‹ Le Saint rosaireChapitre 26 sur 76 · BÉNÉDICTION DU ROSAIRE · texte numérisé non relu

BÉNÉDICTION DU ROSAIRE

1° Un chapelet ne peut être rosarié que par un Père Dominicain ou un prêtre qui a reçu les facultés nécessaires à cet effet.

2° Il faut, sous peine de nullité, réciter la formule prescrite. S. C. I., 29 fév. 1864. C'est aux fidèles d'être bien exacts à faire rosarier leurs chapelets, a- temps désigné par le prêtre.

3° Il suffit de tenir son chapelet à la main, durant la lecture de la formule de bénédiction. L'on n'est pas requis de se mettre à genoux.

4° On peut faire rosarier son chapelet, par l'intermédiaire d'un autre.

5° Cette bénédiction peut être donnée in globo, c'est-à-dire à une masse de chapelets qui seraient ensuite distribués gratuitement. S. C. I., 12 mars

6° En temps de mission ou retraite, les Dominicains peuvent donner aux chapelets, les indulgences Papades ou Apostoliques, celles de sainte Brigitte

et des Pères Croisiers à gagner par une seule et nicmc récitation du Rosaire. Pie X, 9 sept. J908.

Formule française de bénédiction.

Voici la formule de bénédiction des rosaires, fort belle à méditer :

Dieu tout-puissant et miséricordieux qui, dans votre immense amour pour nous et en vue d'arracher nos âmes à la puissance du démon, avez voulu que votre Fils unique, Notre-Seigneur Jésus-Christ descendît, à l'annonce du message de l'ange, du Ciel sur la terre, prît chair dans le sein très pur de la bienheureuse Vierge Marie notre Eeine, qu'il subît la croix et la mort, et que, resplendissant de gloire, il ressuscitât d'entre les morts, le troisième jour : Nous supplions votre bonté infinie de bénir et de sanctifier, en répandant sur eux la vertu de l'Esprit Saint, ces emblèmes du Rosaire consacrés par votre Eglise fidèle, à l'honneur et à la louange de la Mère de votre Fils.

Que tous ceux qui en porteront un sur eux, ou le conserveront avec respect, dans leur maison, ou encore s'en serviront pour prier dévotement, en contemplant les divins mystères selon les règles de leur sainte Confrérie, reçoivent en abondance, les sentiments d'une vive, solide et constante dévotion. Qu'ils aient part à toutes les grâces, à tous les privilèges, à toutes les indulgences qui ont été accordés par le Siège Apostolique, à cette même société. Que

partout et toujours, pendant leur vie, ils soient dé: livrés de tout ennemi visible et invisible, et qu'à l'heure de la mort, ils vous soient présentés, riches de bonnes œuvres, par les mains mêmes de la très Sainte Marie, Mère de Dieu. Nous vous' en prions, par Notre- Seigneur Jésus-Christ qui, étant Dieu, vit et règne avec vous dans l'unité du Saint Esprit, pendant tous les siècles des siècles. Ainsi-soit-il.

Divers usages du rosaire bénit.

1° Pour gagner toutes les indulgences que comporte la récitation du Rosaire, il n'est pas nécessaire de se servir d'un chapelet rosarié, ni même d'un chapelet, du tout, excepté pour les indulgences de Benoit XIII (voir page 114). Et même, pour le gain de ces indulgences, il suffit, quand on récite le Rosaire avec d'autres, soit à la maison, soit à l'église, que celui qui préside à la prière ait en mains son rosaire bénit. S. C. I., 22 janv. 1858.

2° Bien qu'il ne soit nécessaire de tenir le rosaire à la main que pour le gain d'un petit nombre d'indulgences, il est cependant opportun d'en agir toujours de la sorte pour cette raison qu'étant un sacramentel!, — hoc signum Rosarii, ainsi que le porte la formule de bénédiction — c'est-à-dire un signe particulier des grâces attachées à la grande prière de Marie, son simple usage matériel comporte toutes les précieuses et consolantes bénédictions énumérées dans la formule que nous venons de traduire.

3° C'est une coutume très ancienne parmi les fi-

dèles, de porter sur eux — pas toujours de façon ostensible, cependant — le rosaire, en témoignage de dévotion pour la Sainte Vierge. Saint François de Sales écrivait à sainte Jeanne de Chantai, le 14 octobre 1604 : "Portez le rosaire, soit à la ceinture, "soit autrement, comme une marque du désir que "vous avez d'être la servante de notre Sauveur et "de sa sainte Mère." L'on connaît la remarque aussi profonde que juste de cette femme du Tyrol, en voyant passer S. Ignace de Loyola et ses compagnons : "Ces étrangers sont sans doute des catholi- "ques, parce qu'ils portent le rosaire." Aujourd'hui encore dans les Missions sauvages de l'Afrique et de l'Océanie, les indigènes catholiques portent au cou le chapelet, pour se distinguer de leurs congénères protestants, tant est vrai le mot de Léon XIII qui appelle le rosaire, catholicœ fidei tessera, l'emblème de la foi catholique. Pour cette raison-là même, il peut devenir, en cas d'accident, l'unique preuve que son propriétaire étant catholique, a droit aux prières accoutumées. A cette pieuse pratique, l'Eglise a accordé, pour les membres de la Confrérie, V exceptionnelle indulgence de 100 cms et 100 quarantaines, par jour.

4° Un autre usage très louable aussi, c'est de placer le rosaire dans les mains des mourants et des défunts. Voir page 168.

5° Le nombre de chapelets rosariés que l'on peut avoir en sa possession, n'est aucunement limité.

Le rosaire bénit perd ses indulgences :

1° Par la mort de son propriétaire. S. C. I., 10 janv. 1839.

2° Celui qui hérite d'un chapelet, doit le faire rosarier de nouveau : n'est admis à s'en servir, en effet, que la personne pour laquelle il a été bénit. Ibid.

3° S'il est donné ou prêté avec intention de communiquer les indulgences. Ibid.

4° S'il est vendu, même à prix coûtant. S. C. I., 1-2 juillet 1847.

5° Si, à son occasion, on reçoit quelque chose, à un titre quelconque, échange, présent, voire même aumône. S. C. L, 16 juillet 1887.

Le Eosaire bénit ne perd pas ses indulgences :

1° S'il est prêté simplement pour suivre ou compter les prières. S. C. L, 10 janv. 1839.

2° Si quelqu'un s'en est servi à notre insu. Ibid.

3° S'il perd 4 ou 5 grains, on peut les remplacer sans qu'il soit question de le faire bénir de nouveau. Ibid.

4° Quand il est remonté à neuf, pourvu que les grains soient les mêmes, et sans s'occuper si ces grains seraient ou pas dans le même ordre qu'auparavant. Ibid.

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