LE CIERGE BENIT DU ROSAIRE
C'est une pieuse coutume de bénir des cierges en l'honneur du Rosaire.
Le cierge est, par sa lumière, le symbole de la foi; c'est pourquoi, au saint baptême, on nous a mis à la main, un cierge allumé, pour rappeler la lumière
de la foi que nous venions de recevoir ; nous avertissant de suivre ce divin flambeau sur toutes les routes de la vie, de ne pas le laisser éteindre, par les orages de l'erreur et des passions, de le porter ainsi jusqu'au terme, jusqu'au trône de Dieu.
On peut également y voir un symbole de l'espérance, dans cette flamme qui montant toujours, semble nous dire : sursum corda, en haut les cœurs.
Le cierge représente encore la charité, dans la clialeur de la flamme, et dans cette cire qui se consume sous son action ; ainsi devons-nous brûler d'amour pour le bien, et nous consumer au service de Dieu et du prochain. Ce sera nous rendre à l'invitation de l'Evangile en brillant par nos bonnes œuvres. Voici la
Formule de bénédiction
du cierge du Eosaire, lequel, à la rigueur peut servir à plusieurs confrères, à l'article de la mort :
Seigneur Jésus-Christ, vraie lumière qui éclairez tout homme, venant en ce monde, daignez, par l'intercession de la Vierge Marie votre Mère et par les quinze mystères de son Eosaire, répandre votre bénédiction sur ces cierges et les sanctifier par la lumière de votre grâce. Ces flambeaux, produit d'un feu matériel, dissipent les ténèbres de la nuit : accordez-nous dans votre miséricorde, que, à leur exemple, nos cœurs illuminés par la splendeur et la flamme invisible de l'Esprit Saint, ne connaissent jamais les ténèbres du vice. Que dos yeux d'une
âme pure, nous puissions toujours discerner les choses qui vous plaisent, comme étant celles utiles à notre salut, afin qu'au sortir des obscurités périlleuses de cette vie, nous méritions de parvenir à la lumière sans déclin, ô vous qui vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi-soit-il.
Les confrères du Rosaire tiennent de trop près au cœur de la famille Dominicaine, pour qu'on omette de leur rappeler ce flambeau ardent avec lequel allait courant de par le monde, le chien mystérieux qui fut montré dans un songe à la mère de saint Dominique, et qui symbolisait son enfant destiné à dresser au milieu des épaisses ténèbres de l'erreur, le rayonnant flambeau de la vérité du Christ. Notre- Seigneur disait à sainte Catherine de Sienne : "Ton "père Dominique, comme bien spécial, choisit la "lumière de la science, afin de détruire les erreurs. "Ce fut un flambeau que je donnai aux hommes, par "l'intermédiaire de Marie."
Les confrères du Rosaire doivent donc s'efforcer d'être dans leur vie, afin de pouvoir être dans leur mort, de vrais enfants de lumière. Le cierge bénit qu"on mettra dans leur main glacée à cette heure d'angoisse où tout s'efface, où tout sombre dans la nuit du tombeau, dira alors la foi, l'espérance, la charité de celui qui a voulu se rendre à l'appel du Maître, ayant à la main le flambeau du bon serviteur qui veille.
Il me semblerait convenable que le cierge de la
première communion qui rappelle tant d'émouvants et délicieux souvenirs, reçût cette bénédiction du Rosaire. Ne serait-ce pas unir deux choses qui s'appellent l'une l'autre par des rapports sacrés autant qu'intimes : la première communion et .... la dernière.
Que le confrère se munisse donc à l'avance de ce cierge bénit auquel est attachée une indulgence plénière. Dès maintenant, il lui rappellera les salutaires pensées de la mort et de l'éternité. Sa seule vue lui aidera à se préserver du péché et à se tenir toujours prêt à mourir.
Les derniers moments arrivés, on le mettra tout allumé dans sa main, afin qu'il soit spécialement assisté par Jésus, Marie et Joseph, dans ce terrible et sombre passage de la vie présente à l'éternité. Sa petite flamme tremblante dira à la Sainte Vierge, l'amour de son enfant pour elle. Cette prière muette à celle qui fut si souvent suppliée d'être présente "à l'heure de notre mort" remplacera le mot qui résume toutes les tendresses et toutes les détresses : mère ! mère !
Tu le vois, ma frêle nacelle Est le jouet de l'ouragan.
Marie, étends sur moi, ton aile; Sauve-moi, je suis ton enfant!
Parais, étoile tutélaire, Chasse les ombres de la mort.
Que ta bienfaisante lumière Me montre le ehemin du port.
Marie n'est-elle pas, en effet, l'Etoile du matin, dont la douce et captivante lumière accueille au seuil de l'autre monde, au matin de leur éternité, ces âmes qui se sont confiées en elle?