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On a vu, en cfl'et, que la fortune globale du ghetto était alors de : 300.000 écus.
Il faut y ajouter les 20 à 25 pour cent défalqués aux déclarants, ci. 65.000
plus, la valeur des mobiliers personnels, ci. 30.000
et le capital représentatif des charges fixes, tellesqu'impotsjusgazagà, ci. 290.000
Ce qui donne un total de 685.000 écus.
Méchamment, le scribe du Vatican ajoute : « Voilà ce que l'on connaît des richesses des juifs, mais ce que l'on ne connaît pas est probablement bien plus considérable (1) ». Et, de fait, ce chiffre doit être inférieur à la réalité ; car, comme les vingt familles les plus riches possédaient à elles seules, à ce que disent les suppliques, les six septièmes de cette somme, on voit que l'aisance des autres cent quatre-vingts familles eut été, dans ce cas, fort relative (2).
Ce capital de plus d'un demi-million d'écus était employé pour la plus grande partie en avances. Cela rapportait gros. Les prêts d'argent sans nantissement se faisaient à raison de 50 pour cent par an; les avances sur gages à raison de 18 pour cent. C'était le taux ofli-
(i) Bibl. Vat. Cod. Vat. 771 1. Cf. 11 vero Stato. (2) Llies n'auraient eu chacune qu'un capital de cinq cent quarante écus.
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ciellement autorisé (1). Cependant, les juifs affirmaient qu'en moyenne l'argent ne leur rapportait pas plus de 18 pour cent, et ils se plaignaient de la modicité du taux. Encore fallait-il déduire de leurs bénéfices, affirmaient-ils, le courtage que prélevaient les officiers préposés aux ventes publiques, courtage fixé, par Sixte-Quint, à un giulio par écu , soit environ 7 pour cent, ainsi que les pertes fort lourdes résultant des méventes des objets laissés en garantie.
La perte n'était pas moindre de huit mille écus par an, au dire des marchands. On les accusait bien de prendre certaines précautions pour en atténuer la gravité, comme d'inscrire sur leurs registres et sur leurs reçus des descriptions intentionnellement \ ligues des objets engagés afin de pouvoir, au moment de la vente, y substituer des objets de moindre valeur sur lesquels le débiteur perdait beaucoup; d'avoir une singulière prédilection pour les boutiques sombres où les marchandises se voyaient mal; d'assiéger les salles de ventes, d'y faire du vacarme et du tumulte afin d'en chasser les acheteurs étrangers, les bourgeois paisibles; et, s'il s'en introduisait d'aventure quelqu'un, de lui jouer tant de pièces et de l'injurier de si belle façon, que force lui était bientôt de quitter la place et de leur laisser le champ libre; de se livrer
(I) Mntu proprio de Sixte-Quint, en date du i janvier f.'is:.
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enliii à des collusions pour fausser les enchères (!).
Ces accusations étaient officiellement admises 2 .
En somme, en tenant compte d<> cette perte de huit mille écus et en admettant, comme le prétendaienl
les juifs, qu'un tiers de leur capital disponible restait improductif, on voit que le revenu avoué des familles aisées devait s'élever, en 1668, par exemple, à vingthuit mille écus au moins.
La situation du ghetto n'eût donc pas été trop mauvaise, sans les impositions extraordinaires exigées par le Saint-Siège, et peut-être aussi sans une certaine tendance, de la part des juifs, à laisser les choses s'aggraver, s'embrouiller à dessein.
(1 ) L'ordonnance du '20 août 1 60b les interdit sous des peines assez sévères; elle autorise toutefois les marchands juifs à s'entendre à deux pour acheter un objet valant plus de douze écus; à trois, s'il dépassait vingt-cinq écus.
(2) Un édit en date du 10 avril KiOO défend aux juifs de « far rumore o baccano, ne mena dur lu hurla l'un l'altru » durant les enchères, et l'ordonnance de lOOii ajoute que les juifs ne devront pi os « injuriare, bravare, far occhiature, mozzicarsi il dito, ne in qualsivoglia mudo minm-rinrr, u beffare » les étrangers. Paul V, <iivgoire XV s'efforcèrent, mais en vain, de faire cesser cet abus.
Voyez, pour une époque plus voisine : Dissertazione sopra ilcommercio, usure e condottadegliEbreinello Stato Pontificio, Home 1820.