MÉDITER EST CHOSE FACILE
Bon nombre de fidèles se persuadent trop volontiers qu'il leur est impossible de faire cette méditation, accessible seulement, selon eux, à certaines âmes d'élite. C'est une erreur profonde, tout comme il le serait de croire qu'un chrétien n'est pas tenu de connaître les principaux mystères de sa religion et d'y réfléchir de temps à autre.
Méditer, en effet, c'est réfléchir; et méditer sur les mystères du Rosaire, c'est réfléchir avec son esprit et son cœur, sur ce qu'ils renferment pour nous, d'enseignements et d'exemples.
Manière de Méditer.
Disons d'abord que l'on n'a pas à s'occuper du sens des mots qui composent les Pater et Ave ; il suffit que nous les récitions dévotement, au nom de
l'Eglise qui met ses propres prières sur les lèvres de ses enfants et leur assure une efficacité spéciale. Toute V attention — au sens raisonnable du mot • — doit porter uniquement sur le mystère de chaque dizaine.
"L'art sacré du Kosaire — écrit le Père Monsa- "bré — consiste à réciter dévotement les prières, "pendant que l'âme saintement occupée du mystère, "contemple, médite, goûte et produit des affections ' 'conformes aux diverses circonstances dans lesquelles nous apparaissent Jésus-Christ et sa très-sainte "Mère."
On se représente ce mystère avec les personnages qui y figurent ; on voit ce qu'ils font, on écoute ce qu'ils disent, on considère les sentiments qui les animent, les vertus qu'ils pratiquent, etc. Bref, cette méditation ne requiert, à strictement parler, qu'un pieux regard de l'esprit sur le mystère énoncé, et un élan affectueux du cœur. Ce n'est qu'un regard jeté vers le but mais il embrassé toute la route qui y conduit et nous empêche de nous en écarter.
"Ce simple regard du pauvre, de l'humble chré- "tien qui ne prétend pas raisonner, mais voir et ap- " prendre, lui fera connaître plus de divines choses "que les livres de beaucoup d'érudits .... Aussi "n'est-il pas douteux que de pauvres femmes en ré- "citant doucement leur Rosaire, font mieux l'orai- ' 'son mentale que ne la font bien des savants qui se "croient supérieurs au reste des hommes, et que "leurs superbes oraisons ne laissent cependant que
"pleins d'eux-mêmes et vides de Dieu." Cardinal Dechamps. La nouvelle Eve. Ch. XXXI.
"Les enfants — dit S. François de Sales — à força "d'ouïr leurs mères et de bégayer avec elles, appren- "nent à parler leur langage; nous, demeurant près "du Sauveur par la méditation et observant ses pa- "roles, ses actions et ses affections, nous apprendrons à parler, à faire et à vouloir comme lui."
Pour rendre cette méditation encore plus facile, qu'on veuille donc relire, de temps à autre p. 66, l'exposé général, les grandes lignes du sens littéral de chaque mystère.
Il faut méditer sur chacune des quinze dizaines.
L'on peut changer l'ordre des mystères, pour raison suffisante, mais il est absolument nécessaire que chacun des quinze mystères ait sa méditation et sa dizaine. S. C. I. 12 juillet 1726.
Quand Faut-il Méditer?
La méditation se fait en même temps qu'on récite la dizaine ou immédiatement avant. Si par distraction, on avait oublié ces quelques instants de méditation pendant ou avant la dizaine, on peut parfaitement y suppléer, immédiatement après, l'une étant ainsi moralement unie à l'autre. S. C. I. 1 juillet
Enonciation des Mystères.
Il n'est pas nécessaire d'énoncer le mystère, pourvu qu'on le médite. Toutefois, pour la méditation en public, la coutume s'est établie de réciter le lundi et le jeudi, les mystères joyeux; le mardi et le vendredi, les mystères douloureux; le dimanche, le mercredi et le samedi, les mystères glorieux. Cependant, il reste loisible de méditer sur d'autres mystères si on le juge à propos, par exemple pour compléter la récitation du Eosaire entier. S. C. I. 1 juillet 1839.
Vœu du Congrès Marial de 1900.
Le Congrès Mariai tenu à Lyon, France, du 5 au 8 septembre 1900, émettait le vœu suivant :
Attendu que dans ses principales apparitions, au XIXe siècle, la Sainte Vierge a clairement et spécialement prêché le Eosaire ; Attendu que le Vicaire du Christ, Léon XIII, faisant écho à la Heine du Ciel, a, dans de nombreuses encycliques — ■ insistance inouïe depuis le commencement de l'Eglise, pour aucune forme de prière — recommandé, non le chapelet simple, mais le Rosaire avec ses mystères, et qu'il n'a cessé de redire qu'il attendait du Eosaire bien compris, le salut de la société chrétienne ; Le Congrès émet le vœu que le Eosaire soit propagé avec une ardeur nouvelle et que dans ce but, dans toutes les familles, écoles, pensionnats , collèges et séminaires, on énonce en tout temps,
dans la récitation du chapelet, les mystères du Rosaire.
Les Ignorants, les Enfants, les Malades ou autres qui ne peuvent pas méditer.
Il faut reconnaître que la méditation même réduite à sa mesure la plus simple, est impossible à certaines personnes, pour cause d'ignorance, de faiblesse, etc. Dans ce cas, l'Eglise les met à même de gagner les précieuses indulgences du Rosaire , pourvu qu'elles en récitent les prières, avec piété. Toutefois, elle veut qu'elles s'habituent peu à peu à faire cette méditation, dans la mesure de leurs forces. S. C. I. 28 janv. 1842.
Ne convient-il pas de faire entrer dans la même catégorie — minus idonearum personarum — ces personnes involontairement distraites dont l'impuissance à fixer leur esprit, et brider leur imagination, constitue une infirmité réelle? Elles savaient déjà qu'aux yeux de Dieu, et à raison de leur bonne volonté, leurs prières sont excellentes ; mais, elles pouvaient se demander si, dans ces conditions, elles pouvaient gagner les indulgences attachées à la récitation du Rosaire. Me basant sur la décision que je viens de mentionner et si bien en harmonie avec le miséricordieux esprit de l'Eglise, je réponds oui, sans hésiter, avec les auteurs qui se sont posé la question.
Mystères du Eosaire et Intentions Correspondantes.
"Chaque mystère qui passe apporte un nouvel argument de prière on ne peut plus puissant sur le "cœur de la Vierge." Jucunda., 8 sept. 1897.
Nous nous contentons de donner ici, pour chaque mystère, des intentions spéciales que nous recommandons à raison de leur extrême importance, mais qui n'engagent, cependant, la liberté de personne.
mysteres joyeux.
L'Annonciation de la Très Sainte Vierge. Prions pour obtenir ou conserver l'état de grâce.
La Visitation de la Très Sainte Vierge.
Demandons la grâce de ne donner que de bons exemples.
La Naissance de Notre-Seigneur.
Demandons la grâce d'être des âmes de bonne volonté.
La Présentation de Notre-Seigneur au Temple.
Demandons le respect et l'amour de la Sainte Eucharistie.
Lk Becouvrement de Notre-Seignedr au Temple. Demandons V éducation saiyite des enfants.