AVEC SON OBJET
Il arrive assez souvent, quand un Office est commun, d'y trouver des traits qui semblent d'abord ne pas convenir au sujet. Ainsi, par exemple, aux fêtes de quelques saints qui ont souffert pour la foi, mais qui ne sont pas morts dans les supplices : saint Eusèbe, saint Marcel, saint Jean, saint Sylvère, saint Martin, saint Pontien, saintFélix, saintMelchiade, on récite l'Office ordinaire d'un Martyr à l'exception d'un seul répons : Hic est verè martyr, etc. On dit par conséquent à Vêpres : Pœnas cucurrilfortiler... Fundensque pro te sanguinem; à Matines : Iste sanctus cerlavit usque ad morlem; à Laudes : Soluta sunl vincula. Pour d'autres qui ont souffert ensemble, on dit, au Commun de plusieurs Martyrs : Hi pro te furias... Csedutitur gladiis... ViH sancti gloriosum sanguinem fuderunt pro Domino... Tradiderunt corpora sua. Ces paroles , qui peuvent étonner d'abord, ne laissent pas d'avoir un sens très juste et très vrai. Pour les justifier, il suffit de faire observer : 1° Que la plupart sont dites d'une manière générale à la
louange de tous les martyrs, v. g. IH pro te furias, etc., et que, lorsqu'on fait l'éloge de plusieurs à la fois, rien n'empêche de les considérer ensemble et de dire qu'ils ont fait tels et tels actes, encore que tous n'aient pas concouru à chacun de ces actes; ainsi saint Paul dit des justes de l'ancienne loi : Obturaverunt ora leonum,eic. Hebr.,xi, 2; 2° Que, pour les paroles qui se rapportent proprement aux saints dont on fait la fête, on leur trouvera toujours un fondement suffisant dans les peines qu'ils ont souffertes et dans les périls auxquels ils se sont exposés. Sans être mort dans les supplices, on peut avoir versé son sang, méprisé la mort et fait le sacrifice de sa vie pour la cause de Jésus- Christ. Qni se lormentis et morti sub oculis Dei obtulit, passiis est quidquid pâli voluit, dit saint Cyprien. Non enim ipse tormentis secl tormenta ipsi defuerunl. (Epist. Lxvii.) — Voir GuYET, Heorlologia, 1. II, c. vu, q. 8; et ]. III, c. X, q. 2; et c. xi, q. 1. — En certains endroits, néanmoins le désir de mettre les paroles de l'Office d'accord avec leur objet a fait modifier même le texte de la sainte Écriture; v. g. Vierges martyres. Leçons de Matines, 2° loco; Capitule de None : Deprecala sum, etc.
NOTE V, p. 216. — AUTEURS et date des hymnes
Gavantus ne comptait que quatre-vingt-seize hymnes. Ce nombre, déjà augmenté au temps de Mérati, s'élève aujourd'hui à plus de cent cinquante, si l'on comprend celles du Propre de Rome. Nous donnerons d'abord la liste des hymnographes connus, avec les hymnes attribuées à chacun d'eux; puis, par siècles, la liste des hymnes dont nous ignorons l'auteur.
I. — S. HiLAiRE, évêque de Poitiers; m. 367, Beata nobis gaudia (en partie] . Pentecôte; Laudes, Cf. Ambr.