‹ Le salicylate de soude dans le traitement de la polyarthrite chronique évolutiveChapitre 18 sur 18 · SE. LE · texte numérisé non relu

SE. LE

la longue durée d’un traitement sévère (nombreuses intra-veineuses) et de l’immobilisation au lit. Mais devant une affection aussi grave, il nous semble que tout doit être tenté. On ne saurait reculer devant aucun sacrifice pour éviter à ces sujets de devenir des graba-

taires.

2°) La deuxième partie de notre travail a porté sur l’étude d’une méthode préconisée par PELLÉ chez des rhumatisants aigus : l'injection lente et continue de salicylate de soude en goutte-à-goutte intra-veineux dans du sérum giucosé isotonique.

Nous n’avons pas essayé ce traitement dans la maladie de Bouillaud. Nous l’avons appliqué à quelquesunes de nos polyarthrites chroniques évolutives et surtout nous avons essayé de soulager rapidement par ce moyen quelques algies sciatiques et lombaires.

Nous pouvons conclure de nos observations :

a) Chez nos malades, la méthode a généralement échoué ou n’a donné que des résultats médiocres et critiquables.

b) Chez presque tous nos sujets sont survenus des incidents thérapeutiques, bien souvent ils nous ont obligée à interrompre le traitement.

Si l’on reprend nos observations, on peut dire que

-ces incidents, ont été essentiellement des chocs : Île

tableau habituel était fait essentiellement de frissons,

Ur

de fièvre, de fatigue. Chez un même malade, ces symptômes n’apparaissaient pas à toutes les injections. Nous

avons cherché à préciser la causé de ces incidents.

— Nous avons d’abord pensé que nos solutions étaient trop concentrées et que nous les faisions passer trop rapidement. Nous avons corrigé ces deux défauts mais nos patients ont continué à présenter les symptômes déjà décrits.

— Nous avons éliminé les perturbations de la thermo-régulation qui peuvent être dues à l'introduction de liquide froid dans la circuiation. En effet, comme nous l’avons dit plus haut, nos ampoules de sérum étaient tiédies et nos tubes d'admission étaient

portés à 37° en traversant un bain-marie.

— Restait à envisager isolément ies différents

constituants de nos solutions :

Le sérum glucosé employé seul est quelquefois responsable de pareils accidents. Une enquête pratiquée dans plusieurs services de chirurgie où il est employé largement, nous l’a prouvé.

Cependant, chez un des malades du service, nous avons injecté une solution de salicylate de soude dans du sérum physiologique. Le malade fit un choc léger avec frissonnements pour une dose de six grammes dans 200 cm3. Par conséquent le sérum glucosé ne saurait être considéré comme seul responsable de, ces

incidents.

ENT Es

Dans le même esprit, nous avons chez un malade qui avait fait un choc par le salicylate glucosé en goutte-à-goutte, injecté également en goutte-à-goutte du gluconate de calcium dans une solution de sérum glucosé. Il ne s’est rien produit.

D’autre part l’injection de gluconate de calcium dans du sérum physiologique en goutte-à-goutte intraveineux a toujours été très bien supportée.

En conclusion nous nous sommes trouvée devant ce fait paradoxal bien mis en évidence dans notre observation numéro 7 : l’injection lente d’une solution glucosée de salicylate de soude est moins bien supportée que l’injection à vitesse normale faite sans précautions spéciales. En effet, en reprenant cette observation numéro 7, on voit que le malade faisait un choc très violent pour 6 grammes de salicylate en goutteà-goutte intra-veineux dans 100 cm3 de sérum glucosé passant en une heure; il supportait au contraire sans aucun troublé l'injection d’une dose égale de salicylate faite par la méthode habituelle.

Notre malade numéro 5 a même supporté pendant près d’un mois l’injection intra-veineuse quotidienne de 6 grammes de salicylate ‘de soude sans le moindre symptôme d'intoxication. De même pour le malade de notre observation numéro 8.

Tel est Le fait : les remarques consignées plus haut tendent à établir que c’est bien le salicylate lui-même

et non une autre circonstance de l'injection qui dans

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ce procédé du goutte-à-goutte est responsable du choe. Faut-il admettre que la présence longtemps entretenue de ce sel libre dans le plasma (même à doses très réfractées) provoque l'intolérance, alors qu’introduït à doses massives et vite fixé (soit sur les albumines, soit sur les cellules du sang ou des parois vasculaires) sa nocivité est vite masquée ? Telle est }a question que nous nous efforcons actuellement de résoudre sans

pouvoir y donner encore de réponse.

3°) Il nous reste à interpréter les résultats de nos dernières observations, celles des sujets traités au salicylate de caleium. IT est probable que dans le salicylate de soude l'ion salicyl possède les propriétés anti-rhumatismales ; on a même pu prétendre que l’ion sodium était contre-indiqué chez les rhumatisants. Il serait capable de favoriser l’æœdème, de s'opposer aux éliminations aqueuses, de bloquer les espaces interstitiels. De telles critiques ont en réalité une portée bien restreinte, notre pratique du salicylate à hautes doses en fait foi. Mais par ailleurs on sait les heureux effets du calcium sur les polvarthrites, en particulier sur les polyarthrites anciennes et refroidies. Le calcium est doué de propriétés anti-phlogistiques : il diminue les infiltrations tissulaires, il influence favorablement les vaso-moteurs et assouplit les articula-

tions malades.

C’est dans cet esprit que nous avons utilisé le sali-

EP, Sade nt JM 2

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nr :

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cylate de calcium. Nous n'avons recueilli jusqu'ici que trois observations; nos résultats ne sauraient être considérés comme définitifs; aussi ne pouvons-nous qu’ébaucher des indications thérapeutiques sans avan-

cer de conclusions fermes :

— Notre premier malade, celui de l’observation 20, était atteint d’une polvarthrite ancienne fixée, il

fut sensiblement amélioré.

— La deuxième observation numéro 21) était celle d’une forme en pleine évolution: le salicvlate de calcium échoua. Aussi. pensons-nons que le salicylate

de calcium, comme le gluconate de caleium, est sus-

septible d’améliorer surtout les polyvarthrites arrivées

à un stade évolutif avancé en dépit de tous les autres . ! .

traitements. Dans ces conditions seulement, on est en LI LI # L « (JR E

droit d’espérer obtenir des succès souvent partiels

mais toujours très appréciés des patients qui retrou-

, . : , = vent l’usage de quelques articulations jusqu'alors con-

damnées.

Nous devons signaler deux difficultés techniques : æ

— Ja difficulté de dissolution du salicylate de ealcium ; à — Ja sclérose rapide du système veineux périphé-

rique.

CONCLUSTONS

I. — La salicylothérapie intensive et prolongée est susceptible de donner des résultats très satisfaisants dans le traitement d’un certain nombre de polyarthrites chroniques évolutives : elle améliore les symptémes fonctionnels, suspend l’évolution de la maladie, fait baisser les chiffres de vitesse de sédimentation glo-

bulaire. ; \

IT. — L'association de pyramidon ou d’antipyrine ‘au salicylate de soude renforce l’action de ce dernier

médicament et en augmente la tolérance.

IT. — La salicylothérapie ne saurait cependant supplanter tous les autres moyens thérapeutiques, la chrysothérapie en particulier; celle-ci doit en effet rester le médicament de choix des polyarthrites chroniques. Mais là où l’or a échoué, là où il a été mal toléré : là où il a dû être abandonné pour une raison quelconque, on reste en droit d'espérer juguler par la salicylothérapie certaines formes sévères de cette redouta-

ble affection. :

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IV. — L'administration de salicylate de soude en goutte-à-goutte intra-veineux (méthode de PELLÉ) ne semble pas à recommander dans les polyarthrites chroniques. Nous avons essayé par ce moyen de calmer rapidement les algies sciatiques et lombaires. Entre nos

mains les résultais furent médiocres.

V. — Nous n'avons pu qu’envisager l’emploi du salicylate de calcium. Ce médicament permettrait d’associer aux propriétés anti-phlogistiques du calcium les

bons effets de l’ion salicyl observés chez nos premiers

malades.

Vu Vu Le Doyen : Le Président de la These :

BAUDOUIN LAIGNEL-LAVASTINE

Vu et Permis d’Imprimer Le Recteur de l’Académie de Paris :

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