‹ Le saint office considéré au point de vue de la piétéChapitre 177 sur 227 · DES VÊPRES 4H · texte numérisé non relu

DES VÊPRES 4H

invite à porter nos regards vers un autre jour plus radieux et plus durable, dont les jours de ce monde ne sont qu'une préparation et un faible reflet.

C'est dans l'Heure des Vêpres surtout que domine cette idée du jour éternel qui doit succéder pour les élus aux ombres de cette vie. Telle a été la pensée de l'Église dans le choix des psaumes qu'on y récite. Elle nous présente le Sauveur ressuscité , goûtant dès à présent au ciel , avec ceux de ses élus qui ont achevé leur épreuve, les prémices de la béatitude; elle nous fait entendre leurs chants d'allégresse , d'admiration , d'action de grâces ; elle nous invite à nous unir à eux par la foi et par le désir, en attendant que Dieu, nous associant à leur félicité et à leur gloire, fasse succéder aussi pour nous, à la religion passagère et obscure du temps, la religion immuable et lumineuse de l'éternité ^

La meilleure pratique à suivre dans cette partie de l'office, c'est, à notre avis, de s'unir à Jésus -Christ et à ses saints régnant au ciel , de considérer les psaumes comme l'expression de leurs sentiments et de leurs pensées, et de nous associer à leurs dispositions avec toute l'ardeur de notre âme.

Néanmoins si quelqu'un préférait considérer le Seigneur dans sa vie terrestre, et demandait en quelle circonstance particulière l'Heure des Vêpres peut nous le représenter, nous indiquerions, d'après l'Evangile, le mystère de la dernière cène, ce moment solennel où, préludant à son immolation sanglante et opérant pour la première fois l'auguste sacrifice et le sacrement adorable de l'autel, ce divin Maître conféra à ses apôtres, avec le caractère du sacerdoce, le pouvoir de perpétuer ici-bas l'une et l'autre de ces merveilles. « C'était l'heure des Vêpres, » dit l'Evangéliste : Vespere facto, discumbebat cum discipulis suis'^.

1 Oratio non est nisi indigentium : transitait oratio : succedet In cœlis laudatio. S. Aug. in Psalm. xxvi, Enar.II, 14. Vacabimus et videbimus; videbimus et amabimus ; amabimus et laudabimus. Hoc erit in fine sine fine. Id., De civ. Dei, XXTI, xxx, 5.

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