SALLE III — XXXII
Dessins et Pastels.
Le temps me pousse et la curiosité aussi, je traverse curieusement ces annexes trop négligés du public et salue d’abord une paysanne bistre de Marie Cazin, et un Lhermite qui vaut mieux que son tableau.
Le dessin des lèvres, quoique fortes, est fort joli, en la dame de Philippar.
L’endormie de Verposes respire vraiment, mais la carnation est marbrée. .
D’où vient l’humeur de Aubé? ’
Oh ! qu’elle est amusante la femme que Rochegrosse a vêtue d’une armure japonaise. Fantaisie charmante, que je voudrais longuement louer; car j’admire beaucoup M. de Banville, et je suis en disgrâce auprès de lui pour n’avoir pas maintenu devant la Jacquerie ou Nabuchodonosor^ mon enthousiasme de l’Androm.aque, je comprends fort bien les choses, comme dit Molière, n’empêche que je regrette la bienveillance toujours ironique mais désirable à l’infini du grand lyrique des exilés.
Lacroix a bien coiffé sa blonde et l’a couronnée d’un croissant noir. Vraiment suggestifs, les pastels de Pointelin et les femmes mythiques et satantes de Pantin valent bien des toiles.
La charmante tête aux frisons de Valentine Meyer : on la croirait de Gérard.
Une, la poitrine à peine couverte de gaze noire a un cou adorable, mais l’épaule est trop forte et dépare. Sur la même troisième rangée, tête à cheveux jaune de chrome et rose ; c'est pas un visage c’est un fruit, votre mélancolie, dame d’Avias en pourrait inspirer d’autres, à
Un cloisonnement enferme des fleurs de pensionnaires.
Curieux dessin de Regamey, l’homme est-il géant, la femme l’aime; étrange disproportion.
Parmi les dessins d’illustrations Je n’en vois pas qui vaillent les deux frontiques que vient de faire Fernand Knopfî pour ISTAR et les /emmes honnêtes.
Nue contre une colonne, du pilori, les mains liées à une pancarte de bronze qui porte calibani justîia^ Istar, l’incarnation de la Vénus de Kaldée est évanouie ou morte, ses yeux clos, sa bouche fermée, son noble corps resplendit encore, l’âme partie : sur le ventre, une tête de vieille édentée, méduse provinciale, dont la chevelure est faite de tentacules de pieuvres se plaque infâme et profanatrice sur le giron divin.
L’autre, figure fière, hypocrite mais de race s’effare et dispute ses vêtements arrachés à deux mains, jaillissantes de l’ombre, à deux mains de métaphysiciens, cerclées au poignets des lourds et larges bracelets d’un sar assyrien avec cette épitagraphe de Perse, Palîentes radere mores.
En ces deux figures, Fernand Knppff est entré en une voie où il fera de merveilleuses choses, le nu sentimental, c’est-à-dire l’expression des modelés, en dehors même des mouvements.
J’aurais voulu parler de la gravure et surtout du bien curieux Greuze gravé si excellement par cet artiste de haut voj. Desmoulins, mais fait-on ce qu’on veut, en . critique comme à l’œuvre.