‹ Le sanctuaire syrien du JaniculeChapitre 138 sur 144 · Altmann, loc. cit., p. 190 et fig · texte numérisé non relu

Altmann, loc. cit., p. 190 et fig

2. Il n'y a pas possibilité d'admettre, ici, l'hypothèse émise par Allmann d'une boucle d'oreille de métal, qui aurait été appliquée contre l'oreille g-auche de la statue. Par contre, il est certain, et je ne crois pas que personne ait encore fait cette remarque, que la ceinture de la tunique était faite d'une lame de métal, fixée contre le marbre par une tige centrale, qui s'engageait dans un trou d'insertion, foré au trépan au-dessous de la boucle, et qui reste très visible.

3. C'est ainsi que l'éphèbe nu du Musée de Boston, et la kora drapée du Musée de Vienne, qui présentent l'un et l'autre quelques rapports avec la statue d'Anzio, ont tous deux même coiffure et presque même visage.

LA « PRÊTRESSE » d'aNZIO

des formes ambiguës, que chacun peut interpréter à sa guise. Le problème me paraît donc insoluble K

Il serait, sans doute, plus intéressant de déterminer Torigine, de préciser la date, et de reconstituer l'histoire, de cette statue d'un type unique, dont on a vainement cherché jusqu'ici à pénétrer le mystère. Ce devait être une œuvre de genre, plutôt qu'une image divine. Elle provient, sans doute, de l'Asie Mineure, où la cisela, au temps des premiers successeurs d'Alexandre, quelque artiste délicat, imbu des traditions des grands maîtres, mais plus étroitement apparenté encore aux coroplasles de Myrina. Elle est plus jolie que belle, plus fraîche et vivante que noble. Elle a le charme primesautier et le réalisme populaire, mais aussi les imperfections, d'une statuette de terre cuite ~. La silhouette contournée de son corps gracile et malingre, qu'enveloppent des draperies compliquées, éveille également l'idée d'une figurine hellénistique.

Après la conquête romaine, dont elle eut peut-être à souffrir, la statue dut tenter la cupidité de quelque Yerrès, qui emporta en Italie l'œuvre mutilée, arrachée à un groupe décorant la façade ou le fronton de quelque temple, et la fit restaurer, en adaptant les morceaux

1. Cependant, d'après M. le docteur Vallin, membre de l'Académie de médecine de Paris, la question ne se pose même pas. L'attitude de la statue ne peut convenir qu'au sexe masculin. La structure anatomique du bassin de la femme interdirait, même à une adolescente, si souple fûtelle, un mouvement de torsion aussi prononcé que celui qu'on remarque ici dans la jambe droite, tournée vers l'extérieur, presque à angle droit de la jambe gauche.

2. On constate souvent dans ces figurines, comme ici, un étrange contraste entre l'élégante fmesse de la tête et le modelé très négligé des bras, épais et lourds.

intacts, la tête avec Tépaiile droite, — et, peut-être aussi, le bras droit, dont il ne subsiste que de faibles débris, qui semblent du même marbre que la tête * — à un corps nouveau, refait sur le modèle de l'ancien. On s'expliquerait, ainsi, comment cette œuvre hybride offre encore autant d'unité. Le copiste a dû fidèlement reproduire l'attitude, le geste et l'arrangement des draperies de la partie endommagée, lorsqu'il en subsistait quelques restes, tandis que, pour les morceaux manquant tout à fait, il a été forcé de les rétablir de lui-même, et l'a fait suivant ses moyens, évidemment insuffisants.

Somme toute, la Prêtresse d'Anzio a subi le sort de tant d'autres œuvres helléniques, qui furent restaurées à Fépoque romaine, et notamment de cette Déméter, de tête si noble et de corps si lourd, que j'ai découverte naguère dans une cachette à Garthage, et dont vous avez été le premier - à signaler les mérites à l'attention du monde savant.

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