POUR LE TEMPS PASCAL
Saint transport d'une âme toute à Marie, qui partage le ravissement de cette divine mère à la vue de son Fils ressuscité et glorieux.
— Les trois premiers vers ont, d'après la tradition , une origine céleste; le dernier a été ajouté par S. Grégoire le Grands.
Quelques-uns, rapportant ces paroles aux antiennes qui précèdent, entendent par ce divin secours la sainte Vierge , appelée dans ses litanies : Auxilium christianorum.
Sens pieux, m-ais non littéral.
Regina cœli, laetare, alléluia , Quia quem meruisti por-
tare, alléluia, Resurrexit sicut dixit, alléluia.
Ora pro nobis Deum, alléluia.
f. Divinum auxilium maneat semper nobiscum.
^. Amen.
* On attribue à Clément VI l'insertion de cette Antienne dans l'OfiBce de l'Église, 1350. Card. Turrecrem. Mais elle remonte beaucoup plus haut.
s En 596 , une peste horrible ravageant la ville de Rome , le pape saint Grégoire invita tout le peuple à la pénitence et indiqua une procession pour la fête de Pâques. Le jour arrivé, il vint lui-même dès le matin à l'église d'Ara cœli, et, prenant entre les mains l'image de la sainte Vierge qu'on dit peinte par saint Luc, il se mit en marche pour Saint- Pierre , suivi du clergé et d'un peuple nombreux. Mais tout à coup , tandis qu'on passe devant le môle d'Adrien, on entend dans les airs des voix célestes qui chantent : Megina... etc. Le Pontife, étonné et ravi, répond avec le peuple : Ora pro noMs Deum, alléluia. Au même instant on aperçoit un ange éclatant de lumière qui remet son épée dans le fourreau, et la peste cesse dès le jour même. Sigon., l.I, de Begno Italico, — Outre ce chant angélique inséré dans la liturgie , des monuments et des usages commémoratifs attestent la réalité du miracle sur les lieux mêmes où il s'est opéré. On peut citer la statue de saint Michel placée au - dessus du môle d'Adrien , qui prit dès lors le nom de château Saint- Ange ; l'inscription Begina cœli, lœtare, placée à la voûte de VAra cœli, au-dessus de l'autel, et la possession où sont les religieux d'Ara cœli de chanter cette antienne chaque fois que des processions ou des prières publiques ont lieu devant leur église.