‹ Le saint Rosaire [microforme]Chapitre 46 sur 172 · TROISIÈME MYSTÈRE DOULOUREUX · texte numérisé non relu

TROISIÈME MYSTÈRE DOULOUREUX

Le Couronnement d'épines.

Durée, trois quarts d'heure: de 714 heures à 8 heures, matin du vendredi.

Demandons le zèle à nous instruire de la Religion, et la victoire sur le respect humain.

Les bourreaux ont détaché le condamné. En aura-t-on enfin pitié? Non. Les soldats de Pilate, rassemblés autour de lui, n'entendent pas perdre une si belle occasion de s'amuser,

Jésus s'étant appelé Roi, ils vont trouver dans ce tre, l'idée de nouveaux outrages. On lui jette sur les épaules, un lambeau d'étoffe rouge, pour rappeler le manteau des souverains, et on lui met dans les mains, un roseau en guise de sceptre. Ta grosseur ordinaire de cette sorte de roseau, était d’un pouce, et sa longueur d'environ six pieds. Tressant à la hâte, des branches d'épines aux dards multiples et très longs, ces misérables en font une espèce de casque militaire qu'ils placent sur la tête de Jésus,

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et, comme il ne peut tenir, l'y enfoncent à coups redoublés. Les veines si nombreuses de la tête étant ouvertes laissent couler le sang en abondance. Sainte Catherine de Sienne qui contempla cette scène, dans une vision, écrivait ces paroles qui concordent pleinement avec le récit de l’évangile: ‘Qui le croirait? Certaines épines de sa couronne ‘‘avaient pénétré jusqu'au cerveau.” C'est affreux, mais, c'est gai pour ces brutes : on rit. Prenant cet air grave de bouffons qui imitent une cérémonie 80lennelle, ils s'approchent les uns après les autres, se mettent à genoux devant Jésus, en disant : ‘‘Sa- ‘“‘lut, roi des juifs." Puis se relevant, ils saisissent le roseau et l'en frappent sur la tête pour y faire entrer plus à fond les épines, lui bandent les yeux, le frappent au visage, le souillent d’infâmes crachats. Rarement la lâcheté devait se montrer plus vile, plus monstrueuse.

Pilate jugeant le moment propice, montra au peuple, sa victime ruisselante de sang, couverte de plaies béantes, épuisée, méconnaissable. Attendri par ce spectacle, le peuple se taisait. Mais, st fureur rallumée bientôt par les excitations d'ignobles politiciens dont il avait fait ses chefs, lui arrachait de nouveau le cri ‘‘Crucifiez-le, crucifiezle.” Marie entendit-elle ces rugissements de tigres altérés du sang qui restait encore à son fils?

Que cette troisième effusion du sang de Notre Seigneur nous rappelle entre autres devoirs, celui dé nous instruire le plus possible, de notre religion Dieu nous a donné une intelligence pour méditer le bonheur et les beautés de son éternité ; il ne faut

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pas qu'une ignorance coupable la tienne éloignée de cette essentielle occupation. Là où il n’y a pas d'instruction, le flambeau de la foi qui la suppose, s'éteint; ce qu'il faut éviter à tout prix, si nous voulons nous sauver, Enfants d'un Dieu qui s’appelle le Père des Lumières, nous devons à notre tour, être des porte-lumières en travaillant à le connaître et à le faire connaître.

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