‹ Le Saint rosaireChapitre 30 sur 76 · LE EOSAIEE ET LES PETITS ENFANTS · texte numérisé non relu

LE EOSAIEE ET LES PETITS ENFANTS

Les prières des enfants ont une efficacité toute particulière pour protéger l'Eglise, la patrie, la famille, soulager les Ames du Purgatoire, sauver les pécheurs et peupler le Ciel.

"L'enfant qui a conservé l'innocence de son baptême, peut tout obtenir de Dieu," a dit un saint.

"Les enfants, s'écriait S. Philippe de Néri, ce sont mes aides-de-camp pour la conversion des pécheurs endurcis."

S. Vincent Ferrier, dominicain, le grand thaumaturge du moyen-âge et l'apôtre de la Bretagne (1350-1419) convoquait chaque jour tous les enfants de la ville qu'il évangélisait. Avec eux, il suppliait la Sainte Vierge en faveur des pauvres pécheurs, qui finissaient tous par se convertir.

S. Vincent de Paul disait à ses missionnaires : "Prions beaucoup; faisons prier surtout les enfants."

Selon la touchante et juste pensée de S. Jean Climaque, "le Père Céleste a un faible pour les bégaiements des petits enfants."

"Il me semble — écrivait Ozanam — qu'aussitôt que cette pauvre petite créature, si douce et si innocente, pourra murmurer une prière, il n'y aura plus rien que le Ciel puisse lui refuser."

Quand le Bienheureux Curé d'Ars était embarrassé, il appelait les enfants à l'église et priait avec eux. "Non, aimait-il à dire, on ne peut comprendre

le pouvoir que l'âme pure d'un enfant a sur le bon Dieu : ce n'est pas elle qui fait la volonté de Dieu, c'est Dieu qui fait sa volonté."

On raconte de la Vénérable Mère Kivier, fondatrice de la Congrégation des Sœurs de la Présentation de Marie, et tertiaire dominicaine, dont la vie ne fut qu'un échange de prières et de grâces, de confiance et de faveurs, entre elle et la divine Mère, que dans ses difficultés, elle avait l'habitude d'envoyer ses orphelins, réciter le Rosaire devant la statue de la Sainte Vierge.

En 1683, 250,000 Turcs viennent mettre le siège devant la ville de Vienne, capitale de l'Autriche. Sous l'empire d'une salutaire terreur, on organise dans tout le pays, une croisade de prières à Notre- Dame du Rosaire. Les enfants répètent avec une si grande ferveur cette admirable prière, qu'à Augsbourg, un missionnaire prédisait que bientôt ces chers petits fouetteraient les Turcs, de leurs chapelets. Les Turcs durent reculer, en effet, devant Sobieski appuyé par l'armée auxiliaire de ces petits soldats de la prière à la Vierge des batailles.

Mais, dira-t-on, les enfants ne comprennent pas ce qu'ils disent, comment pourraient-ils être exaucés?

L'Eglise dont ils sont devenus les membres par le Baptême, le comprend pour eux, et c'est ellemême qui prie par leur bouche; prière d'autant plus efficace que le péché n'a pas élevé de barrière entre leur âme et Dieu. Cette donnée consolante, n'est qu'une application du dogme de la Communion des Saints.

En outre, n'allons pas nous hâter d'affirmer qu'ils ne comprennent pas. Leur conscience, illuminée par l'état de grâce, les vertus infuses et les dons du Saint-Esprit, est étonnamment préparée à saisir les choses de Dieu. Faculté de splendeur et d'énergie surnaturelle, elle aura brillé déjà depuis longtemps dans leur âme quand la simple raison ne fera que jeter ses premières lueurs.

Par conséquent, pour ce qui regarde le Rosaire, on devrait enrôler les enfants dans la Confrérie aussitôt qu'ils sont capables d'en réciter les prières. L'Eglise les dispensant de la méditation des mystères, et le péché ne souillant pas leur conscience, ils peuvent gagner dans leur totalité, les indulgences insignes attachées à cette dévotion ; ce qu'on ne saurait trop apprécier, si l'on se rappelle les Ames du Purgatoire et l'extrême besoin où elles sont de nos secours.

Un jour, la Vénérable Mère Marie de la Très- Sainte-Trinité, du Tiers Ordre séculier de S. Dominique, étant en prière, son frère et sa belle-sœur, décédés depuis peu, lui apparurent. Condamnés à un dur Purgatoire, ils lui demandent un rosaire, lui recommandant de le faire dire avec elle à leur fils Thomas. Cet enfant n'avait alors que cinq ans. Comme la religieuse le récitait avec lui, elle vit auprès de ce cher petit, les âmes de son père et de sa mère qui restèrent là jusqu'à ce que le rosaire fut achevé ; après quoi remerciant leur sœur de sa charité et enveloppant leur enfant, d'un long regard de tendresse, ces âmes montèrent au Ciel,- éclatantes

de lumière. Grande Année Dominicaine, janvier, p. 319.

Si, comme le dit Léon Xllf, — L^etitle., 8 sept. 1893 — "les confréries du Rosaire sont comme autant de bataillons qui combattent pour la cause du Christ, sous la conduite de la Reine du Ciel," les enfants ne forment-ils pas la blanche phalange des âmes innocentes, si puissantes sur son Cœur Immaculé.

Que Ton fasse réciter le Rosaire aux enfants, non pas seulement parce qu'ils sont purs, mais pour qu'ils se gardent toujours purs. "Je n'ai jamais rencontré l'innocence, disait le Père Félix, S.J., que sous la garde de la prière."

Nous racontons plus lo^n, p. 176, l'admirable constance de ces enfants japonais qui versèrent leur sang pour la Religion. Sans doute, il n'est pas donné à nos enfants d'aujourd'hui d'imiter ces touchants modèles, dans le martyre de leur mort; mais, ils peuvent se faire les gracieux émules de leurs fortes et viriles vertus, et trouver, comme eux, dans le culte du Saint Rosaire, une toute puissante sauvegarde contre les surprises et les tempêtes que leur réserve l'avenir.

Page 1