‹ Le salon de 1845: précédé d'une lettre a BérangerChapitre 3 sur 13 · XII · texte numérisé non relu

XII

Cest ici que j'en voulais venir, par application à Fart des peintres et des sculpteurs. Vous vous rappelez, Monsieur, ces luttes de la critique depuis quinze ans, les uns soutenant que l'art ne signifie rien du tout, que c'est un caprice bizarre et individuel, inintelligible pour le vulgaire; les autres, ayant r instinct de la divinité de l'art, exigeant que le style et la forme fussent toujours le vêtement d'une pensée significative. Ceux-là répondaient qu'il suffisait que la statue fût belle, oubliant que Pygraalion voulait encore l'animer d'un rayon volé dans les cieux. Mais nous, plus ambitieux que ces matérialistes modernes, nous aspirions toujours, comme l'artiste antique, à voir descendre la vie divine et humaine dans la forme créée spontanément. Nous appellions l'art une création vivante, ou l'expression de la vie.

On nous passait volontiers cette manie dans les sujets historiques on dans les grandes compositions. Mais, disait-on, que vient

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