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LE TRIPLE EMBLÈME DE LA PIÉTÉ ENVERS MARIE

Le Rosaire est devenu la prière par excellence, ayant sa fête à part et des plus solennelles. ÆEnrichi d’indulgences sans nombre, il constitue, après l1 Sainte Messe, le plus puissant secours de l'Eglise Souffrante du Purgatoire, parce que c'est la prière officielle de l'Eglise à Marie.

Le scapulaire du Mont-Carmel est le premier des scapulaires et a aussi sa fête propre, parce que c’est le scapulaire de Marie.

De toutes les médailles, la Médaille Miraculeuse est la première, avec fête spéciale encore, — concédée le 10 juillet 1894 — parce que c’est la médaille de Marie.

“Un triple lien se rompt difficilement" dit l'Ecriture ; Rosaire, Scapulaire, Médaille, voilà le triple lien qui unit le Cœur de la, Mère au cœur de ses enfants.

MaRie, PREMIER MINISTRE DE DIEU Au DÉPARTE- MENT DES GRACES.

Pourquoi donc ce déploiement vraiment extraor-

dinaire du culte de Marie, lequel — comme dans le nee

1 Funiculus triplex difficile rumpitur. Eccresraste, IV, 12.

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Rosaire où nous récitons dix Ave contre un Pater — semblerait reléguer son Fils lui-même au second plan? Dieu à voulu nous rappeler par cette éloquente leçon de choses, que toutes les grâces sont dans ses mains, qu'elle est son premier ministre au

département de sa Miséricorde, ! et qu'il est double- .

ment honoré quand il l'est dans sa Mère. Dès lors, si les pratiques de piété en l'honneur de Marie ont un rang éminemment à part, c'est qu'elles sont l’expression de son rôle unique et providentiel dans l'œuvre de notre salut, lequel lui est d'autant plus cher qu'elle le voit à travers le Sang même de son Fils. Oublier cette donnée capiisle serait se ,endre incapable de jamais rien comprendre à l'excellence sans parallèle que l'Eglise revendique pour le Rosaire,

LE VRAI CHRÉTIEN REÇOIT MARIE cHEz Lur.

“Représentant du Christ, nous ne pouvons nous ‘‘empêcher de redire à tous, les dernières paroles ‘que le Dieu Crucifié nous a laissées comme en tes- ‘‘tament : Voici votre mire — S. Jean, XIX, 27. “Tous nos vœux scront comblés, si tous les fidèles ‘‘n'ent désormais rien de plus à cœur que le culte “de Marie, et si on peut appliquer à chaque chré- “tien, ce que saint Jean a écrit de lui-même : Le ‘disciple la reçut chez lui.” AUGUSTISSIMÆ., 19 sept. 1897.

1 Cælestium administra gratiarum, 1 sept. 1883.

Léon XIII, SUPREMI.,

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L'Eglise naissante, à l'exemple du disciple bienaimé, prit Marie chez elle. “Ta Vierge devenue sa ‘mère adoptive, en soutint admirablement les com- ‘‘mencements difficiles, par la sainteté de ses exem- “‘ples, l'autorité de ses conseils, la douceur de ses en. ‘’couragements, l'efficacité de ses prières. Après ‘avoir été la Coopératrice de la Rédemption des ‘‘hommes, elle est devenue aussi — et pour tous les ‘temps — par le pouvoir presque illimité qui lui a “été départi, la dispensatrice de la grâce qui découle ‘de cette Rédemption.”’ ADIUTRICEM., 5 sept. 1895.

“Telle est la grandeur de Marie, si puissante est ‘la faveur dont elle jouit auprès de Dieu, que ne ‘pas recourir à elle dans ses besoins, ce serait vou- ‘loir, sans ailes, s'élever dans les airs.” AUGUSTIS- SIMÆ., 12 sept. 1897.

LE RosaIRE, PRIÈRE OFFICIELLE DE L'EGLISE À Marie.

Non contente de la receroir chez elle et de lui faire dans son culte, la part prépondérante déjà mentionnée, l'Eglise veut que tout fidèle reçoive aussi la Sainte Vierge chez lui; qu'il place en elle, la confiance et l'amour dus à la meilleure des mères ; qu'il voie dans le R« aire, cette toute aimable ct gracieuse formule d’étiquette divine qu’elle aime à trouver sur les lèvres de ses enfants, quand ils se pr'sentent devant son trône, pour solliciter l’obtention des grâces dont elle a été constituée l'auguste gardienne et dépositaire. ‘‘Le Rosaire nous conduit

‘à Jésus par la voie qu'il a choisie Jui-même pour ‘‘venir à nous, c'est-à-dire, la très sainte Vierge “Marie.” Cardinal Dechamps.

Pie X, le Pape de l'Eucharistie, aurait.il pu travailler de façon si efficace à restaurer le Christ au sommet de la vie chrétienne, même des enfants, par la communion fréquente, si Léon XIII, le Pape du Rosaire, n'avait pas frayé les voies au règne du Fils par le règne de Sa Mre.

Qu'on ne se flatte jamais d'aimer réellement Dieu et de le servir, si d'abord l'on n'est pas le fidèle serviteur de la Sainte Vierge. De Par une disposi- ! tion particulière de la Providence, ils sont aussi in-

séparables dans l’économie de la grâce et de notre salut, qu'ils le sont dans l'ordre de la nature.

S. Hyacinthe, dominicain polonais, fuyait devant les Tatars qui venaient de s'emparer de la ville de Kiev, en 1240. Portant le Saint Sacrement, il franchissait la balustrade du sanctuaire, quand il entendit une voix d’une douceur ineffable, qui semblait venir d’une statue de la Sainte Vierge vénérée dans l’église : ‘Mon enfant, ne sépare pas la Mère, de son T'üls. Emporte-moi.? Comment soulever un pareil poids, se demandait le saint, en regardant l'image d’albâtre couronnée d'or, présent du duc Vladimir. Mais, sans effort, la main du serviteur docile, soulevait la statue, et les Eaux du Dnieper se faisaient solides pour honorer le Passage de ce touchant et gracieux miracle.

Durant notre court séjour sur la terre, harcelés

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ei pressés de toutes parts, par le mal, appliquonsnous la parole adressée à Hyacinthe : Emporte-moi. Oui, emportons — non plus dans nos bras — mais vivante dans notre cœur, la virile tendresse de ces deux amours de la Sainte Vierge et du Saint Sacrement qui sauront assurer notre fuite de l’enfer, et guider notre course vers la paix de l'éternel bonheur.

L'homme s'agit et Dieu le mène, dit uu proverbe. Ncus pouvons ajouter que la prière, à son tour, mène Dieu, en ce sens qu'il s’est engagé à se rendre aux supplications qu'on lui adresse. Quand ces supplications lui viennent de sa Mère, elles lui sont irrésistibles. Marie est, en effet, la Toute-Puissance Suppliante, — Omnipotentia Supplez — et elle n’est jamais mieux amenée à remplir ce rôle que par le Rosaire, sa prière préférée. La Vénérable Mère Hallahan, religieuse dominicaine, disait des grains de son rosaire : ‘‘Ce sont les boulets de canon de Notre Dame’; et en réalité, elle les avait vus abattre plus ‘d'un formidable ennemi, pulvériser des obstacles humainement infranchissables. C'est contre le mal, l'arme des victorieux, parce que c’est l’arme de la Reine de la Victoire.

Les titres du Rosaire ont été proclamés avec des accents incomparables par un Pape qui incarna sur la Chaire de Pierre, la piété des âges pour la Vierge. Sous la plume de Léon XIII, c’est toute une litanie d'excellence qui jaillit à la louange du Rosaire :

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‘dont Marie fut l'auteur et la maîtresse ; l'exercice ‘de piété le plus utile ; la formule de prière la plus “‘touchante ct la plus efficace ; le mode idéal de sup- “plication; le moyen assuré d'attirer la clémence “divine ; la prière incomparable et d'efficacité sou- “veraine ; l'arme invincible contre les ennemis de la ‘foi; la prière toute belle et toute féconde; le ré- “‘sumé du culte dû à Marie : le moyen sans égal de ‘mériter sa protection et ses grâces ; le noble em- “‘b'ème de la piété chrétienne’”

Taspiré par le même vibrant enthousiasme, le

Souverain Pontife Benoit XV écrit au père Becchi, EE ar

nobilis instar tesseræ christianæ pietatis. SUPERIORE., 30 août 1884. :

. summa debiti Mariæ cultûs. Acrospr., 22 sept. 1891.

. nullo se posse meliori pactô, ifsius patrocinium et gratias demereri. Ibid.

-. bellicum instrumentum ad hostes fidei debellandos prævalidum, Ibid.

. pulcherrimä fructuosâque prece Mariæ peracceptä. Macnx., 7 sept. 1892.

. cujus Maria inventrix et magistra. LæTITix., 8 sept. 1803.

-. optimum præsidium divinæ propitiandæ clementiæ. Ju-

+ CUNDA., 8 sept. 1894. .

+ Sacratissimâ prece et saluberrimæ virtutis. Ibid.

- Supplicandi genus præstantissimum. Divrurni., 5 sept. 1898,

- probatissima et piissima precandi formula. Up: PRIMUM., 2 oct. 1898.

saluberrimum pietatis officium. Ibid.

. de: variis divinæ Matris formulis et rationibus, Rosarium nominatim indicare placet. Ocroger., 22 sept. 1891.

+ per admirabilem Rosarii orandi ritum, splendidissimus Deo exhibetur religionis cultus et plena fidei christianæ confessio, INTER., 11 sept. 1887.

- hoc vero munus (conciliandæ nobis divinæ gratiæ) in nuilô fortasse orandi modô tam patet expressum quam in Rosario. Juc-Npa., 8 sept. 1894.

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