VI PREFACE
pourquoi je donne ici aujourd'hui pour la première fois les quelques explications qui devaient accompagner les ouvrages réunis sous ce titre : Le Sang de la Coupe.
Comme on le verra par leurs dates scrupuleusement rétablies dans cette édition définitive, plusieurs d'entre eux appartiennent à la même époque de ma jeunesse que mon second recueil ( Les Stalactites, Paris, Michel Lévy, 1846). Mais divisant dès lors en deux parts des œuvres dont l'intention était très-diverse, j'avais donné aux Stalactites les odes, tout ce qui était la pure effusion lyrique, tandis que je gardais surtout pour Le Sang- de la Coupeles tentatives que j'avais faites pour trouver la chose tant cherchée, c'est-à-dire une forme moderne dnpoëme proprement dit. Le plus important de mes essais en ce genre fut la Malédiction de Cypris. En l'imaginant, je fus très-préoccupé, comme je l'ai toujours été d'ailleurs, de la nécessité qui existe pour le poète, comme pour l'homme, d'appartenir à la fois au présent, par !• fait même de son existence; au passé, d'où vient directement sa vie morale, par la tradition et le souvenir ; et à l'avenir, par ses aspirations et par ses intui-