‹ Le Salon de Joséphin PéladanChapitre 19 sur 37 · SALLE XVIII · texte numérisé non relu

SALLE XVIII

Encore la mer, immense comme l’agacement qu’elle nous cause, en dépit des écumes de Mesdag.

Oh ! oh ! voici que Paul Laurens sort de son théâtre historique, de ses voyants costumes, sous les traits d’une Ophélie d’une si jolie maigreur en tunique pâle et qui s’avance vers les saules, avec derrière elle un excellent paysage ; voilà qui vaut mieux que les inquisiteurs et de plus grand art : peu et même point de choses de Laurens ne m’ont faire encore hors de ses dessins, le plaisir poétique que je trouve ici. J’aime moins la tête de Mounet^ prince de la Comédie française, effarée et se détachant sur des enrubannements de couleurs ennuyeuses.

Lahaye nous montre une salle d’armes élégante : ce serait bien pour Parw au Salon, l’intérêt en est mince, sinon pour les amis et connaissances de cette série de portraitures.

Jadis Leblont ^Qigmx la guerre sainte, il y avait le buis des rameaux au feutre, sur le cœur, le sacré cœur; maintenant ce ne sont plus que des soldats qui chargent par ordre ; c’est mouvementé, bien peint et parfaitement hideux. Obsédante la femme en blanc limbe et pâle que Larrue nous montre jouant du piano, jamais Hector Leroux n’a exhibé plus de sottes vestales : ce sont peut-être les deux dernières : le stock serait épuisé. O joie I Quelle étrange portée d’artistes que ces Leroux, qui se vouent à Vesta, ces Bergeret aux crevettes, ces Hayen

Perrin aux Cancalaises, iis sont fidèles au succès : un tableau réussit-il, ils le rapportent tous les ans ; et puis ils s’étonnent 4|ue le métaphysicien les regarde comme légèrement inférieurs.

Madame Lqyraud^ vous êtes en bleu, mon manuscrit est en bleu aussi, mais il n’est pas si étonné que vous ?

D’où peut venir cette douce stupeur, qui sur vos traits est peinte? d’où, du ciel, de l’enfer ou de Layraud ?

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