‹ Le Salon cerise, comédie en 1 acteChapitre 3 sur 14 · SCÈNE III BARBIZET, seul · texte numérisé non relu

SCÈNE III BARBIZET, seul

Ainsi, les domestiques lo remarquent!... Elle est inconsolable, elle passe sa vio à refaire faire son portrait sous toutes les formes... c’est la veuve Mausole... J’ai épousé un regret éternel... ça commence le matin et ça finit le soir, et encore... quand je dis le soir... la nuit, parfaitement, la nuit je l’entends qui dit : « Anatole ! mon Anatole ! » Je n’ai pas l’air, mais je suis froissé... Quand nous avons eu le malheur de perdre Anatole, elle a jeté tant de cris que je me suis dit : ça, c’est une femmebàtie pour faire Iebonhcur d’un homme... Du moment qu’elle regrette tant son premier, qu’est-ce que ce sera pour son second ? Et puis, j’en avais assez de la vie de garçon... vous savez, cette vie d’orgio qui consiste à rencontrer des blondes à qui l’on dit : « Puis-je espérer que dans six mois vous serez moins inhumaine? » et qui, le lendemain, vous écrivent : « Ernest, il m’arrive un grand malheur 1 Mon mobilier se mange aux vers! » Car je ne sais pas à quoi ça tenait, mais j’ai toujours rencontré des blondes dont le mobilier se mangeait aux vers. Chacun a sa mission dans ce monde... moi, la mienne était de renouveler les meubles. Eh bien, à la longue, on n’a aucune idée comme ça devient un plaisir fade. (On sonne au dehors.) Le coup de sonnette d’Amélie !

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