‹ Le saint office considéré au point de vue de la piétéChapitre 29 sur 227 · PSALM. XVIII · texte numérisé non relu

PSALM. XVIII

^ GeN. XXVII, 22.

hésiter à recevoir ces hommages équivoques et se plaiadre de cette duplicité? Quare tu enarras justitiam tuam et assumis testamentum meum per os tuum * ?

Ainsi, pour un ecclésiastique qui veut glorifier Dieu et honorer son ministère au saint Office , ce n'est pas assez de veiller sur ses sentiments et sur ses pensées : il doit veiller aussi sur son extérieur, et écarter avec soin tout ce qui l'exposerait à se distraire ou à mal édifier. Comme il ne saurait être attentif à la fois aux objets du dehors et aux pensées du dedans , il retiendra doucement ses re gards^. Son visage respirera la modestie et le recueille ment. Il évitera avec soin toute contenance molle, nonchalante, peu respectueuse. S'il ne se tient pas à deux genoux, dans la posture de l'adoration la plus profonde, comme Salomon, à la dédicace du temple, il ne s'assiéra qu'à regret, restant prosterné de cœur, et comme témoignant toujours par sa retenue d'un certain respect : Flectens genu cordis 3. Il aura, autant que possible, la tête découverte, par respect pour la présence de Dieu^. Dans le cours de l'Office, il aimera à se conformer aux règles prescrites

^ PSALM. XT.TX , 16.

2 Quando oras, Claude ostium tuum, ne tentator ingredlatur. S. Aug. in Psalm. cxu.

^ Et nunc flecto genu cordis mei, precans a te bonitatem. Orat. Man.

^ Le Yen. Paul de la Croix, instituteur des clercs déchaussés de la Sainte-Croix, 1694-1775, ne récitait jamais son Office que la tête découverte, dans la contenance la plus édifiante; et quand il voyait un ecclésiastique s'en acquitter autrement, il ne manquait pas d'en témoigner sa peine. Rien ne pouvait le déterminer à changer de conduite à cet égard. Dans ses voyages, au temps même de ses plus grandes incommodités, on le voyait prier par les chemins, la tête nue, malgré le froid le plus piquant. . Le frère qui le soigna dans ses dernières années, voyant les infirmités dont il était accablé, chercha souvent à le faire renoncer à cette pratique, lui représentant que la prudence le demandait, et que Dieu ne le trouverait pas mauvais. Alors ce vénérable Père, dont la douceur ne savait résister à personne, faisait son possible pour se soumettre. Il se couvrait pour quelque temps, mais bientôt se découvrant de nouveau : « Décidément, disait-il, je ne puis ainsi réciter mon Office. » Puis il ajoutait : « Il faut bien songer à ce qu'on dit , et considérer à qui l'on parle. » Vita del ven.servodiDioP. Paolo délia Croce. Borna, in-4o,1786. — L'abbé de Rancé attachait ime telle importance au respect extérieur, en particulier à ce qu'on eût la tête découverte au chœur, qu'il ne permettait qu'aux infirmes, et pour l'Office de la nuit, de s'en dispenser à moitié. Il faisait même difficulté de recevoir au noviciat ceux qui ne croyaient pouvoir s'assujettir à cette règle. Vie par Dom Pierre le Nain, t. II, 1. YI, ch. vi.

ir la célébration publique. Il se prosternera au comncement, pour se pénétrer des sentiments que cette ac-

demande, et à la fin, pour s'humilier de ses fautes gagner l'indulgence àii Sacrosanctœ "^ . Il se tiendra det aux endroits les plus touchants , soit pour témoigner sa religion , soit pour prévenir le relâchement qui naît la continuité 2. Enfin, il tâchera de montrer toujours

telle modestie, une telle religion, qu'à son seul aspect cun se dise sans hésiter : a Voilà un homme qui prie Il 3; » et que lui-même puisse dire à tout instant sans gir, comme ce monarque à qui le Seigneur avait révélé grandeur: « Je loue et j'honore le Roi du ciel : Ego laudo lorifico Regem cœli^. »

gr de Bernex, l'un des successeurs et des plus parfaits imitateurs de ançois de Sales, ne se contentait pas de réciter tout son Office à ge- 11 se prosternait et baisait la terre à la fin, par religion et humilité. e M. de Boussillon de Bernex.

est l'avis que saint Bonaventure donnait à ses novices : « SI quandô dendum débilitas evidens vel nimia lassitudo compellat, saltem ad innem Offlcii, ad Invitatorium,Hymnos, ad Orationem dominicam, etc., re non omittant. » Specul novit. Cela s'entend, si l'on est chez soi, ou ou avec d'autres ecclésiastiques ; car en public ou devant des laïques, souvent mieux d'omettre ces démonstrations extérieures : Signa exs non debentfieri in omni loco, dit saint Thomas; quia Jiomo non deingularis apparere in exteriorihus. In Bp. ad Tit. ii. lec. ii. La prière n'est nulle part messéante, dit avec raison saint Augustin, ç'oit des saints prier à table ; on en voit même prier au lit : Elias ^0, puhlicanus sedendo, David cubando orarunt. Ad Simpl. 1. 11^ c. iv. tus replevit domum uM Apostoli erant sedentes, Act. n, 2. Mais s'il ouable de prier partout , et si l'on peut toujours prier parfaitement, pourtant certaines attitudes trop peu respectueuses pour qu'il soit î^fljis de les prendre sans nécessité dans une prière obligatoire , comme jint Office. C'est ce que fait remarquer saint Pierre Damien , en s'apt d'un exemple assez frappant. Un abbé, qu'il connaissait très bien, imt pouvoir se dispenser, pour sa mauvaise santé, de réciter Comavec ses religieux, avait pris l'habitude de les dire, comme sa dernelw prière, en se mettant au lit ; excellent abbé du reste, qui avait une iî'^^'liation de sainteté. Dieu daigna lui ouvrir les yeux et le guérir de sa lïïiutiBté. xjn jour qu'on lui amena un possédé pour qu'il lui imposât les ecirHjj il n'eut pas plus tôt commencé l'exercice, que le démon, élevant la :^^'J «Eh quoi! dit -il, c'est toi qui prétends te mesurer avec moi? Toi to(i«||'as pas le courage de te tenir debout pour prier Dieu, tu espères me peur et m'enlever de vive force cet esclave que je possède ? Tune ille (lnûHK suh cotto quotidiè Completorium insusurras? » Le religieux, étonné ies,et||ifondu, remercia Dieu de la leçon qu'il recevait, et, confessant sa

il promit de n'y plus retomber. Opusc. XXIV, c. vi. ii|8ttirB)AîT. IV, 34.

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