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Qu'il soit mortel ou véniel, le péché produit en nous, un double effet: nous contractons une souil
lure d'âne que l'on nomme la coulpe, et, de plus,
nous méritons une peine; peine éternelle de l'enfer, si le péché est grave, ou peine temporelle du Pur gatoire, si le péché est véniel. Or, par le Sacre ment de Pénitence reçu avec la contrition mêmi imparfaite, Dieu efface la souillure de la coulpe, et change — s'il s'agit d'un péché mortel — la peine éternelle de l'enfer en la peine temporelle du Pur gatoire,
Cette dernière expiation si douloureuse et si re doutable par elle-même, comment y échapper? De deux manières: par nos propres œuvres satisfactoires de pénitence, ou par celles de Notre-Seigneur et des Saints.
Pour comprendre le rôle de ces satisfactions, il faut savoir qu'à l'encontre du double effet du péch dont nous avons parlé, toute bonne œuvre possèd: une double valcur: l'une méritoire, et l'autre satisfactoire,
La premiére signifie pour l'âme une augmenta tion de grâce et de sainteté qui lui donne droit à un degré de bonheur plus élevé, à un plus beau trône au Ciel. Cette valeur du mérite est stricte mnt personnelle et ne saurait être appliquée à un autre. Personne ne peut, en effet, être bon, à la place d'un autre, si ect autre ne l'est pas ; comme inversement, cet autre ne peut faire que le mal qu'il à commis, il ne l'ait point commis.
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La valeur satisfactoire qui est l'acquittement ou ‘ payement de la dette de peine temporelle encouvue par le péché, peut, au contraire, étre appliquée
d'autres. Ainsi Notre-Scigreur Jésus-Christ et la Sainte Vierge n'ont jamais eu besoin pour euxmèmes, de ces satisfactions, beaucoup de saints
ont fait pénitence au-delà de leurs besoins personnels. Toutes ces satisfactions où expiations suribondantes ne sont pas nerdues, inais destinées à devenir les satisfactions d'autres plus dépourvus. Elles forment, toutes réunies, ce magnifique trésor de famille que l'on appelle
Le TRÉsOR DE L'EGLISE.
Pour arriver à nos ânes, leur bienfaisante influence passe par des chemins nombreux connus de Dieu seul, et surtout par l’intermédia’re de l'Eglise qui les offre sous le nom d’indulgen :, à ceux de ses enfants qui veulent en profiter po: eux-mêmes ov qui désirent venir en aide aux Ames du Purgatoire. Le nom d’indulgence existait depuis longtemps. Chez les païens et les juifs, il signifiait l'amnistie — partielle ou totale, comme chez nous __ accordée à certains jours, dans une pensée de r'jouissance publique. Ce privilège d'amnistie, cet erercice du droit de grâce transporté dans le «domaine de l'expiation, sauve de la peine temporelle,
et
comme la confession bien faite délivre de la coulpe et de la peine éternelle.
L'Eglise catholique est une immense société d'assistance mutuelle. Le Christ nous a d'abord apporté les satisfactions surabondantes de sa vie, de se: travaux, de sa mort sanglante : tel est le fond premier de cette mutualité. Il nous convie à joindre à son divin apport, noire versement propre, tout ce que nous avons de meilleur ici-bas, la prière, l'aumône, nos pénitences, nos sacrifices, en un mot, ce qui manque à sa Passion, selon un mot de saint Paul, en vue de constituer un trésor dont il a assuré à ses fidèles la mise en conmun. C’est là que nous pouvons puiser pour satisfaire à la justice de Dieu en ce qui regarde le payement de notre propre dette,
comme aussi ce qui servira à payer la rançon des âmes captives et à les mettre en possession du lieu de rafraïchissement, de la lumière et de la paix. Ce lien de solidarité divine qui nous-fait ainsi porter le fardeau les uns des autres — alter alterius oners portate — en vivant chacun pour tous et tous pour chacun, s'appelle dans la langue de l'Eglise