‹ Le Saint rosaireChapitre 66 sur 76 · LE DIRECTEUR ET LA FETE DU ROSAIRE · texte numérisé non relu

LE DIRECTEUR ET LA FETE DU ROSAIRE

1° Les fêtes de l'Eglise universelle qui étaient fixées jusqu'ici au dimanche, se célébreront désormais le jour du mois où elles sont marquées au Martyrologe.

La fête du Rosaire sera donc fixée au 7 octobre, date du Martyrologe, laquelle rappelle la victoire des chrétiens sur les Turcs, le 7 octobre 1571. C'est aussi la date qui lui avait été originellement donnée par saint Pie V.

Quoique fête de seconde classe, au rit romain, sa solennité est de première classe, c'est-à-dire que toutes les messes peuvent être de la solennité, sauf la. messe paroissiale qui doit toujours être de l'office du jour. S. C. R. 28 octobre 1913. Ami du Clergé, p. 979.

Rappelons pour mémoire, que les indulgences de la Portioncule Dominicaine sont à annoncer comme devant être gagnées — ce qui du reste est, ici, l'application d'un principe invariable — le jour de la solennité et non le jour de la fête.

2° Le Saint-Siège recommande de donner à la procession publique du premier dimanche d'octobre, le plus de solennité possible. "Nous approuvons "fort, dit Léon XTTI, que les confrères du Rosaire, "fidèles aux coutumes antiques de leurs devanciers, "fassent des sorties solennelles dans les rues pour "faire profession publique de religion." Supremi, 1 sept. 1883 ; Inter, 20 août 1885.

3° Le premier dimanche du mois s'entend au sens usuel, non au sons liturgique.

4° Là où il y a une chapelle du Rosaire, il est recommandé au prêtre d'exposer en un endroit apparent de l'église, une statue ou image de Notrel 'âme du Rosaire, et les fidèles gagneront les indulgences, qu'ils visitent soit la chapelle, soit cette statue ou tableau. Léon XIII, In eâ, n. 62, 29 août 1899.

5° Les processions solennelles, jure ordinario, ne peuvent dépasser les limites d'une autre paroisse, sans l'assentiment du curé. Tour les processions du Rosaire, le Saint-Siège a accordé, sous ce rapport, les privilèges les plus étendus, aux Dominicains, en réservant toutefois à l'évêque, le droit de déterminer l'itinéraire, s'il le juge à propos. S. C. R. 16 juin 1725.

6° Il est interdit aux femmes de pénétrer dans l'enceinte des couvents, même à l'occasion des processions. Benoit XIV, 3 janv. 1742.

7° Pour les indulgences de la Portioncule Dominicaine, voir p. 122.

8° Historique de la fête du Rosaire. Avant S. Pie V, la fête du Rosaire était célébrée à des dates diverses, et seulement dans certaines églises où la Confrérie était établie. Le 5 mars 1572, cinq mois après le miraculeux événement de Lépante, le saint Pape, afin d'en perpétuer le reconnaissant souvenir, fixa pour la célébration de la fête, la date uniforme du 7 octobre.

Le Pape Grégoire X 1 1 1 , le 1er avril 1573, étendit

la fête du Rosaire à toutes les églises de la Confrérie.

Enfin, le 3 octobre 1716, Clément XI, accordait le même privilège à l'Eglise universelle, afin de commémorer un prodigieux fait d'armes dû encore aux prières des confréries du Rosaire. C'était la victoire du Prince Eugène de Savoie. 250,000 Turcs, ayant envahi l'Autriche, le prince, dont l'armée était trois fois inférieure en nombre, leur livra bataille à Peterwardein, le 5 avril 1716, et leur infligea une humiliante et écrasante défaite.

Il ne saurait être indifférent que le prêtre rappelât aux fidèles, ce glorieux souvenir intimement lié — comme celui de Lépante — à cette grande fête. A eux seuls, ils suffiraient à résumer le rôle sauveur du Rosaire dans les destinées de l'Eglise, de l'Europe et de la civilisation. Cf. Ami du Clergé, année 1908, p. 636.

Page 1