‹ Le Sang des crépusculesChapitre 46 sur 54 · SOIR AU CLAVECIN · texte numérisé non relu

SOIR AU CLAVECIN

Votre main alanguie erre à fleur de clavier, L'or assoupi s'éveille aux topazes des bagues, Et la musique lente et vieillotte enrubanne Nos songes que le jour hostile a déliés.

La cire agonisante ourle les chandeliers, Vous chantez à sous-voix; je vous parle à voix basse : Ah ! notre amourplus doux qu'unvin vieux des Barbades En des flacons trapus et poudreux oublié...

Votre bouche à ravir se crispe d'une moue Pour ce que l'annulaire, en piquant une mouche Sur votre gorge, entre les seins put dévier.

Vous défaillez dans la caresse des ténèbres

Et sous l'aveu troublant qui s'attarde à vos lèvres;

Et le lied s'alangore et meurt sur le clavier.

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