisque, par zèle religieux, nous le voyons donner à une abbaye naissante une étendue de terres échelonnées sur près de quatre lieues (de Grès à Samois et à Recloses), — rien n'étonne plus dans la conception de son Sai7it Graal, ni le fond si religieux du roman, ni la forme empreinte d'une piété si tendre et si vive.

Nous avions pensé à ne donner qu'une analyse du Joseph; notre tâche eût été 'bien ingrate et presque stérile en résultats , car tout l'intérêt réside surtout dans la naïveté et le choix des expressions de l'auteur ; nous avons donc été contraint de rédiger presque une traduction dans laquelle nous avons cherché à garder la concision remarquable du récit et ses tours heureux.

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