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Le Saint-Siège et la Russie; leurs relations diplomatiques au 19e siècle

Le Père Paul Pierling est mort çers la fin du mois de février de cette année, a^ant d'aç^oir çu paraître ce Iwre. C^est à lui que de^^ait revenir le soin de V écrire. Le sujet lui était familier. Il avait consacré à ce genre d'études la plus grande partie de sa longue vie; personne, peut-être, ne connaissait comme lui, à ce point de vue, les bibliothèques et les archives de Russie et d'Italie. Le cinquième volume de son grand ouvrage, la Russie et le Saint-Siège, se termine à la rupture consommée entre le jeune empereur Alexandre I^^ et le pape Pie VIL Le Père Pierling se proposait de continuer son œuvre. L'âge et la maladie, avant de le terrasser définitivement, lui ont rendu ce labeur impossible, et il a dû V abandonner à une main plus jeune. Le vénéré octogénaire portait un vif intérêt à mon travail; ses conseils et ses critiques ne m auront pas été inutiles. Il a eu la force de relire V introduction et les trois premiers chapitres. Pour le reste, fai parfois bénéficié des trésors que sa mémoire très fidèle conservait intacts. Telle l'impression inoubliable que lui avait laissée, dans son enfance, le regard terrible de Nicolas I^^, rencontré au hasard d'une promenade. En évoquant ici le souvenir du Père Paul Pierling, f accomplis un devoir de piété filiale.

On distinguera dans le présent livre la mise en œuvre et les matériaux employés. La mise en œuvre est ce qu'elle est; mais les matériaux sont bons. En particulier, les travaux russes ont été largement mis à profit. Je ne veux ici ni discuter ni diminuer la valeur des autres sources. J'ai seulement invoqué, de préférence, le témoignage des historiens russes et orthodoxes, peu suspects de présenter les

faits sous un jour défavorable à leur thèse; et clans ce qui ç^enait cVailleurs, fai écarté ou négligé certaines exagérations. La vérité, telle que fai cru V entrevoir, ma paru suffisamment triste et saisissante.

Il y aurait quelque injustice à faire le procès des historiens qui ont jadis abordé le même sujet, comme le Père Augustin Theiner, vers 1840, et plus tard le Père Lescœur. Le seul reproche que je leur adresserai, cest de n avoir pas fait assez valoir les pièces dont ils disposaient et quils ont reléguées dans de copieux appendices. Ma documentation s' enchevêtre avec la leur, la complète, et, sur bien des points, la dépasse. Une très haute bienveillance, sans laquelle ce livre eût été impossible, m'a ouvert de précieux trésors, et fy ai puisé à pleines mains. Quil me soit permis de marquer ici ma plus respectueuse reconnaissance.

Certains trouveront sans doute que les grands faits qui forment la trame de Vhistoire du dix-neuvième siècle ont été trop négligés. Il ne ni appartenait pas de les raconter, et je me suis strictement enfermé dans mon sujet. Quon ne cherche donc pas ici, par exemple, le tableau coniplet des négociations de Consalvi à Vienne, ou celui des révolutions de 1830. De Vhistoire génércde, je ne devais retenir que ce qui était indispensable à la clarté de mon récit.

Pendant de longs mois passés à Rome, fai mis à V épreuve la complaisance de deux archivistes laborieux et compétents, monsignor Pietro Pirri, et son successeur monsignor Pietro Borgia. Dans un autre département, monsignor Angelo Mercati, monsignor Ugolini, le commandeur Ranuzzi, in ont rendu les plus grands services. Je ne saurais trop les remercier. Enfin les circonstances rnont empêché de corriger les épreuves et de faire la table onomastique. Mon ami très dévoué, M. Ferdinand Cavallera, professeur à V Institut catholique de Toulouse, a bien voulu se charger de cette double tâche, je lui en exprime toute ma gratitude.

Adrien BOUDOU, S. J.

18 avril 1922.

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