PSALM. CXLIX
^ Vie par M. Monnin, 1. 1 , 1. 1 , c. viii.
tique qui n'a jamais pu entendre ces paroles sans un tressaillement de cœur et sans un renouvellement sensible de la grâce de sa vocation : In sanctitate et justifia K Mais quand est-ce qu un prêtre doit mieux sentir la grandeur et la sainteté de cette vocation qu'au moment où , se disposant par la prière à monter à l'autel, il est près, non seulement de voir, comme Zacharie , le Dieu d'Israël se montrer à la terre et se dévouer pour son peuple , mais de produire lui-même ici-bas cet auguste Rédempteur, de l'offrir comme victime à son Père, de l'immoler pour le salut des hommes et de s'immoler avec lui par un même sacrifice et dans un même esprit?
Après l'antienne de Benedictus , on récite l'oraison ou la collecte. C'est comme la conclusion de l'Office; elle doit en résumer toutes les aspirations, et elle en contient tout le fruit. Elle se compose presque toujours de deux parties : Tune , très courte , où l'on rappelle incidemment le mystère, ou le saint qu'on honore; l'autre, un peu moins brève, où l'on demande à Dieu une grâce spéciale, en rapport avec la solennité : Ut ibi nostra fixa sint corda , uhi vera sunt gaudia'^,,. lit esse mereamur^ et.inter prospéra humiles , et inter adversa securi ^.., Ut quod humano are dicitur, in tuis oculis esse valeamus * , etc.. Communément on s'adresse au Père , parce qu'il est le principe de tout et que tout dérive de lui, même dans la Trinité; mais on ne l'invoque que par le Fils, selon la recommandation du Sauveur lui-même ; et jamais on n'invoque directement le
^ Un religieux de Cîteaux vit un jour, pendant le chant de ce cantique, une sorte de flamme briller sur la tête d'un autre religieux nommé Jean, et il la montra à son prieur. Celui - ci ayant appelé Jean après l'Office : « A quoi pensiez - vous , lui dit - il , au moment où on a entonné le Beoiedictusf — Je pensais, répondit le religieux, que, si j'étais au ciel , je ne cesserais de bénir ainsi Dieu avec les anges. — Et au verset : M tu puer y quelle était votre pensée ? — En ce moment , mon Père , le souvenir de saint Jean - Baptiste m'a tellement embrasé le cœur, que je ne pouvais contenir ma joie. » Le prieur comprit alors ce que signifiait la flamme qu'il avait vue au-dessus de ce fervent religieux : Feliciùs ardebat Joannes intùs. — Les Saints de l'Ordre de Citeaux, par Ch. Henriquez.
2 Dom. IV post Pasch.
3 Hebd. I Quad. in sabb, * Propastor.
Saint-Esprit, parce qu'on le considère comme habitant dans l'Église et priant par l'organe de ses ministres.
La plupart de ces Oraisons ont pour auteurs les papes saint Grégoire le Grand ou saint Gélase ^ C'est une des parties les plus admirables de l'Office. Elles sont inimitables, a-t-on dit avec raison, dans leur simplicité, leur brièveté, leur candeur et leur onction ».
Ainsi l'on voit une parfaite unité régner par tout l'Office. La conclusion répond au début, la collecte à l'invitatoire : c'est la même idée qui domine tout et c'est vers un même but que tout converge.
Nous ne dirons rien ici des sufifrages et des antiennes à la sainte Vierge, qu'on répète à l'Office du soir. Mais qu'on nous permette , à la fin de ces réflexions pratiques sur l'Office de la nuit, d'insister sur l'avis que nous avons déjà donné, de n'en pas trop retarder la récitation. Nous savons que l'Eglise laisse à cet égard une assez grande latitude, et que pourvu qu'on s'en acquitte ayant d'offrir le saint sacrifice , on ne manque à aucune de ses règles ; mais l'amour de l'ordre et l'estime de la prière demandent quelque chose de plus que les lois actuelles de la discipline, A parler en général, pour réciter convenablement cet Office et ne pas s'exposer à nuire à d'autres devoirs, il importe de s'en acquitter dès la veille et d'y consacrer les premiers moments libres.
Ce n'est pas que nous conseillions de joindre habituellement les Matines et les Laudes du lendemain aux Vêpres et aux Complies du jour qui finit. Cette pratique aurait un inconvénient. La ferveur est d'autant plus difficile à soutenir qu'elle doit durer plus longtemps. On pourrait donc , en accumulant ainsi les prières , s'exposer à la fatigue, et par suite au dégoût, à la négligence et à la précipitation. D'ailleurs il n'est peut-être pas très facile de passer tout
^ Wallaf. Strabon. de Bel), eccles. c. xxii.
2 D. GuÉRANGER , lîist. Ut. — Mgr PicHENOT , ColUctes. 1867. — Elucet veteris Ecclesiœ spiritus, elucet in rébus ipsis apostolica qussdam gravitas, in sensu et in collocatione verborum grata quaedam et perspicua concinnitas, adeo ut brevi compendio multa contineantur. C. Bo^^A, Ber. liturg..
d'un coup des idées qui conviennent à un Office à celles qui sont exprimées par un autre. Il faudrait pour cela, ce semble, quelques moments d'intervalle et de réflexion.
Mais ce qu'on doit éviter surtout, c'est de renvoyer sans nécessité l'Office au dernier moment : il y a, au moins, periculum in morâ. Si l'on donne au Bréviaire le temps que réclame le sommeil, ne sera-t-on pas exposé à le dire précipitamment, ou à abréger des exercices de piété auxquels on ne manque pas sans péril? Et si Ton attend au lendemain , ne se met-on pas dans une sorte de nécessité de célébrer la messe sans s'être acquitté de ce devoir, ou sans avoir donné à Toraison un temps suffisant pour se disposer au divin sacrifice? Habitude déplorable, qui ne manque jamais d'avoir de funestes résultats ^
Un directeur de séminaire, fort zélé pour la pratique jde Toraison, et qui avait une grande expérience du ministère, insistait beaucoup sur cet avis. Il voulait qu'on ne manquât pas de dire Matines et Laudes la veille , et qu'on les commençât aussitôt que l'heure et les convenances le permettaient. Exemplaire en tout, il était làdessus d'une exactitude ponctuelle. Le moment venu, il disait comme le card. de Bérulle : Venit hora, et il rendait hommage à l'exactitude religieuse avec laquelle Notre- Seigneur s'est conformé aux moments fixés par son Père. Son principe était celui d'un ancien docteur : Ante tempus orare est providentia , et in tempore constituto obedientia : tempus autem prœterire est negligentia -.
^ S^cerdos celebratiirus mlssam,pr8Bviâsacramentaliconfessionc quandô opus est, et saltem Matutino cum Laudibus absoluto, oratloni aliquantulùm vacet, etcBiib. Missal. i. — En ceci encore, le saint Office ressemble à la manne. Recueilli de bonne heure et pris à temps, cet aliment a tous les goûts et répond à tous les attraits; mais si on le néglige ou qu'on le prenne tard , on risque de le trouver altéré , sans saveur.
2 Hua. a S. Vict. Expos. Begul. S. Aug. cap. m, sub init. — Yves de Chartres, dans une de ses Lettres, à Guillaume, abbé de Fécamp, gémit de l'impossibilité où il se trouvait , presque chaque jour, de réciter rOfiQce aux heures marquées. — Saint Pierre Damien, écrivant à l'abbé d'un monastère, ad Desiderium Catinensem Abbatem, rapporte, sur la fol d'un de ses amis, Allard, prieur de Brème, qu'un évêque de Cologne, mort en excellente réputation , était apparu à un ecclésiastique et lui avait révélé qu'il souffrait en purgatoire un châtiment rigoureux, à
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AD LAUDES Deus , in adjutorium,..; Gloria Pairi, etc.