‹ Le saint Rosaire [microforme]Chapitre 60 sur 172 · INDULGENCES PLÉNIÈRES ET PARTIELLES · texte numérisé non relu

INDULGENCES PLÉNIÈRES ET PARTIELLES

L'indulgence plénière est le pardon complet de la peine temporelle due au péché. Ie chrétien qui mourrait après avoir gagné une indulgence plénière, irait droit au Ciel. Il en serait de même d'une âme du Purgatoire si l’indulgence appliquée en sa faveur ne trouve pas d'obstacle du côté de Dieu. Il est, en effet, opportun de faire remarquer que si, en ce qui concerne les vivants, l'autorité de l'E. glise étant de délégation divine : ‘Tout ce que vous délierez sur la terre, sera délié dans le Ciel’’ elle les absout ou pardonne directement — elle ne le peut qu'indirectement, par voie de suffrage ou d’expiation, quand il s’agit des défunts. fn un mot, l'Eglise atteint l’autre monde, non par voie d’autorité ou de juridiction, mais par voie de charité, et l'application qu’elle fait des «suffrages aux Ames Souffrantes est laissée au bon plaisir de Dieu.

L'indulgence partielle — comme le nom l'indique — est la remise ou le pardon d'une partie seulement de la peine qui reste à subir. Elle peut être de quelques jours, d'une on plusiers anntes.

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Appliquée à une âme du Purgatoire, cette âme sera délivrée d'une peine égale à celle qui lui aurait été pardonnée, si quelqu'un avait offert pour elle, autant de jours-ou autant d'années des anciennes pénitences de l'Eglise. A quel soulagement dans le Purgatoire, équivalent cès jours ct ces années

c'est le secret de Dieu.

Il est bon de savoir que ces pénitences étaient très sévères, ct par conséquent, d'une grande valeur expiatrice. Le pécheur revêtait un habit noir et grossier. Femme, on lui coupait les cheveux. Le premier jour du carême, on lui mettait des cendres sur la tête, au milieu de l’assemblée, d’où notre mercredi des cendres. Et pendant le temps de la pénitence qui était plus ou moins long, selon la faute, l'on ne pouvait assister aux offices, que de la porte, et encore était-on exclu des principales parties de la Messe.

Nous allons citer quelques-unes de ces pénitences infligées pour des péchés qu'on se pardonne aujourd'hui, hélas! bien facilement. Celui qui avait blasphémé, devait pendant tout un carême ou quarantaine, jeûner au pain et à l’eau, tous les vendredis, et se tenir tous les dimanches, à la porte de l'Eglise, à l'heure des offices ; le dernier de ces dimanches, le coupable était pieds nus et la corde au

cou. Pour avoir dit du prochain, des paroles dommageables, sept jours au pain et à l’eau; pour conversations déshonnëtes, 30 jours de pénitence ; pour avoir désiré commettre un péché 1mpur, deux ans; la fornication était condamnée à trois années de pénicence, et l’adultère, à sept ans. En cas de refus de se plier à ces rigueurs, l'entrée de l’église était complètement interdite au coupable, et, après sa mort, il était privé de la sépulture chrétienne.

Aujourd’hui la pénitence canonique a disparu; in pénitence sacramentelle qui se donne en confession en est le seul vestige. Mais si notre foi et notre énergie ressemblent si peu à la foi et à l'énergie de nos pères, le péché ne perd rien, pour cela, de sa malice, et dès lors, {2 nécessité de la pénitence reste entière. Si l'Eglise s’est relâchée d'exigences redoutebles, elle n'a, par contre, renoncé à aucun principe.

Les Indulgences qui nous pardonnent totatement ou en partie les peines de l’autre vie, sont donc d'une souveraine importance, et nous devons d’autant plus nous efforcer d’en profiter, que nous sommes moins enclins à faire des œuvres satisfactoires pour nos propres péchés. ‘Faites pén 'ence, car. vous périrez tous, de la même manière,” disait Notre-Seigneur; cette parole menaçante devrait faire l’objet de nos plus sérieuses réflexions et nous pénétrer de cette crainte de Dieu qui nous manque. irdifférents que nous sommes au sujet du péché e: de ses terribles conséquences.

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