‹ Le Saint rosaireChapitre 19 sur 76 · MALADES · texte numérisé non relu

MALADES

Une indulgence de trois ans et trois quarantaine* , chaque fois que des confrères du Rosaire visitent d'autres confrères malades ou infirmes (n. 47).

Indulgences à l'article de la mort.

A l'article de la mort, les Confrères peuvent bénéficier de cinq indulgences plénières.

1° La première, qui devra être appliquée avec la formule de Benoit XIV, par tout prêtre, même en dehors de la confession, aux Confrères qui auront récité habituellement le Kosaire entier, chaque semaine (n. 54).

Note. — Le confrère aurait-il omis de réciter le Eosaire de temps à autre, au cours de sa vie, qu'il ne laisserait pas pour cela d'avoir droit à cette indulgence : il est de la nature même de l'habitude, en effet, de subsister en dépit de quelques omissions isolées.

2° La seconde, à ceux qui meurent tenant en main le cierge bénit du Eosaire ; pourvu qu'ils aient récité au moins une fois en leur vie, le Rosaire entier (n. 55).

3° La troisième, pour ceux qui reçoivent les Sacrements de Pénitence et d'Eucharistie (n. 56).

4° La quatrième, si, avec des sentiments de contrition, ils invoquent le Très Saint Nom de Jésus, au moins de cœur, ne le pouvant plus des lèvres (n. 57).

5° La cinquième, si, après avoir reçu les Sacrements, ils déclarent professer la foi de l'Eglise Romaine (il suffit pour cela de réciter le Je crois en Dieu) , et se recommandent à la Sainte Vierge en lui adressant la prière suivante :

Salut, ô Reine, mère de miséricorde, notre vie, notre douceur et notre espérance, salut! Enfants d'Eve, malheureux exilés, nous élevons nos cris vers vous; nous soupirons vers vous, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes. Oh, de grâce, notre avocate, tournez donc vers nous, vos regards miséricordieux, et, après cet exil, montrez-nous Jésus, le fruit béni de vos entrailles. 0 clémente, ô charitable, ô douce Vierge Marie! (n. 59).

Voilà les cinq indulgences plénières dont le confrère du Rosaire peut profiter à l'heure de la mort.

Ici, il nous faut faire justice d'un préjugé fort répandu, lequel nous invite à choisir parmi ces cinq indulgences, celle qui nous conviendra, sans nous mettre en peine des quatre autres ; parce que, dit-on, "gagnant une indulgence plénière, tous les péchés sont effacés, et partant, les autres sont tout simplement inutiles."

Comme de toutes les indulgences du Rosaire, ces cinq offertes à l'article de la mort, sont les seules qui nous puissent être appliquées, — toutes les autres l'étant aux Pauvres Ames — il devient urgent de se mettre en travers de cette grossière ignorance et l'empêcher de priver les âmes, de ces miséricordieuses largesses de l'Eglise, au moment même où à la veille d'entrer dans leur éternité, elles en ont un si pressant besoin. Je réponds donc :

Evidemment, selon la nature des choses, une seule indulgence plénière payant toute notre dette vis-àvis de la Justice de Dieu, l'on ne peut en gagner

qu'une; et ce principe de bon sens rappelé par la Sacrée Congrégation des Indulgences, il ne faut pas le perdre de vue. Mais, en pratique, comme on est loin d'être sûr d'avoir gagné cette indulgence plénière, eu égard à des dispositions imparfaites qui la rendent, de ce chef, partielle, il s'ensuit qu'il est opportun de faire les œuvres prescrites afin de gagner ce que l'on pourra des indulgences plénières accordées.

C'est ce qui explique pourquoi une sainte Catherine de Sienne, après avoir reçu sur son lit de mort, l'indulgence plénière que lui avait accordée Grégoire XI, demanda qu'on lui appliquât aussi, celle obtenue du Pape Urbain VI. Drane. Sa vie, pp. 368 et 413.

Ce ne sont pas deux indulgences plénières, mais bien cinq qui nous sont offertes dans la Confrérie du Kosaire. A nous de comprendre que l'Eglise sachant que la plupart de ses enfants ne sont pas préparés à recueillir, d'un seul coup, le plein bénéfice d'une indulgence plénière, invite leur faiblesse à s'y essayer pour ainsi dire, à cinq reprises différentes, attendant de cette multiplicité même, la purification plénière de leurs âmes.

Cette explication n'est qu'un résumé de la doctrine de l'Eglise. Déjà en ]886 — et à propos précisément des cinq indulgences plénières, pour l'article de la mort — : le Secrétaire de la Congrégation s'était exprimé dans le sens que je viens d'indiquer. Après avoir appuyé sur la véritable notion de l'indulgence plénière, il ajoutait : Il ne s'ensuit pas que

les différentes pratiques auxquelles est attachée l'indulgence, soient inutiles pour le moribond; loin de là, elles le mettent de plus en plus, dans les dispositions requises pour obtenir pleinement cette indulgence. Il pourra très bien arriver, en effet, que le mourant n'ayant pas gagné l'indulgence, à tel titre, pour n'avoir pas rempli certaines conditions avec toute l'exactitude prescrite, la gagne à un autre titre, l'invocation du Saint Nom de Jésus, par exemple, ou la récitation du Salve Eegina.

Voilà des notions élémentaires dont il importe de se pénétrer et qu'il faut répéter autour de soi, sans se lasser, afin de déraciner des préjugés et dissiper une ignorance qui rendent inutiles, des faveurs pourtant bien précieuses.

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