‹ Le Sanatorium Suburbain pour Enfants de l'Assistance Publique de ParisChapitre 18 sur 23 · TRAITEMENT DES MALADES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES MALADES

Il est bien entendu que la pratique de la cure sana-

toriale constitue à Brévannes l'essentiel du traite-

ment, et nous allons lui consacrer un chapitre. Mais

il faut cependant mentionner d’autres méthodes thérapeutiques mises en œuvre dans l’établissement pour des localisations morbides dont la variété est assez grande.

La présence d’enfants jeunes oblige tout d’abord à une surveillance attentive de la gorge et des oreilles, au traitement habituel des otites et des complications possibles des fièvres éruptives.

Parmi les enfants de moins de quatre ans, ces accidents sont fréquents, ainsi que les manifestations impétigineuses. On observe aussi avec une remarquable fréquence l’ensemble des lésions cutanées et muqueuses que M. le Professeur Marfan groupe sous le terme de scrofule : rhinite vestibulaire, kératite phlycténulaire, adénopathies cervicales, etc.

La tuberculose infantile ne se manifeste pas seulement par sa localisation pulmonaire : tuberculoses ostéoarticulaires, abcès froids ganglionnaires fistulisés, péritonites tuberculeuses, peuvent bénéficier des irradiations ultra-violettes et de la chimiothérapie. Il

existe aussi dans cette clientèle sanatoriale d’enfants,

ho

une certaine proportion de formes cliniques de la tuberculose pulmonaire dont l'intérêt réside peutêtre moins dans le processus anatomique que dans la notion de poussée évolutive. Non seulement les premiers fluxionnaires (cortico-pleurites, etc.) peuvent rentrer dans ce groupe, mais la tuberculose gangliopulmonaire de siège hilaire et certaines lobites ont une tendance naturelle à se résorber plus ou moins complètement, à entrer en sommeil, à se calcifier ; c’est dans ce groupe d’enfants que doit être étudiée la valeur des nombreuses médications antituberculeuses dont les indications restent toujours discutées. La créosote, l’iode, les médicaments calciques, l'huile de foie de morue, l'huile éthérée, conservent-elles une utilité ou bien l’aurothérapie doitelle les supplanter ? > ‘ |

Seule l’observation minutieuse d’un assez grand nombre de cas soumis au même régime sanatorial, peut faire progresser cette étude.

Pour les enfants plus âgés, de 8 à 15 ans, l'aspect clinique de la tuberculose pulmonaire est beaucoup moins différent de la tuberculose pulmonaire de l’adulte, et c’est pour cette raison qu’un nombre assez considérable de pneumothorax thérapeutiques doivent être entretenus au sanatorium.

Une vingtaine d’enfants en sont porteurs ; leur nombre est destiné à croître, dès que linstallation autonome de radiologie permettra un maniement plus correct de cette précieuse ressource thérapeutique.

Tels sont dans le domaine du diagnostic et de la

CSRORES thérapeutique, les différents modes de l’activité médicale. | # Mais le médecin de sanatorium doit aussi surveiller l'application quotidienne de la règle de vie sanatoriale dans ses trois caractéristiques : repos, aération, alimentation.

CURE SANATORIALE |

La cure sanatoriale constitue l'essentiel de la thérapeutique : elle a des exigences très strictes, auxquelles il faut subordonner l'horaire quotidien de toutes les activités.

Pour les pavillons Ghys et Flourens, l'horaire de la cure comporte l'obligation du repos et du silence de 9 heures à 10 h. 30, de 12 h. 30 à 14 heures, de 15 heures à 16 h. 30, de 18 h. 30 à 20 heures ; soit six heures de cure ajoutées aux dix heures de la nuit.

En hiver, d’ailleurs, le repos nocturne commence sensiblement plus tôt.

La consigne de repos est abandonnée les après-midi de visite deux fois par semaine.

Cette cure se pratique sur des chaises longues garnies de matelas et de couvertures sous la véranda, et par mauvais temps sur les lits dans le dortoir.

Pour le pavillon Brun, il a fallu prévoit deux catégories de malades : les uns faisant la grande cure, les autres faisant la cure l'après-midi seulement.

Quelques enfants passent la journée entière au lit, tantôt pour des indispositions minimes, tantôt à cause

d'une fièvre cyclique, tantôt à cause d’une instabilité

Page 1