AYANT-PROPOS
Encouragé par le bienveitlant accueil qu*ont daigné faire k la Pratique du zèle eccUsiastique Nosseigneurs les Évéques et les membres secondaires du Clergé i nous venons aujourd'hui joindre un nouvel ouvrage au premier, dont il est, selon nous , le complément indispensable.
La plus simple réflexion suffira pour convaincre de la nécessité d'unir par une éti'oite alliance Le saint Prêtre k la Pratique du zèle. En effet, que nous proposons-nous dans la Pratique du zèle ecctèsiastique? Quelle est la pensée mère qui inspire, qui domine tout l'ouvrage? Évidemment, c'est de
stimuler le zèle du prêtre et de lui apprendre les divers moyens de sauver le plus d*àmes possible. Nous lui disons bien , il est vrai , nous lui répétons même à l'occasion que la mesure de sa sainteté sera la mesure des fruits de son ministère, ou en d'autres termes, que plus il sera saint, plus il sauvera d'àmes. Mais nous nous bornons à cette simple insinuation , et nous rentrons aussitôt dans le plan que nous nous sommes tracé, lequel n'admet point un traité spécial de la sanctification propre du prêtre.
Dans ce nouvel ouvrage, au contraire , notre but principal et direct est d'établir la nécessité de la sainteté sacerdotale , et de faire connaître les moyens d'y parvenir. Sans doute, nous trouvons à chaque instant l'occasion de faire voir qu'en nous sanctifiant nous sanctifierons nos frères; mais, à la différence de la Pratique du zélé , c'est notre salut particulier et non celui des autres que nous avons spécialement en vue dans Le saint Prêtre. Nous pouvons donc dire que l'accessoire dans le premier ouvrage devient le principal dans le second, et vice versa. D'où nous concluons que ces deux productions doivent être inséparablement unies, puisque s'il est nécessaire pour le prêtre d'étudier les moyens de sauver des âmes , il ne lui est pas moins nécessaire d'apprendre les moyens de se sauver lui-même.
Ces réflexions nous attireront pent-étre un reproche que nous acceptons d'avance avec résignation. Pourquoi, nous dira-t-on, n'avez-vous pas publié d'abord Le $aint Prêtre? N'est-il pas évident que le prêtre, avant de penser à sanctifier les autres, doit s'occuper tout particulièrement de sa sanctification propre? A l'exemple de son divin Chef, ne doit-il pas faire avant d'enseigner?
Nous l'avouons , ce reproche est fondé. Si Dieu nous en eût d'abord inspiré la * pensée, Le saint Prêtre eût été certainement notre premier travail. La Pratique du zèle lui a ravi son droit d'aînesse.
Cela dit, exposons brièvement le plan de cet ouvrage. Nous le divisons en trois parties.
Dans la première, nous démontrons la nécessité de la sainteté pour le prêtre ; puis nous examinons , au point de vue de cette sainteté : — ce qu'il a été depuis le séminaire — ce qu'il est aujourd'hui — et ce qu'il doit être à l'avenir.
Dans la seconde partie , comme premier moyen de sanctification pour le prêtre , nous proposons les Vertus y que nous traitons avec étendue et d'une manière toute pratique.
Dansla troisième partie enfin , commesecondmoyen de sanctification pour le prêtre , nous indiquons les Œuvres : œuvres ordinaires et communes que
nous apprenoDs à sanctifier : œuvres spirituelles et œuvres du ministère , Oraison , sainte Messe , Office divin , administration des Sacrement^, etc. , etc. , à chacune desquelles nous consacrons un chapitre spécial.
Tel est le plan bien simple que nous avons adopté, et dans lequel nous faisons entrer la multitude innombrable de conseils et de règles pratiques que nous croyons propres à conduire nos dignes collègues k la sainteté qu'exige la sublimité de leur profession.
Xomme dans la Pratique du zèle^ nous nous sommes efforcé de rester toujours dans les bornes de la modération, et nous nous sommes appliqué à ne rien dire qui n'obtienne , par l'ascendant de la vérité , l'approbation de tout lecteur impartial.
Quant au style et à la manière d'envisager et de traiter les sujets , sauf les deux premiers chapitres sur la nécessité de la sainteté sacerdotale^ qui sont comme la partie dogmatique de notre œuvre , nous avons pris à tâche de nous rapprocher du genre de notre première production -, en sorte que Ton pourra croire, ce nous semble, que Le saint Prêtre est comme une succession de nouveaux chapitres ajoutés à la Pratiquée du zèle. Nous devions agir ainsi, puisque Dieu a permis que notre premier tra-
vail ait été si généralement goûté des vénérables confrères pour lesquels nous l'avions composé.
Puisse-t-il en être ainsi de celui que nous publions aujourd'hui! Entrepris avec le même zèle. Dieu veuille qu'il soit accueilli avec une égale faveur! c'est le vœu que nous formons pour la gloire du divin Maître, pour le salut des âmes en général, et pour la sanctification de nos frères dans le sacerdoce.
Nous recommandons spécialement ce nouvel ouvrage non-seulement à tous les prêtres , mais encore aux élèves des grands séminaires , engagés dans les saints Ordres, lesquels. Dieu aidant, devront le lire avec quelque fruit.